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CROZET :
par David BEAUNE, Ecophy

44 ème Mission d'hivernage à Alfred Faure, Crozet
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Jeudi 10 janvier 2008
Naissance d'Alfred, le mardi 8 janvier dans la baie du Marin, premier manchot royal de l'année 2008
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Jeudi 3 janvier 2008
L'OP ou Opération Portuaire est l'un des moments forts de la vie australe et de son isolation. Pendant 2 à 4 jours le Marion Dufresne, navire océanographique et ravitailleur à cette occasion, apporte vivres, touristes, nouvelles et nouveaux hivernants et campagnards. Puis il repartira avec des souvenirs et les Crozetiens qui auront vécu parfois plus de 15 mois sur l'île.
Le bateau passe en avril, août, novembre et décembre. Cette dernière OP de décembre apporta les derniers membres de la nouvelle mission qui commence: la 45ème mission.
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Lundi 22 octobre 2007
Je mappelle Fabrice Lucas, le Géophysicien de la base ou encore le Géophy comme on dit ici. Mon travail consiste à surveiller les tremblements de Terre et le Champ magnétique de notre bonne vieille planète. Pour cela, jai des appareils de mesure très sensibles dont je dois prendre soin. Ainsi sil y a un problème avec tous ces appareils, je suis là pour réparer enfin quand je peux le faire.
Tous les jours, je passe voir tous mes appareils pour voir si tout fonctionne bien, je récupère les données de la veille et je les traite. Ensuite tous les lundis et tous les premiers mois jenvoie un rapport à mes laboratoires qui se trouvent à Strasbourg.
Un exemple de ce que je peux envoyer, et bien les données des séismes que jai réussi à détecter ici. Mais cela peut arriver quun gros séisme comme celui qui avait provoqué un raz de marée il y a quelques années à Sumatra se produise. À ce moment, je dois envoyer de toute urgence mes sismogrammes à mon laboratoire qui par la suite les envoient à tous les laboratoires sismologiques du monde.
Fabrice Lucas
GEOPHY
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Jeudi 18 octobre 2007
Quelques portraits de poussins de royaux :
Les difficultés sont passées avec la fin de l'hiver. C'est le temps de l'exploration, du retour des parents et des bonnes ventrées de calamars. On se muscle les pectoraux, on se chamailles, on pique les éléphants, chasse le chionis et joue aux alpinistes sur les impressionnantes falaises de pierres et monticules herbeux ( environ 1m...).
Et parfois on se repose, doucement chauffé par le soleil...
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La saison des amours des éléphants de mer du sud :
C'est le printemps austral et la vie qui revient en septembre. Les mâles éléphants de mer (Mirounga leonina) sont arrivés les premiers sur les plages pour "accueillir" les femelles pleines de l'année dernière. Les plus fort constituerons un harem pouvant dépasser la centaine de phoques. Le mâle avec sa trompe (proboscis) et ses 3 à 5 tonnes est aisément distinguable de la petite femelle de 400 à 800 kg. En octobre elles mettront bas un petit d'environ 50 kg. Ce dernier grossira rapidement et sera sevré après 23 jours de tété et de riche lait maternelle. La mère quant à elle s'accouplera ensuite avec le pacha et devra restaurer ses réserves en mer vite épuisées (8kg/jour) pendant cette période à terre.
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Vendredi 12 octobre 2007
Changements climatiques, actions anthropiques et biodiversité des écosystèmes terrestres subantarctiques.
Programme IPEV 136 - Ecobio (Université de Rennes 1, CNRS)
D'un point de vue écologique, les îles subantarctiques peuvent être considérées comme des milieux relativement simples, caractérisés par un faible nombre d'espèces souvent propres à ces contrées, par une réduction des interactions entre les êtres vivants et par une faible présence humaine, limitée aux passages de phoquiers et de baleiniers dans le passé et à la présence de bases à partir des années 50.
Dans le domaine terrestre, on recense par exemple sur l'île 17 espèces de plantes à fleurs autochtones contre près de 3000 en métropole. Du côté animal, il existe peu d'herbivores, une dominance des décomposeurs, peu de prédateurs et une absence de mammifères terrestres à l'origine. Les interactions entre espèces sont donc réduites.
En contrepartie de cette stabilité relative des espèces dans leur milieu, les écosystèmes subantarctiques présentent une sensibilité particulière aux variations de leur environnement. Les perturbations aujourd'hui à l'origine de l'évolution de la biodiversité de ces îles sont principalement les changements des régimes de températures et de précipitations, qui sont particulièrement perceptibles sous ces latitudes, et l'établissement d'espèces exotiques en liaison avec les activités humaines. Grâce à leur fonction de sentinelle, les îles australes représentent de formidables laboratoires naturels pour les biologistes
Le groupe de recherche qui travaille sur les impacts à long terme des changements climatiques, de l'action de l'homme et la biodiversité des écosystèmes terrestres subantarctiques est le programme IPEV-Ecobio, du CNRS et de l'Université de Rennes 1, dont le responsable est Marc Lebouvier.
Notre travail sur l'île consiste principalement à suivre les cycles et fluctuations d'abondance des insectes et autres invertébrés (ver de terre et escargot), à surveiller l'apparition et l'établissement de nouvelles espèces, à étudier les variations inter-annuelles de croissance et de reproduction des plantes introduites et de plantes autochtones telles que le chou de Kerguelen (Pringlea antiscorbutica) et l'acaena (Acaena magellanica), et à mener des expériences d'augmentation artificielle de température afin de simuler une action du réchauffement climatique dont les observations sont par la suite intégrées au sein d'un réseau d'utilisateurs de tels outils en Arctique et en Antarctique.
Grâce à ces études, complétées par des analyses en laboratoire en métropole et des collaborations avec des chercheurs étrangers travaillant dans les îles subantarctiques voisines, nous avons les moyens d'examiner les interactions entre espèces, la réponse des plantes et des invertébrés aux contraintes environnementales, l'évolution des communautés ou encore les mécanismes d'invasion des espèces introduites dans un contexte de biologie de la conservation.
Sylvain Gutjahr
Ecobio 44, Crozet
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Mardi 9 octobre 2007
Mon "taf", était aux TAAF !!!
Arrivé sur le district de Crozet le 23 août 2006, j'ai occupé une année durant la fonction d'"Appro". Comptable de formation, je suis sous-officier dans l'armée de l'air. Avec d'autres personnels militaires, je faisais partie de l'organisation fonctionnelle du site.
Cela consistait aux différentes procédures administratives et fonctionnelles de ravitaillement du district sous toutes ses formes (techniques, culinaires, habillement
). En gros, tout ce qui entrait ou sortait du district devait passer par moi.
Je m'occupai donc des commandes de tout ce dont nous avions besoin pour vivre sur le district et également de la gestion d'une boutique des TAAF (la Coop), seul repère mercantile, avec la gérance postale, pour des hivernants résidant à des milliers de kilomètres de tout point de vente. J'y vendais des souvenirs en tout genres en passant par quelques bouteilles d'alcool, cigarettes et produits de toilette divers.
L'habillement faisait aussi partie de mes prérogatives en tant qu'"appro", j'habillais tous les personnels devant travailler sur le site selon un paquetage défini par le siège des TAAF.
J'avais aussi en charge la gestion et le tri des déchets du site. En effet, par mesure de protection de la nature, tous nos déchets, hormis les papiers, cartons et reliefs culinaires qui sont incinérés, sont systématiquement renvoyés à la Réunion pour être retraités par des sociétés spécialisées. Nous avions donc différents contenants pour chaque type de déchet (plastique, fer, aluminium, polystyrène, verre, cendres, cartouches d'encre, piles
).
Enfin, durant les OP (Opérations Portuaires), j'étais chargé, avec l'aide de l'OPEA (responsable des TAAF sur le Marion Dufresne), du ravitaillement et de l'évacuation des déchets et matériels divers par hélicoptère et par barge à la plage.
J'ai donc passé une année professionnellement exceptionnelle de par sa pluridisciplinarité et par les différents contacts que j'ai pu avoir.
Côté Nature, j'ai trouvé une île absolument exceptionnelle de beauté, tant dans la diversité des paysages que par ses couleurs, ses arcs en ciel et son absence d'arbres.
En effet, dès que l'on s'éloigne un peu de la base pour partir en "manip", on découvre cette île surprenante de beauté qui nous ouvre littéralement son cur. Que de merveilles à découvrir, marcher à son rythme, apprécier la beauté du paysage, il y a quelque chose de grandiose, de paisible, de majestueux.
S'arrêter en haut du Morne Rouge en allant à la baie américaine (BUS) pour admirer la vallée des branloires qui nous ouvre ses bras attire le respect le plus total.
A l'instar des sublimes paysages, cette île nous offre en plus le privilège de découvrir une biomasse particulièrement riche tant d'un point de vue diversité d'espèces animalières que d'un point de vue quantité.
En effet, observer la beauté des différentes espèces de manchots, albatros géants, fuligineux, éléphants de mer et autres animaux que l'on n'a pas l'habitude de voir devient, au fil des jours, de la gourmandise que l'on ne se lasse jamais d'apprécier.
En guise de péroraison je dirai que tout cela n'aura été rendu possible que grâce à nos très chers scientifiques, tous volontaires civils à l'aide technique et très hautement qualifiés, qui prennent de leur temps pour nous expliquer, avec une infinie gentillesse, à nous profanes et d'une manière la plus simple possible, les différents modes de reproduction, de nourrissage et autres subtilités que la Nature a confiée à tous ces animaux si extraordinaires.
Je ne les remercierai jamais assez.
J'ai dit.
Eric GOMEZ
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Couple de manchots royaux
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Vendredi 27 septembre 2007
"L'une des stars incontestables des recherches polaires est bien sur le manchot.
Petite présentation:
Le manchot royal (Aptenodytes patagonicus) vit dans l'hémisphère sud (comme tout les manchots, ou membres de la famille des Sphéniscidés). Ce sont des oiseaux marins qui ne peuvent pas voler ou plutôt "volent" uniquement sous l'eau
Ces prédateurs marins pêchent dans les profondeurs, les poissons lanternes et céphalopodes (+350m).
Mais ils doivent revenir à Terre passant ainsi 20% de leur vie sur les plages des îles australes, pour muer et se reproduire.
A Crozet par exemple, la moitié de la population mondiale de manchot royale est recensée. (+ 1 millions de couples).
Ces champions de la vie antarctique sont de fabuleux modèles d'études du jeûne, de la thermogènese, d'écologie de physiologie et de toutes les adaptations à la vie dans des conditions extrêmes.
L'adaptation au froid sub-antarctique (Marilyne. prg 131) :
Le manchot vivra sa vie dans une eau glacial à 4°C (glacial pour nous humain
) et sur une Terres battues par des vents violents. Il est donc adapté à ces conditions extrêmes!
Adaptions comportementales comme la formation de crèches pour les poussins.
Mais aussi physiologique via la synthèse de protéines spécifiques.
Avec Amandine nous essayons actuellement de déterminer quelle sont les dépenses énergétiques via le métabolisme et la fréquence cardiaques dans différentes conditions suivant les stades de jeûnes des poussins.
Un des oiseaux marins le plus agressif du monde (Amandine. prg 119) :
Alors que cet oiseau s'établit en colonie pendant l'incubation, il est en fait territorial et défendra avec virulence son mètres carrés hexagonale. J'étudie donc la relation agressivité/ succès reproducteur. En d'autres termes les parents les plus agressifs ont le plus de chance de survie.
Un bio indicateur des ressources marines (David. prg 137):
Ces oiseaux étant des prédateurs de fin de chaîne alimentaire, ils dépendent donc des ressources marines. Ainsi en suivant les fluctuations démographiques des colonies, ont suit indirectement la bonne santé des océans. Comment ? Notamment via un système de détection automatique : le système Antavia. Un réseau dantennes enterrés cerne la colonie dAntavia et détecte automatiquement les aller et venues de tout les manchots identifiable par un transpondeur individuel au lieu de bagues alaires.
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L'équipe de VCAT
de Crozet
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Lundi 6 août 2007
Bonjour, nous sommes les 8 VCAT (Volontaires Civiles à l'aide technique) de la base Alfred Faure de Crozet.
Agents de l'IPEV, nous sommes sur le district depuis novembre 2006 ou décembre pour certains, et allons passer plus dun an dans cette île de rêves. Nous travaillons pour différents laboratoires et allons vous présenter certains de nos sujets de recherche.
Mais aussi avec nos amis Crozetiens (nous sommes 23 sur bases), nous allons vous faire partager la vie sur notre base sub-antarctique, et toutes les choses merveilleuses quoffres cette nature sauvage à nos yeux."
La base permanente Alfred Faure fut établie sur l'île de la Possession en 1963. Depuis, tous les ans, une équipe vit et travaille une année dans ce district des Terres australes et antarctiques françaises.
Cette année, nous avons été 23 en hivernage. L'hivernage est la période que nous passons entre la rotation du navire océanique 'Marion Dufresne II' de mars et d'août. Soit six mois d'isolement total en hiver austral.
Notre petite population Crozetienne est constituée de militaires et contractuels qui effectuent des travaux et font tourner la base, et de scientifiques (les VCAT).
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La flore de Crozet
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Un aperçu des l'écosystème Crozetiens:
La Flore de Crozet.
La flore, sous ses latitudes extrêmes, pousse très lentement et s'est adaptées aux vents violents, au froid et aux fortes précipitations.
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La faune de Crozet
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La Faune de Crozet.
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Paysages de Crozet
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Paysages de Crozet |