Sciences et Vie entre Terre et Mer

 

 

 

 
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Questions sur la science

Les élèves de 6ème et 5ème du Collège La Favorite Ste Thérèse - 69322 LYON

Votre métier est-il dangereux ?
Mon métier consiste à travailler au côté d'animaux sauvages dont je ne contrôle pas les réactions. Je prends des précautions pour manipuler les animaux afin de n'exposer ni moi, ni mes manipeurs, ni l'animal à quelque risque que ce soit. Cependant le risque zéro n'existe pas ! Il nous arrive parfois de nous faire couper par les becs d'albatros mais rien de bien grave. Il arrive parfois des accidents plus embêtants comme les morsures d'otaries. Il faut être le plus prudent possible.

Avez-vous commencé à observer les animaux ?
Oui, dès le premier jour le travail a commencé ! Je travaille sur les otaries quand je suis à la base et sur les albatros quand je vais sur les autres sites d'études. Les sorties sont calées sur les cycles biologiques des animaux de manière à pouvoir observer les périodes qui nous intéressent comme la formation des couples d'albatros, la ponte, l'envol des poussins etc …

A combien travaillez vous sur un spécimen ?
Cela dépend de l'animal sur lequel on travaille et de ce que l'on fait avec. Pour marquer et peser un «pup » bébé otarie, on peut être seul mais pour le mesurer il faut être deux. Pour manipuler et baguer un oiseau, il faut être deux : un qui le tient et un qui fait les mesures. Pour travailler sur les femelles adultes d'otaries il faut être 3 minimum mais 4 c'est mieux, il faut maintenir l'animal au sol et immobiliser ses membres afin de pouvoir la baguer et prélever du sang.

 

Elèves de 4ème du collège Jeu de Mail, 34090 Montpellier

Nous aimerions savoir dans quel but et pour quelle raison vous avez entrepris cette expédition ?
Je pars à Amsterdam dans le cadre de mon travail pour un laboratoire de recherche en écologie. Ce laboratoire (le Centre d'Etude Biologiques de Chizé) étudie entre autres les prédateurs marins (oiseaux et mammifères) dans les Terres Australes et Antarctiques Françaises. Tous les ans, 5 personnes partent sur les différents districts des TAAF pour continuer la récolte des données. Les missions d'hivernage dans les TAAF existent depuis des décennies. D'ailleurs, je ferais partie de la 60ème mission à Amsterdam. L'étude des prédateurs marins s'est mise en place au fur et à mesure de la présence humaine dans ces endroits isolés.
Pour ma part, je suis passionnée par la vie marine depuis toute petite. En grandissant, j'ai choisi d'essayer de travailler dans la recherche en biologie marine afin de mieux connaitre cet univers mystérieux et passionnant. J'ai entendu parler des missions dans les TAAF, il y a 4 ans et j'ai tout de suite eu envie de participer à l'une d'elle. J'ai donc tenté ma chance et voilà … je pars réaliser et mon rêve ! Les milieux isolés comme les TAAF où la nature n'a pas encore été trop abimée par l'homme m'attirent énormément, je vais avoir la chance travaillé sur des animaux passionnants. De plus le côté humain de cette aventure, passer un an sur île avec une vingtaine de personne, c'est un peu un défi personnel …
Sur place mon travail consistera à récolter des données sur la démographie et le comportement des otaries, des albatros et des gorfous sauteurs (une espèce de manchot) par exemple surveiller la croissance des petites otaries ou poser des balise sur les albatros pour savoir pour il vont pécher.
 
Elèves de 4ème du collège Jeu de Mail, 34090 Montpellier

Nous allons travailler sur les étapes d'une expédition scientifique. A ce propos pourquoi avez-vous eu besoin de faire un stage avant de partir ? Quel est votre formation ?
Quand j'étais au lycée, j'ai fait un bac Scientifique avec option SVT parce que c'est la matière que j'aimais le plus. Après cela, je suis allée à l'Université de La Rochelle étudier la Biologie Marine. J'ai fait une Licence (cela dure 3 ans) et j'ai appris plein de choses sur les organismes marins. J'ai aussi fait des stages pendant lesquels j'ai travaillé sur des sujets qui m'intéressaient plus particulièrement comme le comportement des otaries en captivité ou les échouages de mammifères marins en France.
Ensuite, j'ai fait ma première année de Master (c'est-à-dire la 4ème année d'étude) en Angleterre. Là bas, j'ai plutôt fait de l'océanographie pour en savoir plus sur l'environnement dans lequel vivent les animaux auxquels je m'intéresse. J'ai aussi fait un stage sur la migration des oiseaux marins. Parallèlement, j'ai appris à baguer les oiseaux. Cela consiste à leur poser une petite bague en métal autour de la patte avec un numéro unique. De cette manière s'il est revu, on peut le reconnaitre. Si cela vous intéresse, je pourrais développer le sujet un peu plus tard …
Les connaissances que j'avais acquises à l'Université ainsi que mes expériences pratiques comme les stages m'ont permis d'être sélectionnée pour participer à l'hivernage sur Amsterdam et m'occuper du suivi des mammifères et oiseaux marins de l'île.
Cependant, il est important de garder à l'esprit que les espèces que je vais étudier à Amsterdam sont particulières. On ne les trouve que dans les Iles Australes.
Avant de partir il est important que j'apprenne la biologie de ces espèces, leurs particularités et leurs fragilités. Cela me permettra non seulement de faire correctement mon travail mais aussi de pouvoir partager mes connaissances avec les autres hivernants qui ne connaissent pas forcément bien ces animaux. J'ai aussi appris à utiliser certains appareils de pointe tels que les balises Argos.