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TA 57 :
57 ème Mission d'hivernage
à Dumont d'Urville, Terre Adélie, Antarctique

par Camille FRESSER,
Chef Instrumentation et Responsable Informatique
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Les Adélies par milliers
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Lundi 26 novembre 2007 : JOURNAL DE BORD
La voie des mers n'est pas l'unique moyen pour venir à Dumont d'Urville. On peut également s'y rendre par avion. Le premier « Twin-otter » s'est posé la semaine dernière avec à son bord trois hivernants de la TA 58. Hier, c'était au tour de deux avions australiens. Puis d'autres les succèderont pendant tout l'été. Ils effectueront un pont aérien avec la station italienne de Terra Nova Bay et celle de Concordia.
La base se remplit donc petit à petit, à l'image de l'île des Pétrels qui est désormais complètement colonisée par les manchots Adélie. Ça y est, ils sont tous là et impossible de les manquer ! Ils passent leur temps à chanter, parader, s'accoupler, se battre, se voler des cailloux
tant de scènes qui les rendent bien drôles. Mais maintenant que les mâles sont occupés à couver, ils sont devenus plus tranquilles.
Ce n'est pas le cas des biologistes qui multiplient les mesures sur les différentes espèces venues nicher. L'activité extérieure de la base s'intensifie et les différents travaux estivaux sont lancés. Techniciens et scientifiques fourmillent.
L'été est aussi la période durant laquelle on effectue les transferts de personnel et de matériel. Tout est acheminé pour que les prochains hivernages (DDU et Concordia) se déroulent dans les meilleures conditions. L'Astrolabe assure le lien depuis la Tasmanie, puis c'est le raid qui prend le relais jusqu'à Concordia.
Ce convoi en fait rêver plus d'un ! Imaginez-vous, dix énormes tracteurs, dix jours de voyage avec 1100 km à parcourir et que du blanc tout autour de vous. C'est ce qui se produira trois fois pendant l'été. Afin de mieux se rendre compte de ce que peut être cette traversée, les hivernants ont la possibilité d'effectuer le pré acheminement. Au volant de leurs engins, des sensations uniques et des images plein la tête.
David
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BULLETIN MÉTÉO
Vent : Est modéré à 25 km/h de moyenne
T°C Air : -5°C.
T°C Ressentie : environ -12°C.
Pression : 989 HPa.
Humidité : 48 %.
Visibilité : Tempête de ciel bleu !!!
ÉPHÉMÉRIDES
Lundi 26 Novembre 2007
Lever du soleil : 2h01
Coucher du soleil : 22h52
Durée de jour : 20h50
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Au « village magnétique », Maxime surveille la position du pôle Sud magnétique au moyen dun théodolite
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ACTUSCIENCE
Magne-Sismo
La base scientifique de Dumont d'Urville, outre ses multiples installations, est depuis longtemps équipée de stations d'étude géophysique.
En premier lieu, l'observatoire de sismologie est composé de capteurs permettant l'enregistrement et l'étude de séismes dans le monde entier. En effet, un séisme est détecté partout sur Terre, si celui-ci est d'une magnitude supérieure à 5 sur l'échelle de Richter. Les ondes de choc formées se diffusent dans toutes les couches terrestres et renseignent sur la nature des sols et de l'intérieur de la planète. L'Antarctique est donc une « zone d'ombre sismique », car les stations sont rares et trop éloignées les unes des autres pour fournir des renseignements suffisants. La plupart des bases polaires sont donc équipées de leur station sismique. De plus, ce type d'instruments permet aussi d'étudier les vibrations de la roche dues à l'écoulement des glaciers (notamment le glacier de l'Astrolabe, très proche de la base) ou aux mouvements de la banquise.
Il existe aussi un observatoire géomagnétique. Comme en sismologie, l'étude du phénomène dans son ensemble nécessite un maximum de stations et l'Antarctique est une zone très peu couverte. Les bases polaires en sont donc très souvent équipées. Mais Dumont d'Urville possède une particularité : c'est la station géomagnétique la plus proche d'un pôle magnétique au monde, puisque le pôle sud magnétique est situé à seulement 200 km environ au nord de l'île des Pétrels. L'étude du champ magnétique nécessite une attention particulière, car ce phénomène étant difficilement mesurable, celui-ci est en partie mesuré à l'aide d'un théodolite. Cet appareil permettant de mesurer les angles, a été adapté aux besoins de la station et permet de calculer l'orientation du champ magnétique.
Alors attention aux balades sur l'île, ces stations sont des zones sensibles à la présence humaine !
Maxime.
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Le préach' avance dans le blizzard
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LOGISTIQUE POLAIRE
Le Préach'
Depuis la construction de la station Franco-Italienne de " Concordia ", trois convois terrestres sont organisés chaque été pour son ravitaillement : vivres, matériel, énergies
Le « raid » est une solution de transport sûre et performante, qui permet d'acheminer du matériel quelles que soient les conditions climatiques. Les véhicules consomment beaucoup et doivent donc traîner d'importantes quantités de carburant, ce qui alourdit la caravane. Etant donné que la pente est la plus forte dans les premiers kilomètres de montée, les cuves puis les conteneurs sur traineaux sont remorqués en deux fois jusqu'à un point dépôt : c'est le pré-acheminement. Les wagons seront ensuite attelés pour rejoindre le Dôme C.
Cette opération logistique à proximité de la base est l'occasion pour les hivernants de découvrir l'intérieur du continent. Mardi 20 novembre, les volontaires se sont donc rendus à la base annexe de Cap Prud'homme pour une petite leçon de conduite des Challengers, énormes tracteurs à chenilles. Puis très vite le départ est donné, la dameuse ouvre la piste et l'ascension commence. Au programme : 60km de grimpette en file indienne pour atteindre le premier plateau à 1200m d'altitude.
La météo se dégrade, le vent se lève et emporte de la neige, la visibilité est réduite, les bosses malmènent les véhicules et leurs conducteurs. Après 7 heures, le dépôt est en vue, les remorques sont dételées, le convoi amorce la descente.
La navigation dans le blizzard a permis aux hivernants d'avoir un aperçu de ce que vivent chaque année les « raiders ». Une expérience forte
Gilles & Anthony
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Les cinéastes se mettent à l'eau
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ENVIRONNEMENT POLAIRE
Silence, ça tourne
« Océans ». Pour son prochain long métrage, Jacques Perrin nous emmène sur toutes les mers du globe. 4 équipes sous-marines sillonnent les mers depuis 3 ans et il reste encore deux ans de tournage pour mener à bien ce projet. Une équipe de cinéastes est arrivée sur l'Astrolabe pour la première rotation de printemps. A Dumont D'Urville, ils sont venus observer la faune Antarctique, plus particulièrement les manchots Empereurs retournant à la mer après le long hiver polaire.
Didier Noirot, chef opérateur sous-marin, utilise des caméras numériques HD (haute définition). La sécurité des plongées est assurée par Patrice Pain. En surface, le médecin hyperbare Corinne Lelong gère les mises à l'eau avec Katell Pierre, responsable de la logistique. Le caméraman suédois Eric Borjesson se charge des prises de vues extérieures en « super 35mm ». Benoît Torti, assistant et ingénieur de la vision, règle les caméras et prépare les dispositifs de prise de vue.
Pour une meilleure approche de la faune sous-marine, les plongeurs utilisent des appareils respiratoires à circuit fermé qui ne dégagent aucune bulle d'air. Le « recycleur » permet de rester longtemps sous l'eau, le mélange suroxygéné reculant les limites de la décompression. En Antarctique, la température de l'eau (-1.8°C) les oblige à raccourcir les plongées et à utiliser des combinaisons étanches.
La large banquise qui encercle encore la base est une aubaine pour l'équipe, car la faune se concentre autour des « piscines » d'eau libre qui entourent les icebergs. Chaque matin, leur convoi quitte l'ile des pétrels en quête d'images
Et ça promet !
Camille.
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La collection 2007 présentée par les hivernants
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INSOLITE
Collection « Terre Adélie 2007 »
Afin de rapporter des souvenirs propres à notre mission, certains d'entre nous ont proposé en début d'hivernage des dessins et des logos à imprimer ou à broder sur des vêtements.
Après quelques votes, trois paires de dessins plus ou moins caricaturaux ont été retenues, chacune étant prévue pour le dos et le devant du vêtement. Par la suite, nous avons établi nos commandes individuelles pour qu'elles soient traitées en France. Le choix était possible sur plusieurs articles (Tee-shirts, vestes polaires, sweats, peignoirs
), les tailles, les couleurs et bien évidemment les dessins qui apparaîtraient dessus. Certains n'ont commandé que deux ou trois articles, d'autres ont commandé le catalogue complet
Après quelques mois d'attente, nous avons enfin reçu nos articles par le premier bateau. Quel immense plaisir de déballer les paquets pour découvrir ces vêtements !
Quelques personnes les portent déjà quotidiennement, tandis que d'autres les conservent précieusement avant de pouvoir les offrir ou les utiliser en France. Pour nous, ces vêtements auront toujours une valeur sentimentale inestimable.
Romain.
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Déchargement des sacs postaux et des vivres
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Lundi 12 novembre 2007 : JOURNAL DE BORD
Les dernières semaines ont été consacrées au rangement des bâtiments et des bureaux avant l'arrivée du premier bateau. Et oui, huit mois que l'Astrolabe nous a quittés et le voici « déjà » de retour. Il a en effet effectué sa première rotation vers DDU mais la banquise l'a empêché d'arriver jusqu'à nous. Le relais entre le bateau et l'île des Pétrels a été assuré par deux hélicoptères. Dès le dimanche 4 novembre, nous avons vu les premiers engins volants atterrir, signant la fin de notre isolement, et de notre tranquillité
L'hivernage de la 57ème mission s'achève et nous passons maintenant au rythme de la campagne d'été. Impressions mitigées entre le plaisir de voir de nouvelles têtes et sentiment « d'invasion » des petits espaces que nous nous étions appropriés.
Le premier à débarquer ? Le courrier évidement ! Une vingtaine de sacs postaux chargés de plis philatéliques mais aussi de lettres ou colis de France pour tous les hivernants ont été déchargés. Chacun a enfin pu recevoir quelques nouvelles (plus très fraîches), des cadeaux ou surprises avec plusieurs mois de d'écart. Mais en ouvrant ces courriers nous avons eu l'impression de rattraper un peu le décalage que nous avons accumulé avec nos familles et nos amis.
Puis les hélicoptères ont déposé les campagnards d'été (scientifiques, ouvriers polaires, cinéastes
) et quelques futurs hivernants de la TA58. Sur leurs genoux, des denrées très précieuses aux yeux des hivernants : les légumes et fruits frais !
Quel bonheur de redécouvrir le goût de la salade et des tomates, des kiwis et des mangues !
Ça y est, l'été a entièrement repris sa place ; les nuits n'existent plus, les îles grouillent d'activité et désormais tous les habitants sont présents. Les océanites de Wilson sont arrivées le 9 pour remplir les ultimes places libres sur l'archipel.
Anne.
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BULLETIN MÉTÉO
Vent : 10 vent max à 70 km/h, mollissant en soirée
T°C Air : entre -2°C et -5°C.
T°C Ressentie : environ -12°C.
Pression : 992 HPa.
Humidité : 46 %.
Visibilité : très bonne.
ÉPHÉMÉRIDES
Lundi 12 Novembre 2007
Lever du soleil : 03h03
Coucher du soleil : 21h44
Durée de jour : 18h41
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Analyse des échantillons à Biomar
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ACTUSCIENCE
Même pas froid !
Des oiseaux à sang chaud en Antarctique nageant dans de l'eau proche de -2°C et évoluant à la surface dans des températures dépassant rarement les zéros degrés ? C'est possible et c'est ce qui intéresse le laboratoire de physiologie intégrative cellulaire et moléculaire de Lyon (PICM) dans le cadre du programme Ornitho-Thermo en Terre Adélie.
Le manchot Adélie est un excellent modèle d'adaptation au froid parmi les organismes à température interne constante qu'on appelle endothermes. A la naissance, le poussin fragile est incapable de maintenir sa température corporelle : il reste au chaud dans la poche incubatrice de l'adulte.
Très vite au cours de sa croissance, le manchot met en place un système particulier de production de chaleur dans les muscles pectoraux. Simultanément, il développe une épaisse couche de graisse isolante sous la peau (adipogénèse). Tout ça en un temps record : vers l'âge de 10 jours, il est capable de supporter seul les conditions climatiques polaires. On parle d'émancipation thermique.
Pour comprendre comment se met en place cette « thermorégulation », une colonie de manchots Adélie a été suivie l'été dernier. Des données biométriques ont été récoltées sur les poussins. Ils ont été également l'objet de prélèvements de petits échantillons tissulaires de muscle et de tissu graisseux à différents âges.
L'hiver a été consacré à l'analyse de ces échantillons au laboratoire de Biologie Marine (Biomar) par des techniques de biologie moléculaire. Il s'agit d'étudier l'expression des gènes qui contrôlent la production de chaleur dans les muscles et l'adipogénèse.
Comprendre comment l'expression de certains gènes du manchot conduit à une obésité normale nécessaire à sa survie en milieu hostile, participera à enrichir les connaissances sur les phénomènes similaires mais pathologiques chez l'homme comme l'obésité ou le diabète.
Fannie.
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Une chambre d'hivernant
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LOGISTIQUE POLAIRE
Logement 42
Le dortoir d'hiver, comme son nom l'indique, est le bâtiment où nous logeons durant tout notre hivernage. Les deux étages sur lesquels nous sommes répartis disposent d'une salle de bain commune avec une ou deux douches, quelques lavabos et des sanitaires. En revanche, nous avons tous une chambre individuelle numérotée qui constitue peut-être le seul petit chez-soi propre à chacun. Dans ces chambres de 9m2, on trouve une armoire, un bureau, des étagères, des casiers, une table de nuit et évidemment un lit. Nous y laissons libre court à nos sens personnels de la décoration et du rangement
Si nous sommes tous responsables de l'état de nos chambres, un nettoyage quotidien se fait systématiquement dans les parties communes telles que les salles de bain, les couloirs ou les escaliers. Cela rend la vie plus agréable pour tout le monde.
Dans un des couloirs du « 42 », une petite bibliothèque de romans en tous genres est disponible. On peut alors retrouver quelques habitudes qu'on avait laissées en France comme la lecture avant de s'endormir. Les heures de lever et de coucher dépendent évidemment de chaque personne mais il ne faut pas oublier que ce dortoir est un lieu de vie commune
Pensez aux voisins !
Romain.
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Les Tours de Babel
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ENVIRONNEMENT POLAIRE
Des icebergs à la carte
Lors de la formation de la banquise, au mois de février, de nombreux icebergs se retrouvent emprisonnés par la glace. Ils font alors partie de notre paysage pour tout un hiver. Dès les premières balades nous nous sommes empressés d'aller les admirer. Selon leur silhouette, leur couleur ou l'angle selon lequel on les regarde, il est possible d'y voir certaines formes familières tels que des objets, des animaux ou des monuments... En balade vous ne serez donc pas surpris de croiser un berg bleu, un crocodile, un cochon, deux tours de Babel, un château, un rocher Suchard et même Riri, Fifi et Loulou...
Les dénominations un peu farfelues permettent de nous repérer sur cette vaste étendue blanche. Ce vocabulaire propre à la « 57 » alimente les récits de balade et chaque iceberg devient ainsi une destination familière.
Equipés d'un GPS, nous avons fait le tour des 162 icebergs qui nous entourent afin d'avoir leur forme et leur position. Nous disposons à présent d'une carte complète de l'archipel. Celle-ci nous a bien servi à nous repérer lors des deux comptages de phoques du mois d'octobre. Mais cette représentation nous permet également de connaître quelles zones de fonds marins sont raclées par les glaces.
Pour autant, tout n'est pas figé pendant l'hiver. La débâcle du mois d'août a libéré momentanément les icebergs. De plus, un morceau du glacier s'est effondré le mois dernier donnant ainsi naissance au berg "Armageddon".
Le côté unique et éphémère de notre carte lui confère un charme particulier. Car à chaque nouvelle banquise, le paysage se redessine...
Gilles & David.
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Guitare ou hamac ?
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INSOLITE
Ca balance !
Certains sont venus en Terre Adélie avec leurs instruments de musique, d'autres ont profité de l'hivernage pour se découvrir de nouveaux talents de musicien ou de chanteur. A l'occasion de la Midwinter qui s'est déroulée en juin, pas moins de 4 formations musicales ont été constituées. Quelques semaines plus tard, ils sont remontés sur les planches lors de la première édition du « Festival des Vieux Muskegs ». Parmi les artistes locaux : Antoine à la contrebasse, Arthur au tuba, Nicolas à la guitare, Pierre, Stéphanie ou François au piano, et puis David, Maxime, Thomas, Anthony, Lucie au micro
Une salle de répétition de musique a été spécialement réaménagée dans l'observatoire de géophysique : ordinateur, enceintes, micros, table de mixage, piano, synthé, bongo, flute à bec, kazoo, darbouka, didjeridoo, triangle, claves, cloches ou encore xylophone « maison » sont à la disposition des mélomanes. La plupart des instruments a été léguée par des missions antérieures, les autres repartiront dans les malles de leurs propriétaires.
Si certains ont fréquenté le studio de façon très régulière, d'autres ont progressivement découvert cette pièce sombre après le déjeuner
pour une petite sieste mélodieuse dans le hamac.
Camille.
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Chassés-croisés sur la glace
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Lundi 22 octobre 2007 : JOURNAL DE BORD
Le calendrier est là pour nous rappeler que le mois d'octobre s'égraine. Dans une semaine, l'Astrolabe quittera le port de Hobart pour affronter les glaces. La fin de l'hivernage approche...
Nous songeons donc à tous les préparatifs nécessaires pour accueillir les nouveaux venus. Tout le monde s'affaire au rangement et au nettoyage des locaux. Tout doit être prêt pour que la base puisse fonctionner avec 50 personnes. Le rythme va s'accélérer et la station va fourmiller de toutes ses activités. Une telle logistique ne s'improvise pas!
En attendant, Sylvain notre garagiste, prépare une piste d'atterrissage sur la glace du continent. Un premier avion fera un stop à la station service de Cap Prud'Homme, avant d'aller ouvrir la station australienne de Casey. Par la suite, les avions franco-italiens l'emprunteront pour relier les bases de Terra Nova Bay, Concordia et Dumont d'Urville.
L'été se manifeste déjà par de longues journées ensoleillées. Le soleil se couche bien après le dîner et se lève tôt, tout en laissant suffisamment de ciel étoilé pour apercevoir les dernières aurores.
Lundi dernier, nous avons enfin aperçu le premier manchot Adélie se précipiter vers les rochers à la recherche de son nid. Depuis, les colonies de l'archipel se repeuplent à toute vitesse
Sur la glace, de nombreuses femelles phoque de Weddell mettent au monde leurs veaux. Mobilisant la moitié de la base le 15 octobre, un premier comptage a permis de dénombrer 67 naissances. Parmi les nouveau-nés, nous avons eu la chance de découvrir des jumelles !
Tous ces évènements ne nous ont pas empêchés d'être attentifs à l'actualité en France et en particulier à la coupe du monde de rugby ! Les plus passionnés ont suivi les résultats des matchs au jour le jour. Les plus courageux d'entre nous n'ont pas hésité à mettre leur réveil à 5h pour écouter la demi-finale sur RFI. Le ballon ovale a aussi conquis l'Antarctique.
David & Gilles.
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BULLETIN MÉTÉO
Vent : Sud Est, faible avec quelques rafales à 22 km/h
T°C Air : entre -15°C et -20°C.
T°C Ressentie : environ -34°C.
Pression : 975 HPa.
Humidité : 64 %.
Visibilité : excellente.
ÉPHÉMÉRIDES
Lundi 22 Octobre 2007
Lever du soleil : 4h29
Coucher du soleil : 20h18
Durée de jour : 15h49
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Mesure du bébé phoque
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ACTUSCIENCE
Phoques de Sciences
Dans le cadre de l'étude des espèces d'oiseaux et de mammifères marins présents à Dumont d'Urville, le CEBC (Centre d'études biologiques de Chizé) s'intéresse à la population de phoques de Weddell (Leptonychotes weddelli), étant la seule espèce de mammifères à se reproduire ici.
Depuis plusieurs années et tous les ans, un comptage est réalisé au niveau de l'archipel afin de suivre l'évolution de la population. Ce comptage est réalisé au début de la saison de reproduction, au mois d'octobre, afin de dénombrer l'ensemble des individus reproducteurs et d'estimer le nombre de naissances de « veaux ».
Un programme de recherche spécifique est mis en place depuis 2 ans pour initier un suivi à long terme de cette population. De plus ce programme permettra de mettre en évidence certains paramètres démographiques (succès reproducteur), de mieux connaître la biologie et l'écologie de cette espèce, mais aussi d'évaluer les conséquences des changements climatiques sur ces populations.
La base de ce suivi porte sur les femelles reproductrices et sur l'ensemble des veaux qui sont individuellement identifiés à l'aide de puces électroniques aussi appelées transpondeurs. Chaque individu, adulte et jeune, a ainsi une carte d'identité composée de son numéro de puce et d'une photo ; la forme et la répartition des tâches sur le pelage étant uniques (photo-identification). La pose de la puce électronique sous la peau du phoque nécessite de le capturer. Cette intervention est l'occasion de mesurer et peser l'individu mais aussi de lui prélever un échantillon de sang afin de créer une banque de données génétiques de la population.
En parallèle des études biodémographiques, un programme de recherche particulier est mené afin d'explorer plus en détails l'écologie de cette espèce. Certaines femelles adultes sont équipées pour quelques mois de balises qui enregistrent et envoient des informations sur leur comportement (localisation, déplacements, sites de nourrissages...), mais aussi des données sur leurs plongées en mer (profondeur, durée de plongée...). Une femelle équipée l'été dernier a effectué une plongée record à 912m !
D'autres paramètres sont aussi enregistrés tels que la pression ou la température qui nous renseignent sur leur environnement qu'est l'océan austral. L'ensemble de ces informations a donc des applications aussi bien en biologie et écologie comportementale qu'en océanographie.
Anne.
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Simulation chirurgicale
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LOGISTIQUE POLAIRE
Aux secours !
Lors d'un hivernage en Terre Adélie, il est nécessaire d'être conscient et préparé aux dangers de notre environnement. Durant les 8 mois d'isolement, aucune aide extérieure ne peut être dispensée, quelle que soit la situation. Cette autonomie nous oblige à mettre en place plusieurs mesures dès le début de l'hivernage.
Dans un premier temps, tous les membres de la mission ont suivi des cours de secourisme et se sont vus délivrer par le médecin un équivalent de l'AFPS (Attestation de Formation aux Premiers Secours), uniquement valable dans les TAAF.
Ensuite, 3 équipes d'intervention ont été entrainées selon les besoins :
L'équipe incendie, menée par le chef technique, est constituée de 7 membres. Ils sont chargés de maîtriser et d'éteindre un incendie, n'importe où sur la base, dans les plus brefs délais. En parallèle, le chef centrale et l'électromécanicien se chargent de l'isolation électrique du bâtiment touché et de l'approvisionnement en eau douce pour l'extinction du feu.
Une équipe de 8 secouristes a été formée aux techniques de brancardage et de secours sur glace par le chef de district, responsable de cette unité. Les membres de cette équipe doivent être capables de secourir dans des délais très courts toute personne en difficulté, sur l'île comme sur la banquise.
Enfin, le médecin et 8 volontaires composent l'équipe médicale. Ils ont été formés aux rôles d'aides anesthésistes, aides chirurgiens et aides infirmiers. Ils sont capables d'aider le médecin lors d'une intervention chirurgicale sous anesthésie générale. Pour cela, plusieurs simulations avec cobaye ont été organisées en guise d'entraînement.
A ces 3 équipes s'ajoutent la responsable radio pour la coordination des opérations de sauvetage et le regroupement des équipes, ainsi que le mécanicien pour la mise à disposition des véhicules nécessaires à une action rapide.
Tous les membres de la mission ont été mis à l'épreuve lors de plusieurs exercices, qui ont montré l'efficacité de cette organisation.
Lucie.
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Icebergs volants
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ENVIRONNEMENT POLAIRE
Les mirages.
Quand il fait chaud l'été en France par exemple, on peut voir comme une grosse flaque d'eau au bout d'une route droite bien qu'elle soit sèche en réalité. C'est un mirage chaud ou « mirage inférieur ». Un tel phénomène est également visible ici quand nous regardons la banquise à l'horizon.
Contrairement à ce que l'on croit, il ne s'agit absolument pas d'une illusion mais bien d'une réalité optique qui s'explique par les lois de la réfraction. Quand le soleil rayonne suffisamment, la couche d'air juste au-dessus de la banquise devient plus chaude que la couche d'air supérieure, ce qui induit une différence d'indice de réfraction entre elles. Tel un miroir, on obtient alors une réflexion de tous les rayons lumineux ayant un angle d'inclinaison faible par rapport à l'horizon. Ce qui nous apparaît comme de l'eau en mouvement à l'horizon, ne sont en fait que les reflets du ciel, des nuages ou des icebergs.
Romain.
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Séance de cinéma
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INSOLITE
Ce soir, on sort au cinéma !
Eh oui, si certains préfèrent la douceur de la couette, la tranquillité du bureau ou la chaleur de la lampe de chevet, un livre sur les genoux, d'autres auront décidé de sortir au cinéma. Dumont d'Urville, petit village d'Antarctique, possède son propre ciné-club : une salle à manger transformée en salle obscure, avec quelques fauteuils, un projecteur, un écran géant et du son dolby surround
Les cinéphiles ont droit à deux séances par semaine :
« Cinédimanche »
Un rendez-vous orchestré par Nicolas et Anthony depuis maintenant presque un an. Une programmation éclectique et un menu sans cesse renouvelé :
Entrée(s) au(x) choix : cartoons, mangas ou reportages documentaires (sciences, expéditions, voyages, plongée...).
Plat de résistance : longs métrages en tous genres de France, d'Hollywood ou d'ailleurs (comédie, thriller, action, aventure, histoire, science fiction...), films d'animations, dessins animés
* Séance tous les dimanches à 20h30 environ - gratuit et sans réservation.*
« La dernière séance »
Le mercredi, Jean-Luc et Patrick rendent la vedette aux classiques français et internationaux sur le principe de la « dernière séance ». Une soirée nostalgie pour les uns, découverte pour les autres. C'est l'occasion de farfouiller dans la vidéothèque locale et d'y dénicher de vielles bobines 16mm, des cassettes VHS ternies, quelques DVD collectors pour les plus beaux chefs-d'uvre cinématographiques du 20e siècle. Il ne manquerait plus qu'Eddy pour compléter le tableau
* Séance tous les mercredis à 20h pétantes - gratuit, sans réservation, tisane offerte.*
Agréables instants en collectivité, ces films sont souvent à l'origine des discussions du lendemain
Camille.
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CONCOURS PHOTO
Sujet n°3 : « Métal »
Après les « silhouettes » et le « 42 », les hivernants-photographes se sont intéressés au « métal ». Une fois de plus, l'objectif était de porter un regard différent sur l'environnement qui nous entoure. Beaucoup se sont prêtés au jeu puisque 20 photos sont actuellement exposées au séjour. Après deux jours de vote, nous avons eu la surprise de voir trois ex-æquo sortir du lot. La disqueuse ACDC d'Anthony, la cantine de Pierre et la tôle froissée de Geneviève ont attiré notre attention. Il est vrai que ces idées originales méritaient le détour
David.
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RECETTE
Recette pour un hivernage réussi...
Une mesure bien tassée d'Amitié vraie,
Beaucoup d'Ecoute et de Compréhension
Une bonne dose de Disponibilité
Mélangée à quelques grammes de Douceur et de Calme.
Ajoutez un rien de Fermeté.
Cherchez un peu de bonne Volonté
Assaisonnez avec de la Droiture et de la Sincérité
Afin de conserver le bon goût de la Vérité.
Râpez les désirs égoïstes,
Les brusqueries et les impatiences,
Faites fondre votre orgueil et votre suffisance.
Trouvez dans vos réserves
Quelques grains de Foi inébranlable,
Une Espérance sans condition,
Saupoudrez de Tendresse.
Faites revenir à la surface
Des tranches entières d'Accueil et de Partage,
Additionnez de dialogues, menus services,
Mercis bien placés, don de soi sans retour.
Laissez mijoter douze mois dans de la Patience...
Avant de présenter, flambez dans la Joie
Et complétez par une bonne bouteille d'Humour.
Mais bon, c'est comme tout, c'est plus facile à dire qu'à faire...
Jean-Luc
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Femelle phoque de Weddell et son petit
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Lundi 8 octobre 2007 : JOURNAL DE BORD
Le mois d'octobre a commencé.
Ca y est, nous entamons notre dernier mois d'hivernage et d'isolement. En effet, dans une dizaine de jours, les premiers campagnards d'été et quelques membres de la 58ème mission partiront de Paris. Leur arrivée ici est prévue pour le début du mois de novembre.
En attendant, nous commençons à sérieusement y penser et à préparer leur venue. Le grand nettoyage de printemps de la base a commencé cette semaine, avec le ménage du bâtiment séjour (cuisine, salle à manger, laverie, salon, bibliothèque, salle vidéo). Tout le monde s'y est mis et à la fin de la journée, tout, du sol au plafond, avait été lavé. Le rangement se poursuivra maintenant dans le dortoir (bâtiment 42) et les différents labos de la base.
A l'extérieur, l'arrivée des espèces animales estivales se poursuit. Pétrels des neiges, damiers du Cap, pétrels géants, skuas, fulmars ont déjà été observés sur les colonies de reproduction. Seuls manquent à l'appel océanites de Wilson et manchots Adélie, mais ce n'est plus qu'une question de jours !
La banquise se voit elle aussi envahie progressivement par les phoques de Weddell qui viennent mettre bas. Plusieurs couples femelle-veau ont été repérés et les premières « manips » d'identification ont débuté. Les manchots empereurs sont toujours présents et semblent apprécier les conditions climatiques plus clémentes de ce début de printemps.
Lucie
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BULLETIN MÉTÉO
Vent : 35 km/h de moyenne, rafales à 70 km/h
T°C Air : entre -7°C et -11°C.
T°C Ressentie : environ -23°C.
Pression : 980 HPa.
Humidité : 55 %.
Visibilité : très bonne (40km).
ÉPHÉMÉRIDES
Lundi 8 octobre 2007
Lever du soleil : 5h25
Coucher du soleil : 19h28
Durée de jour : 14h03
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Interprétation des cartes
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ACTUSCIENCE
Météorologie
Comme nous l'avions déjà évoqué dans un précédent article, un observatoire de Météo France est présent sur la base. L'équipe « météo » se compose de 3 personnes : Antoine (chef de station), Geneviève (technicienne exploitante) et Pierre (technicien instrumentation).
Chaque matin vers 9h30 et par tous les temps, un radiosondage est effectué avec une sonde accrochée à un ballon gonflé à l'hélium lancé dans l'atmosphère. Elle est équipée de capteurs de température, d'humidité et d'un GPS permettant de déduire la direction et la vitesse du vent et la pression de l'air. Ces paramètres transmis toutes les secondes donnent un état vertical (ou « profil ») de l'atmosphère.
Puis entre 10h et 22h, des messages d'observation sont envoyés en France toutes les trois heures avec les valeurs locales de pression, de vent, de température, d'humidité, d'insolation et de rayonnement qui sont données par des capteurs fixes. Tandis que d'autres paramètres sont évalués par un observateur physique : visibilité, nébulosité, types de nuages et leur altitude et temps présent significatif (neige, chasse-neige, brouillard
). Dans le cadre de la climatologie, ces informations s'ajoutent à une base de données qu'il faut régulièrement contrôler et mettre à jour. Ce recueil est complété depuis une cinquantaine d'années maintenant et sert de base d'étude du climat.
Avant le dîner, l'équipe rédige un bulletin prévisionnel, bien que la station ne soit pas équipée pour. Donnée à titre d'information et pour des questions de sécurité et d'organisation des travaux extérieurs, cette « tendance » pour les 48h à venir est basée sur des cartes de prévisions reçues par satellite ou radio fax.
En plus de ces travaux quotidiens, il ne faut pas oublier la maintenance. Le matériel étant soumis aux rigueurs du climat, il faut souvent réparer, remplacer, tester les instruments et anticiper les pannes, ce qui est rarement simple
Bon vent à tous !
Romain
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Remplissage des citernes de Prud'homme
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ENVIRONNEMENT POLAIRE
Du carburant pour le continent !
Nous avons presque terminé le transfert de carburant. Comme chaque année en fin d'hivernage, il s'effectue entre les citernes de la base, situées sur la piste du Lion, et les conteneurs-citernes entreposés à la station de Cap Prud'Homme, située à 5 km de la base sur le continent.
C'est Sylvain, notre garagiste, qui a tout d'abord tracé sa route avec une dameuse sur la banquise, assez solide en cette saison pour supporter de lourdes charges. A chaque voyage, il tracte une cuve (12m3) sur traîneau en acier. Par sécurité, il est accompagné de l'un d'entre nous. Des équipes se trouvent aux deux extrémités du parcours pour assurer l'ouverture des vannes.
Près de 180 m3 ont déjà été transférés. Ce carburant servira durant l'été pour le fonctionnement de « Prud'homme », et pour l'approvisionnement de la station Concordia par le « raid ».
Gilles
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L'Astrolabe disparaît dans le brouillard
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ENVIRONNEMENT POLAIRE
Brouillard
Nuages et brouillard, rien de plus commun ; oui, mais pas en Antarctique !
Certes les nuages font partie du paysage mais le brouillard est un phénomène très rare en Terre Adélie. Issu comme les nuages de la condensation de la vapeur d'eau, il nécessite des conditions bien spécifiques pour se former et rester en contact du sol.
Mercredi dernier les températures des masses d'air et du sol ont permis la formation d'un épais brouillard sur la glace de mer. Le surplombant depuis notre île, nous avons pu l'observer envahir la banquise puis avaler un à un tous les icebergs. Seules les crêtes des icebergs les plus hauts émergeaient et pour un instant, même le glacier de l'Astrolabe a été englouti.
Anne.
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Sylvain déballe ses cadeaux
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INSOLITE
Anniversaires polaires
Huit mois déjà que nous sommes coupés du monde, que chacun a pris ses marques, ses habitudes sa petite « routine ». La monotonie des dîners est régulièrement bousculée par un anniversaire à souhaiter.
Une semaine au moins à l'avance, les uns imaginent leurs cadeaux, les autres pensent à un menu spécial qui fera plaisir
Mais ici, pas de magasins à portée de main, il faut se débrouiller, bricoler, dessiner, imaginer, développer des photos en noir et blanc, cuisiner
Chacun y va de son talent pour exprimer ses sentiments. La menuiserie d'Anthony est prise d'assaut par les bricoleurs du dimanche : 3 chutes de bois, une scie, de la colle, du vernis et hop
Tout ça en secret bien sûr !
Si les cadeaux varient beaucoup d'un anniversaire à l'autre on retrouve toujours quelques « classiques » : une caricature de Jean-Luc dédicacée par la mission, un pli philatélique spécial offert par Patrick, un petit objet en bois fait Geneviève et bien évidement un délicieux gâteau confectionné par Arthur ou Gilles.
Ces présents conçus sur place sont de formidables souvenirs, clins d'il sur des évènements passés durant notre séjour en Terre Adélie
Camille.
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Le 42 vu par Anne
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INSOLITE
Concours photo n°2 : le « 42 »
Le premier concours photo organisé à DDU a eu beaucoup de succès. Une dizaine de clichés réalisés autour du thème « Silhouettes
» a ainsi été exposée au séjour pour le plaisir de tous. Nous avons eu envie de continuer en nous lançant sur un nouveau sujet. Cette fois, les participants ont dû s'intéresser au « 42 ».
Si ce chiffre a tant d'importance c'est parce qu'il est rentré dans notre langage quotidien. Il s'agit du numéro de notre dortoir d'hivernants. C'est le seul bâtiment que l'on désigne ainsi, peut-être par commodité ? Allez savoir pourquoi !
Une telle thématique ne pouvait que plaire. Pourquoi ne pas s'intéresser à ce lieu qui nous est commun ? Les possibilités de photos étaient donc multiples, qu'elles soient prises en intérieur ou de l'extérieur. Beaucoup ont opté pour l'humour et la dérision en mettant en scène certains petits moments de la vie
Et ça n'a pas loupé, 17 photos ont été proposées ! Tout le monde a été invité à voter. Celle de Anne en a séduit une majorité. Son idée originale mais aussi les couleurs et la prise de vue de la photo ont retenu notre attention.
Alors on continue ? Tout le monde s'arme de son appareil photo et pendant une semaine, on cogite et capture des fragments de tout ce qui nous entoure. Prêts ? Partez !
David
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Sports de plein air sur la banquise
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Lundi 24 septembre 2007 : JOURNAL DE BORD
Comme chacun sait, le 21 septembre marque le début du printemps. Ici, cette date est assez symbolique puisque les demi-saisons n'existent pas en climat polaire. Pour autant, plusieurs indices prouvent que l'été approche.
Finies les journées de 3 heures car désormais, le soleil est présent une bonne partie de la journée avant d'aller se coucher derrière le continent. Il brille assez fort pour nous chauffer le visage et nous faire prendre de belles couleurs. Lunettes de soleil et écran total sont de nouveau indispensables lors des activités extérieures.
Le dimanche 16, la banquise s'est transformée en un véritable terrain de jeux. Cerfs-volants, vélo, luge ou encore snow-board étaient de sortie. Chacun a pu s'adonner à son loisir favori et profiter de ce bel après-midi printanier.
Les longues journées permettent désormais de cartographier les icebergs au GPS dans un rayon de 12km environ. Chaque année, un plan détaillé des alentours de l'archipel est établi. Il permet aux biologistes de mieux comprendre l'impact des bergs sur les fonds marins et de localiser les phoques.
Déjà, quelques espèces estivales montrent le bout de leur bec. Les pétrels géants ont repris leurs quartiers sur l'île Rostand, proche de la manchotière. De là, ils guettent les poussins empereurs isolés ou affaiblis afin de s'en nourrir.
Avant hier, samedi 22, le premier bébé phoque de Weddell est né, attirant la curiosité des hivernants. Bientôt, les autres femelles viendront mettre bas sur la banquise.
Lucie & David.
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BULLETIN MÉTÉO
Vent : direction variable, entre 4 et 20 km/h.
T°C Air : -19°C.
T°C Ressentie : environ -23°C.
Pression : 1001 HPa.
Humidité : 58 %.
Visibilité : très bonne.
ÉPHÉMÉRIDES
Lundi 24 Septembre 2007
Lever du soleil : 6h20
Coucher du soleil : 18h41
Durée de jour : 12h21 !!!
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Psychologie d'hivernage...
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ACTUSCIENCE
Loft story
Vous vous souvenez ? Un hivernage dans les TAAF, c'est un peu la même histoire. Une vingtaine de candidats, tous volontaires, choisissent de vivre ensemble, dans un milieu fermé pendant une durée limitée. Mais ici, heureusement, il n'y a pas de caméras, on ne cherche pas à éliminer son voisin, et il n'y a rien à gagner, sinon à mériter le privilège de vivre en Antarctique. Avant de partir, les futurs hivernants passent des tests psychologiques. Ces derniers permettent ensuite au psychologue de faire un pronostic sur la façon dont se passera l'hivernage.
Une fois sur place, dans le cadre de son programme de recherche, le médecin de la mission devient les « yeux » et les « oreilles » du psychologue. Ignorant bien sûr tout du pronostic préalable, il rédige au quotidien un journal d'observations où il rapporte les évènements marquants, la dynamique relationnelle de l'hivernage (formation de sous-groupes, isolement de certains, leadership,...), l'impact de la féminisation (6 femmes sur 26 !), les activités occupationnelles de chacun...
Au cours du séjour, quatre visites médicales successives sont organisées. En plus de l'examen biométrique classique (la courbe du poids est une préoccupation récurrente !), ces visites sont suivies d'un entretien particulier où le médecin tente de déceler les symptômes du fameux « Syndrome Mental d'Hivernage », manifestations d'inadaptation au stress décrites sous ce terme dès 1954 par le docteur Jean RIVOLIER. Le « SMH » frappe, à divers degrés, tous les sujets ou presque : manifestations banales (attitudes obsessionnelles, parfois héroïsation), psychosomatiques (troubles digestifs, douleurs musculo-articulaires, asthénie, troubles du sommeil...), aiguës (actes psychotiques, états hypomaniaques...), ou encore chroniques (repli sur soi, rigidité paranoïaque...).
Pour assumer ce rôle d'observateur, le médecin doit donc être « à l'écoute » des individus et du groupe et avoir un comportement de modérateur. Ce rôle n'est pas toujours bien facile à assumer, car le médecin est lui-même un hivernant, avec ses humeurs et ses « états d'âme». La neutralité doit être recherchée, mais elle n'est jamais vraiment atteinte.
En fin d'hivernage, un psychologue nous rejoindra sur le district et il procèdera au débriefing individuel des hivernants. Il s'appuiera alors sur les observations faites par le médecin pendant les douze mois précédents, afin de se faire une idée de la dynamique du groupe. A son retour en France, il pourra alors comparer les pronostics préalables définis par les fameux tests et la réalité de ce qui s'est passé sur le terrain. Plus que les individus, ce sont les tests qui sont alors mis à l'épreuve, afin de les améliorer.
Tout ceci s'inscrit au final dans un programme de recherche qui intéresse les agences spatiales (ESA, NASA), afin de limiter au maximum les « erreurs de casting » lors des futures missions vers l'infini... et au-delà !
Jean-Luc VERSELIN
Médecin-chef (« BIBTA 57 »)
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A chaque déchet sa poubelle...
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LOGISTIQUE POLAIRE
Tri sélectif
Nous sommes tous concernés par cette tâche dans notre vie quotidienne d'hivernant, et c'est François (Responsable Technique) qui gère l'ensemble de ce travail.
Le tri sélectif est primordial pour la préservation de notre environnement et tout particulièrement ici en Antarctique. Le Traité International de l'Antarctique nous donne à ce sujet des directives afin de limiter l'impact écologique de notre présence.
Tous les bâtiments de la base sont équipés de différentes poubelles, correspondant aux spécificités du lieu, afin d'effectuer un premier tri par catégories : papier, plastique recyclable, plastique non recyclable, verre, acier, aluminium, câbles, matériaux composite, batteries, cartouches d'encre, produits chimiques, huiles mécaniques
Les déchets sont ensuite centralisés au « local poubelle » où ils subiront un traitement adapté à leur nature. Les déchets organiques sont broyés et vidés en mer. Les papiers et cartonnages sont incinérés. Les emballages alimentaires sont rincés et compactés. Tout est ensuite stocké dans un hangar pour être réexpédié par containers. L'Australie accepte nos déchets revalorisables, le reste est rapatrié en France.
Des gestes du quotidien devenus automatiques
Gilles
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Champ de fleurs
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ENVIRONNEMENT POLAIRE
Fleurs polaires
Lors de la formation de la banquise, ou dans les failles, on peut apercevoir un phénomène à la fois intriguant et spectaculaire : de magnifiques champs de fleurs de glace. Ces structures qui sont relativement éphémères n'ont lieu que sur des fines couches de glace et sont une conséquence des différences de température entre l'océan et l'atmosphère. Les « frost flowers » sont de taille assez variable et se caractérisent par une salinité très élevée.
Lors de sa transformation en glace, l'eau de mer perd une partie de son sel, qui se dissout dans l'océan. Si l'écart de température est très important entre l'eau (-2°C) et l'air (-20°C), le sel se concentre sous la glace. La saumure ainsi formée remonte par capillarité à la surface et s'évapore en créant des cristaux de glace très salés : les fleurs ! Pour des températures inférieures à -20°C, on estime qu'elles sont trois fois plus salées que l'eau de mer.
La taille des fleurs dépend de l'épaisseur de la couche de glace ; plus elle est épaisse, plus il est difficile pour la saumure de remonter jusqu'à la surface et donc plus les fleurs seront petites. C'est la raison pour laquelle ces fleurs ne sont visibles qu'au tout début de la formation de la banquise.
Thomas
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Le flash info de David
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INSOLITE
Radiobase
Même à des milliers de kilomètres de toute civilisation, nous avons ici dans le cadre de nos loisirs notre propre émission radiophonique locale à l'instar d'une radio régionale en métropole. Baptisée « Radiobase », on peut l'écouter dans tous les principaux bâtiments de vie commune de l'île ou tout simplement à partir d'un récepteur portable que l'on règle en FM sur 88 MHz.
Durant la journée et la nuit, cette radio diffuse de la musique diverse, mais tous les soirs entre 18h30 et 19h, notre ami David l'anime par son émission devenue célèbre ici depuis plusieurs mois.
Plusieurs chroniques sont organisées : prévisions météorologiques, le menu du dîner, les valeurs du champ magnétique local (pour essayer d'anticiper les aurores !), les éventuels événements de la soirée ou les petits appels à coup de main
Après cette partie informative, une série de petits jeux est organisée, comme trouver le titre et l'interprète de chansons, deviner à quoi correspond un bruit diffusé, retrouver le titre d'un film à partir d'un extrait ou d'un résumé
Chacun peut téléphoner pour jouer ou réagir en direct depuis n'importe quel téléphone de la base, et passer à l'antenne. Entre les blagues de certains pendant les informations et l'esprit de compétition des autres lors des jeux
Cette émission de radio est un moment de détente agréable et attendu en fin de journée, notamment grâce au dynamisme et la bonne humeur de notre animateur David !
Romain
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Les poussins émancipés se regroupent en "crèches" pour se protéger du froid et des prédateurs.
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Lundi 10 septembre 2007 : JOURNAL DE BORD
Un mois déjà depuis la débâcle hivernale. Qu'en est-il désormais de la banquise ?
Des conditions météorologiques plus « clémentes » (c'est le point de vue de la banquise !) ont joué en sa faveur. Les températures basses qui ont suivi ont permis à la glace de se reformer sans qu'aucun vent ne vienne la déstabiliser. Nous avons connu le 12 août notre record minimal de température : 29.2°C. On comprend alors que même l'eau de mer gèle ! Malgré quelques rafales jusqu'à 158km/h, la banquise tient bon !
10 jours, et revoilà une nouvelle banquise saine et épaisse pour le plus grand plaisir des marcheurs. Chacun a endossé sans tarder son sac à dos pour repartir à l'assaut des icebergs les plus éloignés.
Une fois arrivé, on découvre alors que ces masses de glace apparemment figées bougent. Leurs petits balancements nous permettent parfois d'observer les failles s'élargir ou se refermer. Mais le plus impressionnant reste peut-être les grincements et vibrations sous nos pieds lorsque l'iceberg se frotte à la banquise.
Ces mouvements suffisent à garder de l'eau libre et on découvre alors au pied de certains bergs d'inattendues piscines où phoques et manchots évoluent à leur guise
la magie continue
Plus près de la base, la vie de la manchotière suit son cours. Les poussins sont désormais tous émancipés et la manchotière a pris des airs de rentrée des classes ! En attendant le retour de leurs parents partis chercher de la nourriture en mer, les poussins se regroupent pour former des crèches ou vadrouillent sur la manchotière : une vraie cour de récréation !
Anne.
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BULLETIN MÉTÉO
Vent : 40 à 70 km/h de moyenne, rafales à 104 km/h (cata)
T°C Air : -26.7°C.
T°C Ressentie : environ -59°C.
Pression : 982 HPa.
Humidité : 85 %.
Visibilité : mauvaise, de 70 à 500m.
ÉPHÉMÉRIDES
Lundi 10 Septembre 2007
Lever du soleil : 7h15
Coucher du soleil : 17h56
Durée de jour : 10h40
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Analyse chromatographique d'un échantillon de DMS dans la Salle Blanche.
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ACTUSCIENCE
Soufre et Climat
Dans le cadre du programme CESOA (Climat Et Soufre dans l'Océan Austral), les « glacios » de Dumont d'Urville, ont pour principale activité l'observation des gaz atmosphériques et en particulier les composés soufrés présents actuellement dans l'air.
L'objectif est de comprendre le cycle atmosphérique du soufre ainsi que sa variabilité interannuelle.
La principale espèce chimique étudiée est le DMS (sulfure de diméthyle) qui est produite par le phytoplancton marin. Une fois cette molécule relâchée dans l'atmosphère, elle va subir différentes transformations chimiques (oxydations) qui donneront des aérosols : très fines particules liquides ou solides qui restent en suspension dans l'air. L'étude des ces particules est intéressante, car elles sont capables de rétrodiffuser la lumière du soleil et d'influer ainsi sur le climat.
Ainsi, les prélèvements et les analyses faites au laboratoire portent non seulement sur le DMS et les aérosols, mais aussi sur toutes les espèces chimiques qui entrent en jeu dans le cycle atmosphérique. La majorité de ces espèces chimiques étant des oxydants.
Plusieurs méthodes d'échantillonnage sont utilisées, elles dépendent de la nature de l'espèce à « capturer » et de la méthode d'analyse. Par exemple, pour les aérosols, on pompe de l'air à travers un filtre qui retient les particules en suspension dans l'atmosphère, alors que pour le DMS qui est gazeux, on remplit des bouteilles sous pression. Les prélèvements sont effectués quotidiennement, à heure fixe, avec une cadence plus soutenue l'été, période de l'année durant laquelle l'activité photochimique est la plus forte.
Toutes les analyses sont faites par chromatographie, méthode qui permet de séparer les différents constituants prélevés et de mesurer précisément leur concentration.
L'ensemble de ces données permet d'observer, sur plusieurs années, l'évolution de la composition de l'atmosphère sous les latitudes antarctiques, et contribue à l'élaboration de modèles climatiques.
Thomas & Lucie.
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Karim prépare la future chaufferie pour le dortoir d'été.
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LOGISTIQUE POLAIRE
Chauffage & Réfrigération
Nous en parlions dans le dernier journal, l'électricité est l'élément de base de notre survie en Antarctique, la source d'énergie de toutes nos activités. Avec des températures négatives presque toute l'année, la deuxième source vitale d'énergie est la chaleur, pour le confort des hommes et la conservation des vivres. C'est la raison pour laquelle un plombier-chauffagiste est présent en permanence sur la base.
La majorité des bâtiments de la base, que ce soit des lieux de vie, de travail, de stockage ou de prélèvement de données scientifiques, doivent être en permanence chauffés ou maintenus « hors-gel ». La chaufferie collective, alimentée par 2 chaudières au fuel, fournit du liquide antigel à 80°C, que des pompes font circuler à travers les canalisations calorifugées de toute la base. Quelques bâtiments isolés et le Séjour (où la consommation est forte) possèdent une chaudière autonome. Tous les autres sont équipés de sous-stations qui permettent de récupérer la chaleur produite par la chaufferie collective afin de maintenir les chauffages et les ballons d'eau aux alentours de 55°C. Au cur de l'hiver, la consommation mensuelle avoisine les 5m3 de gasoil pour toute la base, ce qui est inférieur à celle d'une petite voiture !
Pour la conservation des aliments (en cuisine ou en magasins), des médicaments, de certains produits mais aussi de prélèvements de glace (carottes) la base de DDU est équipée d'un certain nombre de réfrigérateurs et de congélateurs. La particularité de l'Antarctique : certains frigos sont chauffés !
Tous ces systèmes sont contrôlés informatiquement depuis la Centrale. En cas d'alerte, le plombier et l'électricien sont aussitôt prévenus par la personne de permanence.
Karim, notre plombier, a de multiples fonctions : maintenance des réseaux de chauffage, distribution d'eau douce, collecte des eaux usées, aménagement de futures installations, transfert du carburant nécessaire au fonctionnement des chaufferies. Il est parfois appelé à la rescousse pour les besoins du quotidien
Gilles & Camille.
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Le halo de lune au dessus d'un ancien shelter du "village magnétique".
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ENVIRONNEMENT POLAIRE
Halo de Lune
Nous vous parlions de parhélie la dernière fois, et bien le ciel de Terre Adélie nous a offert un autre de ses phénomènes optiques : le halo de lune. Cet autre « photométéore » est causé par la diffusion de la lumière par de petites particules de glace en suspension dans l'atmosphère.
Camille.
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Les différentes tenues de gauche à droite : ensemble d'hiver, habits d'été (ou intérieur), combinaison des biologistes (ou du "Raid"), uniforme des TAAF, bleu de travail, combinaison de travail en extérieur.
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INSOLITE
La mode à DDU
Afin de passer un an en Antarctique dans des conditions supportables, mieux vaut être habillé chaudement ! Pour cela, l'IPEV a fourni à chacun de nous avant son arrivée sur la base, un paquetage de vêtements, constitué entre autre d'un gros manteau, d'une salopette, d'une veste polaire, de sous-vêtements thermiques, jeans, chemises, pull-over, gants, bonnets, cagoule, tour de cou, bottes fourrées, chaussures de sécurité, charentaises,
Puis, selon les différents corps de métiers, une dotation supplémentaire est fournie : combinaison intégrale pour les biologistes de terrain, bleu de travail pour le service technique, etc.
A l'intérieur, la température ambiante des lieux de vie est suffisante pour ne pas avoir besoin de porter nos vêtements les plus chauds. Ainsi, la « mode d'intérieur » peut simplement consister à porter une chemise, un jean et des chaussures peu encombrantes. Si les pantalons sont tous semblables, il existe (heureusement !) quelques coloris différents pour nos chemises IPEV à carreaux. Cette « mode » n'est évidemment pas suivie par tout le monde car beaucoup portent leurs vêtements personnels tout aussi « légers » et décontractés (tee-shirts, sweats
).
A l'extérieur, c'est une autre histoire ! Le but premier est de se protéger du froid et surtout du vent. Les plus frileux ont tendance à accumuler les couches. De manière générale, il faut compter quatre épaisseurs pour le haut (sous-vêtement long, tee-shirt, polaire et veste coupe vent) et trois couches pour le bas (caleçon long, jean et pantalon coupe vent). Pour les extrémités, n'oublions pas le bonnet, le tour de cou, les gants avec plusieurs paires de sous gants, les grosses chaussettes en laine.
Bien que les ingrédients de base soient identiques, chacun a su concocter sa propre recette vestimentaire. On peut donc reconnaître quelqu'un de loin à ses couleurs.
David & Romain.
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Le visage de l'iceberg.
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CONCOURS PHOTO
Silhouettes
La semaine dernière, un premier concours photo a été organisé à Dumont d'Urville. C'était l'occasion pour les photographes de réaliser des clichés autour d'un même thème. Au total 10 « silhouettes » ont été photographiées, puis exposées au Séjour. Un vote au sein de la mission a récompensé la photo de Priscilla. Ce visage incrusté dans la façade d'un iceberg nous a séduits.
David.
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L'eau libre fait le bonheur des empereurs
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Jeudi 9 août 2007 : JOURNAL DE BORD
La mer en hiver
Prenez une banquise de 5 mois, faites lui subir des vents soufflant à 130km/h en moyenne pendant 4 jours tout en préchauffant à -3°C. Il en résulte une débâcle hivernale. En un mot : plus de banquise ! Ne pointons pas du doigt le réchauffement climatique, il n'y est pour rien. Ce résultat n'est dû qu'à la force de la houle et du vent combinés.
Dès l'accalmie venue, nous avons pu nous rendre compte des dégâts. Au début on est impressionné et vite la déception s'installe. Mais pourquoi si tôt ? Il y avait encore tant de balades à faire!
Mais ne dramatisons pas. Nous ne sommes que début août et la banquise a le temps de reprendre. En compensation, sous nos fenêtres, un nouveau paysage ! Certains icebergs sont apparus, d'autres ont disparu ou se sont tout simplement déplacés. Dès la réouverture de la banquise nous nous sommes précipités dehors pour respirer le grand air, fuyant les bâtiments dans lesquels nous étions enfermés pendant plusieurs jours. La curiosité nous poussait aussi pour apprécier l'ampleur des dégâts. Mais l'amertume s'est rapidement effacée, tant les couleurs étaient superbes. Nuages et banquise se reflétaient sur la mer devenue miroir. Et quel bonheur de voir l'eau libre, la mer, la vraie!
Tout au long du parcours nous avons été accompagnés par les manchots empereurs partant ou rentrant de leur voyage alimentaire. Il est vrai qu'eux aussi ont profité de l'accalmie pour se déplacer. Nous avons ainsi pu assister à un véritable chassé croisé des adultes se relayant pour nourrir leur progéniture. La colonie à grossi et parents et poussins s'appèlent afin de se retrouver. Désormais, un vacarme règne sur la manchotière !
Ce retour de la mer nous a également permis de revoir des espèces que l'on ne croise habituellement qu'en été. Ainsi pétrels des neiges et pétrels antarctiques nous ont offert un beau ballet. Belles rencontres aussi avec les phoques de Weddell et les phoques crabiers.
Et pour nous éclairer, un soleil de plus en plus haut nous offre sa lumière blanche. C'est sûr, le printemps approche !
David.
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BULLETIN MÉTÉO
Vent : Nord-Ouest à 7 km/h de moyenne, rafales à 10 km/h !
T°C Air : -26°C.
T°C Ressentie : environ -29°C.
Pression : 976 HPa.
Humidité : 79 %.
Visibilité : excellente.
ÉPHÉMÉRIDES
Jeudi 9 Août 2007
Lever du soleil : 9h20
Couché du soleil : 16h07
Durée de jour : 6h47
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Trois soleils à l'horizon
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ENVIRONNEMENT POLAIRE
Un, deux, trois
Soleils !
Alors que les jours rallongent en Terre Adélie, nous avons assisté en début de semaine à un phénomène optique rare des plus déconcertants : le parhélie, ou l'illusion de 3 à 4 soleils simultanément.
Dans la famille des « photométérores », c'est-à-dire l'ensemble des phénomènes optiques atmosphériques autres que les nuages (aurores, arcs-en-ciel, mirages, éclairs
), le parhélie appartient au groupe des « halos » de lumière (de Soleil ou de Lune). A l'origine de ce prodige, la combinaison de conditions météorologiques et astrologiques très précises.
Lorsque l'atmosphère se charge de cristaux de glace en suspension, comme c'est parfois le cas ici près des pôles, l'horizon se barre d'un voile opalescent qui dévie les rayons du Soleil. Tels des prismes, les faces des cristaux de glace réfléchissent la lumière solaire selon un angle bien précis. Durant sa course, lorsque le soleil atteint une élévation de 22° (au lever comme au coucher), un halo de lumière peut se former en sa périphérie. Si la quantité de cristaux de glace est suffisante, des « foyers » lumineux se créent sur les côtés et le dessus de l'astre, produisant ainsi de nouvelles images du Soleil.
Un spectacle fascinant et imprévisible, mais qui ne dure que quelques instants
Camille.
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Arthur et Gilles aux fourneaux
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LOGISTIQUE POLAIRE
La Cuisine
Pour ce nouvel article consacré à la logistique polaire de notre base, nous allons parler de la nourriture et de la cuisine. Tous les aliments que nous avons ici proviennent soit de France, soit d'Australie. Ils sont acheminés au cours des rotations estivales du bateau « l'Astrolabe » entre la Tasmanie et notre base.
Tous les produis frais sont achetés en Australie : les légumes, les fruits, le lait... ainsi qu'une partie des produits congelés comme le poisson, les fruits de mer, le buf, l'agneau, le kangourou, le crocodile
La quasi-totalité des autres denrées arrive surgelée de France : le veau, le porc, les volailles, les fromages
Les produits « secs » sont également envoyés de métropole : les pâtes, le riz, les conserves, les jus de fruit, l'eau gazeuse, le vin bouché
Ces aliments, selon leur nature, sont conservés dans deux bâtiments ou « magasins ». La température du premier est maintenue à +4°C. Le second est quant à lui divisé en deux parties : une qui ne comporte pas vraiment de régulation de température hormis un petit chauffage d'appoint. En hiver, la température de cette partie avoisine -3°C pour des produits ne craignant pas le gel tels que les pâtes, le riz, le café, les épices, les produits d'entretien
L'autre partie de ce magasin, appelée « chambre froide » est par contre maintenue à -18°C pour les produits congelés.
Avec tous ces aliments, Gilles notre cuisinier nous prépare chaque jour des repas aussi bons que variés. Les menus sont établis environ deux jours à l'avance afin de laisser le temps, par exemple, à la viande ou au poisson de décongeler naturellement.
Dans ce travail, Gilles est aidé par Arthur notre pâtissier-boulanger qui nous prépare chaque jour le pain, de succulents desserts et une fois par semaine, des viennoiseries pour le petit déjeuner.
Mais en dehors de nos deux cuisiniers officiels, d'autres hivernants n'hésitent pas de temps en temps à mettre la main à la pâte ou au « piano » pour nous faire découvrir leurs petites recettes personnelles. Quoiqu'il en soit, nos repas sont toujours réussis !
Romain & Gilles.
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Descente en snowboard au dessus de la banquise
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INSOLITE
Glisse en Antarctique
Les fortes chutes de neige du mois de juillet ont contraint les hivernants à s'armer de pelles et de pioches pour dégager les accès et les véhicules, mais elles ont fait quelques heureux
Profitant d'un bel après-midi ensoleillé, les amateurs de glisse se sont rendus sur les pentes de l'île des Pétrels à la recherche d'un « spot ».
Une piste suffisamment longue et pentue, recouverte d'une épaisse couche de neige tendre est alors découverte entre la station Météo France et le laboratoire de Glaciologie, juste en face de la cabane de pêche posée sur la banquise
Et hop ni une ni deux nous nous relayons pour essayer à tour de rôle les différents « engins » : une luge improvisée, un snowboard laissé ici par un ancien hivernant et le « trottysnow », sorte de trottinette des neiges montée sur patins, réalisée par l'équipe technique au début de l'hivernage.
Entre sensations fortes, « gamelles », rigolades et remontées pénibles, pour quelques instants nous nous sommes sentis comme à la montagne, avec la banquise en plus
Camille
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Dans le blizzard, difficile de passer d'un bâtiment à l'autre..
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Lundi 30 Juillet 2007 : JOURNAL DE BORD
En cette fin de mois de juillet, une chose est sûre : l'hiver est bien là et avec lui ses grosses chutes de neige et ses tempêtes. La fin du mois a été marquée par une succession de vents dépressionnaires puis catabatiques. Les « catas » résultent de gigantesques masses d'air froid et lourd dévalant les pentes du continent en charriant de la neige. En arrivant sur la côte, un mur se dresse en accumulant des tonnes de neige en suspension. Lorsque cette poche d'air se « crève », les vents se déchaînent sur la banquise et peuvent allègrement dépasser les 200km/h. Ces dernières 48h, nous avons eu droit à nos premières rafales proches de 180km/h
Tous les bâtiments ont tremblé !
La neige s'infiltre dans les moindres recoins, à travers les joints de fenêtres ou de portes, par les aérations
Sur les passerelles, devant les bâtiments ou autour des véhicules, se forment d'énormes « congères » pouvant dépasser les 3m de haut
Conséquence : au retour du beau temps tout le monde s'est mobilisé pour déneiger à la pelle les différents accès et véhicules de la base.
Le mauvais temps a également malmené nos voisins de la manchotière. Le retour des femelles ayant été retardé, les mâles épuisés ont du prolonger leur jeûne pour veiller sur les nouveaux poussins. Pour eux le « calvaire » est terminé : elles ont commencé à rentrer !! Les allers et venues se comptent par centaines chaque jour et la manchotière est redevenue comme avant : une cacophonie où mâles, femelles et poussins chantent pour se repérer ou se connaître.
Et dans les incessants va-et-vient, nous avons pu enfin repérer les femelles équipées au mois de mai. Elles ont été déséquipées avant leur arrivée sur la colonie et ont pu rejoindre leur partenaire. En attendant la passation de l'uf ou du poussin, les hivernants se sont mobilisés sur la banquise pour guetter les départs des mâles. Des heures d'attente dans le froid et la nuit qui n'auront pas été vaines puisqu'ils ont pu être attrapés et déséquipés eux aussi sans problème.
Lucie & Thomas.
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Stéphanie remonte son filet à plancton
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ACTUSCIENCE
Une pêcheuse sur la banquise
Dans le cadre du programme scientifique ICOTA (Ichtyologie COtière en Terre Adélie), des activités de pêche sont menées à proximité de notre base afin d'y étudier les poissons : morphologie, alimentation, reproduction, évolution de l'espèce, caractérisation des chromosomes (sous forme de caryotype)
Des études sont également menées sur leur milieu environnant en mesurant la salinité de l'eau de mer, la température ou les pigments.
Pour ce travail, Stéphanie, notre pêcheuse, part sur la banquise là où un trou lui a été creusé. Pour ses prélèvements d'eau, elle immerge à différentes profondeurs un collecteur actionné à distance. Pour capturer les poissons elle utilise plusieurs méthodes : la canne à pêche traditionnelle, le filet ou la palangre (plusieurs hameçons munis d'appâts, répartis le long d'un fil de pêche). Enfin, un filet à mailles serrées lui permet de récolter les petits organismes comme le plancton.
Avec le froid de l'hiver, cela devenait impossible de pêcher à l'air libre sur la banquise, c'est pourquoi une « cabane » lui a été installée au-dessus de son trou de pêche, lui permettant de travailler au chaud (10°C) puisque ce petit abri est électrifié. En plus du chauffage, cette électricité lui apporte un éclairage ambiant ainsi qu'une alimentation pour ses lampes infrarouges servant à « réchauffer » en permanence son trou de pêche et éviter ainsi qu'il ne gèle.
Elle attrape de deux à quatre espèces différentes de poissons, qu'elle conserve vivants au laboratoire, dans un aquarium d'eau de mer renouvelée en permanence par l'intermédiaire d'une pompe. Elle peut alors étudier tranquillement ses prises.
Romain.
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L'équipe technique contrôle la production électrique et la santé des moteurs
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LOGISTIQUE POLAIRE
La « Centrale », le coeur de la base.
En hiver, comme en été, la « Centrale » de Dumont d'Urville est le centre névralgique de nos activités et de notre survie. Tout ici dépend entièrement de son bon fonctionnement : électricité, eau douce, chauffage, conservation des aliments, instruments de laboratoires, réseau informatique, télécommunications
Une panne prolongée mettrait notre survie en péril, car nous sommes coupés du monde pendant plus de 8 mois.
C'est la raison pour laquelle cet élément stratégique est gardé sous haute sécurité : 24h/24 et 7j/7, les 8 membres de l'équipe technique se relayent en « quarts » afin d'assurer le contrôle, la maintenance et le pilotage des groupes électrogènes et du circuit de production d'eau. Les différents corps de métiers sont représentés : chef centrale, électricien, plombier, diéséliste, mécanicien de précision, mécanicien, électrotechnicien et responsable technique.
Du côté des installations, la majorité des systèmes sont doublés, voire triplés. La production de l'électricité se fait au moyen de 3 groupes électrogènes de 140kW (233HP). Un seul de ces groupes est utilisé pour alimenter la base entière. Dans un autre bâtiment, un groupe de secours de 120kW pourrait être mis en fonction si la centrale était endommagée par un incendie par exemple.
Pour alimenter les moteurs, la base dispose d'un stock de carburant situé en contrebas de l'île, suffisant pour tenir 2 ans. Ce gasoil spécialement conçu pour l'Antarctique a été déparaffiné, ce qui lui permet de résister au gel jusqu'à -40°C. Régulièrement, des transferts sont effectués par pipeline en direction des citernes de la centrale. En hiver, seulement 700 litres par jour sont nécessaires à la production de l'électricité et de l'eau douce de toute la base.
La production d'eau douce se fait par pompage de l'eau de mer (-1,8°C), via un tuyau en fonte passant sous la banquise. Arrivée à la centrale, cette eau de mer est réchauffée à 65°C par l'eau de refroidissement des moteurs, ce qui permet d'économiser beaucoup d'énergie. À la sortie de l'échangeur thermique, l'eau arrive dans une « chambre sous vide » où elle va instantanément bouillir et s'évaporer. La encore, une astuce consiste à utiliser le tuyau d'arrivée d'eau de mer froide pour condenser la vapeur et récupérer l'eau douce, tout en gagnant quelques calories.
Le sel est évacué sous forme de saumure (33°C), utilisée comme chasse d'eau pour les sanitaires avant de regagner la mer. Sur son passage, elle réchauffe les conduites pour éviter le gel.
L'eau douce est quant à elle minéralisée pour atteindre un pH neutre conforme aux réglementations sur l'eau potable, sa qualité est régulièrement soumise au contrôle. Le système de « bouilleur » a une capacité de production de 6 m3 par jour, mais seulement 3,5 m3/jour suffisent à satisfaire les besoins des hivernants : cuisine, douches, machines à laver, laboratoires... Par sécurité (incendie, survie
), les surplus sont stockés à l'extérieur dans 3 cuves de 15 m3.
Bien que le rendement soit déjà élevé, la centrale sera très prochainement équipée d'un système de « cogénération », qui permettra de récupérer la chaleur des pots d'échappement pour alimenter les circuits de chauffage de bâtiments proches. Une technique déjà testée pour la nouvelle base de Concordia.
Gilles & Camille.
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BULLETIN MÉTÉO
Vent : Sud/Sud-Est à 80 km/h de moyenne, rafales à 100 km/h.
T°C Air : -22°C.
T°C Ressentie : environ -56°C.
Pression : 1009 HPa.
Humidité : 87 % en raison du chasse neige.
Visibilité : mauvaise (100 à 200m).
ÉPHÉMÉRIDES
Lundi 30 Juillet 2007
Lever du soleil : 10h02
Couché du soleil : 15h31
Durée de jour : 5h29
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La TA57 se mobilise pour libérer "Adèle"
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INSOLITE
Un vrai « Kass-tête » !
Jusqu'à présent, la météo avait été bien clémente avec nous, de belles journées ensoleillées nous permettaient de faire de grandes balades. Mais depuis deux semaines nous sommes bel et bien en hiver.
En témoignent les importantes chutes de neige qui sont tombées les 16 et 17 juillet derniers. La dépression qui s'est abattue sur nous a engendré des vents atteignant 160 km/h en pointe. D'un coup, la base est devenue bien blanche. Une fois l'accalmie arrivée, tout reprit vie. Très vite tout le monde s'est équipé de pelles pour déneiger tous les accès.
Mais le gros du travail s'est concentré autour du garage. Cinq véhicules étaient entièrement enfouis sous la neige ! Nous pouvions tout juste apercevoir leur toiture ou leur échappement. Au départ, amusés et impressionnés par ce phénomène nous sommes vite venus rejoindre « Pop », notre garagiste pour déneiger le « Kass ». Ce diminutif de la marque allemande Kassböhrer, nous permet de désigner rapidement et simplement notre gros chasse neige rouge. Ni une, ni deux, toute la base a commencé à pelleter autour de la machine afin de la libérer. Alors que Pop avait le nez plongé dans son moteur, nous étions tous afférés à enlever la neige qui s'était infiltrée dans les moindres recoins. Trois journées nous ont été nécessaires pour retirer les 70 m3 qui entouraient le Kass. Une fois sorti de son sarcophage, il a laissé place à un trou béant. Les plus imaginatifs d'entre nous souhaitaient en faire une piscine. Il n'en était rien. La neige transportée par les vents catabatiques, qui ont soufflé jusqu'à 176 km/h, a rapidement rebouché ce trou et effacé tous nos efforts.
David.
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Premiers poussins
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Lundi 16 Juillet 2007 : JOURNAL DE BORD
Enfin ! Après avoir choyé leur précieux uf et jeûné pendant plusieurs semaines, les manchots empereurs mâles voient leur peine récompensée : les premiers poussins montrent le bout de leur bec. Nous avons entendu le premier poussin le 3 juillet et vu la première frimousse noire et blanche le 5 juillet. Et oui, encore peu nombreux et bien cachés sous les poches des parents, les poussins les plus précoces ne sont pas faciles à repérer au milieu de 3000 autres manchots. Depuis quelques jours, la colonie des empereurs s'anime avec les pépiements des poussins, le retour des femelles et les retrouvailles musicales des couples.
C'est maintenant le temps pour les ornithologues de surveiller le retour des deux femelles qui avaient été équipées de petits émetteurs radio. Grâce à la participation très active des autres hivernants un contrôle est effectué toutes les heures avec une antenne et un récepteur radio, quelles que soient les conditions météo !
Autre évènement de ce mois de juillet : l'installation de la cabane de pêche sur la banquise pour procurer à Stéphanie, notre ichtyologue, chaleur et confort lors de ses séances de pêche. La crémaillère a été pendue samedi dernier autour d'un bon vin chaud et chacun en a profité pour lui apporter de quoi décorer son nouvel espace de travail.
Anne, Lucie & Thomas
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L'ozone sous surveillance : le LIDAR
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ACTUSCIENCE
L'Ozone sous surveillance (suite) : méthode laser.
Après le sujet du ballon de sondage abordé dans notre précédent article ActuScience, nous allons présenter une autre méthode pour la mesure d'ozone : le lidar (LIght Detection And Ranging). Il s'agit d'un système de télémétrie (mesure à distance) dont l'élément principal repose sur un ou plusieurs lasers. Sur notre base de Dumont d'Urville, le lidar permet de mesurer deux éléments de l'atmosphère : les aérosols et l'ozone.
Pour résumer, les aérosols regroupent les différentes particules en suspension dans l'air. Ils sont importants à mesurer car lorsqu'il fait très froid comme actuellement, ces aérosols forment des nuages particuliers, les « stratosphériques polaires », qui participent à la destruction de l'ozone.
Le principe du lidar consiste dans ce cas à envoyer un faisceau laser vert à la verticale dans le ciel.
A chaque instant, une partie de cette lumière est réfléchie par les particules et autres poussières, puis revient dans notre direction. Un télescope récupère cette lumière qui est ensuite analysée par un système électronique. On peut ainsi déterminer la quantité d'aérosols dans l'atmosphère en fonction de l'altitude.
Pour la mesure de l'ozone, on envoie cette fois deux faisceaux laser ultraviolets (invisibles à l'il nu) en même temps. L'un d'eux est en grande partie absorbé par l'ozone, tandis que l'autre est en majorité réfléchi. La différence de puissance des signaux rétrodiffusés nous donne la quantité d'ozone suivant l'altitude.
Afin de ne pas être perturbé par la lumière du soleil, les réflexions de la neige ou celles des nuages « inintéressants », le lidar ne peut fonctionner que pendant les nuits où le ciel est bien dégagé, ce qui rend le spectacle d'autant plus agréable surtout quand le faisceau vert semble se perdre à l'infini dans la Voie Lactée. Mais ceci n'est qu'une impression
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Aurora Australis
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ENVIRONNEMENT POLAIRE :
Aurora Australis
Le soleil a une activité cyclique d'environ 22 ans, avec des périodes de calme relatif et des pics (éruptions, arches, trous solaires). Les fluctuations de cette activité solaire sont à l'origine des variations du champ magnétique terrestre, sorte de bouclier protecteur aussi appelé Magnétosphère.
L'Observatoire de Géophysique de Terre Adélie bénéficie de conditions très favorables à l'étude des phénomènes solaires, car il est implanté à moins de 200 km du pôle Sud magnétique. D'un côté, le programme « Magne » permet d'étudier les variations du champ magnétique terrestre, de l'autre, le programme « Rayco » (rayonnement cosmique) permet de mesurer la quantité de particules solaires qui passent au travers.
Mais en Antarctique, il n'y a pas toujours besoin d'être muni de capteurs pour observer l'activité solaire, il suffit de lever les yeux vers les étoiles
Lors de perturbations magnétiques dues au soleil, un nombre important de particules sont transportées dans l'espace par le vent solaire. Déviées par le champ magnétique terrestre, ces particules se dirigent vers les pôles Nord et Sud, puis descendent sur terre à très grande vitesse. À 80km d'altitude environ, elles entrent en collision avec les atomes de l'atmosphère qui émettent alors de la lumière. Ce sont les aurores polaires, dont les couleurs dépendent des atomes excités. On dit qu'elles sont « boréales » en hémisphère Nord et « australes » ici au Sud.
Généralement vertes, blanches et parfois rougeâtres, les aurores dansent au dessus de nos têtes. Tels de gigantesques rubans, ces rideaux de lumière virevoltent, tournoient, s'étirent dans la nuit. Certains d'entre nous n'hésitent pas à se lever en pleine nuit et à braver le froid pour photographier ces étranges phénomènes
Un spectacle fascinant, intriguant et merveilleux
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BULLETIN MÉTÉO
Vent : Sud à 72 km/h de moyenne, rafales à 110 km/h.
T°C Air : redoux de -18°C à -11°C en raison de la dépression.
T°C Ressentie : environ -35°C.
Pression : chute 993 HPa à 985 HPa.
Humidité : 95 % e raison de chutes de neige.
Visibilité : 150m, chasse neige.
ÉPHÉMÉRIDES
Lundi 16 Juillet 2007
Lever du soleil : 10h53
Couché du soleil : 14h38
Durée de jour : 3h45
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Une pâtisserie timbrée !
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INSOLITE
Une pâtisserie timbrée!
Le 21 juin, jour le plus court de l'année, à été marqué ici par la course du soleil. Ceux qui n'ont pas eu la chance d'admirer ou de photographier ce phénomène, purent le retrouver en timbre. C'est une idée originale qui a été proposée au départ par Loïc André, vétérinaire et ancien hivernant de la 55e mission en Terre Adélie (TA55).Tout en longueur, on y voit les différentes positions de cet astre pendant les 1h40 de lumière.
Pour marquer cet évènement, Gilles notre cuisiner et philatéliste, a décidé de le reproduire en sucre. Aidé d'un patron en carton, il a pu tailler le sucre, le faire sécher et le colorer. Au final, ce timbre de 80 cm de long est venu décorer le bon "croustillant" au chocolat qu'il nous avait préparé pour la Midwinter.
Gilles et David.
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Ambiance orientale autour d'un coucous
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Jeudi 5 juillet 2007 : JOURNAL DE BORD
Alors qu'en métropole le 21 juin est marqué par la fête de la musique, sous nos latitudes, le solstice d'hiver est fêté par la Midwinter. Cet évènement a lieu depuis de nombreuses années et a la particularité d'être célébré au même moment dans toutes les bases antarctiques et sub-antarctiques. Si bien que LA « Mid » est devenue une véritable institution, comparable à un jour férié puisque les voeux de bonnes festivités nous parviennent des quatre coins du continent.
Cet évènement prend toute son importance puisqu'il à lieu à la moitié de l'hivernage et qu'il marque le passage à l'hiver, la saison la plus rude mais peut être aussi la plus attendue.
Mais la Mid, c'est surtout quatre jours de fête et de bons moments de vie de groupe. Pendant plusieurs semaines chacun s'est consacré à la préparation d'animations ou à la confection de décors pour chacune des soirées à thème. De jour en jour, le bâtiment du séjour changeait de visage passant d'une médina orientale à l'ambiance feutrée d'un cabaret. Puis les pirates ont débarqué avant de faire place aux hommes de Cro-Magnon se disputant la guerre du feu.
Au-delà de l'aspect festif, la midwinter permet de resserrer davantage les liens du groupe au travers de ce tout ce qui a pu nous unir avant et pendant ces 4 jours : de la confection des décors aux déguisements, en passant par le concert de musique, les pièces de théâtre ou les jeux sur la banquise
Après quelques jours de repos, nous nous sommes promis une chose : recommencer !
David.
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Délicat lâcher du ballon de sondage ozone effectué par Pierre
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ACTUSCIENCE
L'ozone sous surveillance.
L'ozone est un gaz primordial, naturellement présent dans notre atmosphère, qui permet à la vie d'exister sur les continents. En effet, il joue le rôle d'écran protecteur contre les rayons ultraviolets de classe B du soleil (UVB, nocifs pour les organismes vivants). L'ozone, toutefois mauvais pour les humains, est produit par action de certains rayons du soleil sur le dioxygène.
Depuis les années 80, l'ozone a tendance à diminuer, particulièrement en Antarctique. On parle maintenant de « trou d'ozone ». S'il continuait à diminuer, cela pourrait engendrer de très graves problèmes dans les années à venir : maladies, sécheresse, diminution des ressources alimentaires sur l'ensemble de la planète
Une des méthodes pour mesurer la quantité d'ozone dans l'atmosphère est de lâcher un ballon de sondage comme le fait ici notre équipe Météo France, trois à cinq fois par mois en ce moment.
Ce ballon, gonflé à l'hélium, permet de soulever au bout d'une corde d'une trentaine de mètres une sonde équipée de plusieurs détecteurs (pression, température, humidité de l'air, vitesse du vent), d'un système de positionnement (GPS) et d'une pompe afin d'analyser l'air et de déterminer la quantité d'ozone en fonction de l'altitude. Les données numériques sont reçues toutes les secondes environ.
Entre 30 et 40 km d'altitude, le ballon éclate naturellement et la sonde se perd dans la nature. Si jamais vous en retrouvez une un jour dans votre jardin, merci de bien vouloir la faire parvenir au service Météo France, l'adresse étant marquée dessus.
A bon entendeur
Romain.
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Course du soleil du 20 Juin 2007
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ENVIRONNEMENT POLAIRE
Solstice d'hiver en Antarctique
Le 21 Juin est un jour important à Dumont d'Urville, car c'est notre solstice d'hiver : le jour le plus court, le soleil le plus rasant, la nuit la plus longue
Sur les 360° de l'horizon, le soleil du 21 juin n'aura montré son visage que sur seulement 23°. Son élévation ne dépassait pas 1° de hauteur, tout juste de quoi l'apercevoir dans son intégralité. L'astre nous est apparu pendant moins d'une heure et quarante minutes avant de retourner se cacher
Cette « Course du Soleil » du 21 juin est un événement pour les photographes et les philatélistes, un timbre des Terres Australes et Antarctiques Françaises y est d'ailleurs consacré.
Bon nombre des hivernants ici s'étaient préparés pour le jour J. Pour réussir une telle image, il faut composer avec le froid et le vent. Une fois l'appareil programmé à prendre automatiquement des photos à un intervalle de temps régulier, il n'y a plus qu'à solidement l'amarrer sur un socle ou un trépied. Pour le froid, certains avaient spécialement fabriqué un coffrage chauffé, d'autres ont préféré envelopper leur appareil dans une couverture de survie avec quelques chaufferettes.
Depuis cette date, les jours se rallongent progressivement et finiront par dominer totalement la nuit durant l'été. Selon les éphémérides solaires fournies par l'IMCCE (Institut de Mécanique Céleste et de Calcul des Ephémérides - Observatoire de Paris - Bureau des Longitudes - CNRS), nous aurons de nouveau des journées de plus de dix heures qu'à partir de la fin du mois d'août
Camille.
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BULLETIN MÉTÉO
Vent : de Sud/Sud-Est à 40 km/h de moyenne avec des rafales à 90km/h
T°C Air : en chute de -5°C le matin à -17°C en soirée.
T°C Ressentie : environ -31°C.
Pression : chute de 1009 HPa à 988 HPa.
Humidité : très sec en matinée (25%) puis de nouveau normal 44%.
Visibilité : bonne.
ÉPHÉMÉRIDES
Jeudi 5 Juillet 2007
Lever du soleil : 11h29
Couché du soleil : 13h59
Durée de jour : 2h30
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Partie de golf avec les empereurs
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INSOLITE
Drôles d'oeufs
Durant la MidWinter, les plus sportifs d'entre nous n'ont pas raté l'occasion de se retrouver sur la banquise pour disputer un match de rugby sur glace.
Attirés par ce gros ballon ovale et toute cette agitation, deux manchots empereurs sont venus à notre rencontre, d'abord en tant que spectateurs, puis ont rapidement investi le terrain. De peur d'effrayer, de stresser ou de blesser l'un d'eux, l'arbitre a été contraint de suspendre la rencontre.
Déçus de ne pas pouvoir se mêler à la partie, nos deux compères décidément attirés par les sports anglo-saxons se sont rabattus sur une partie de golf. Deux petits oeufs fluos abandonnés sur la glace ont éveillé leur curiosité
Camille.
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Ce berg à une demie heure de marche de la base est l'objectif de bon nombre de balades
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Dimanche 10 juin 2007 : JOURNAL DE BORD
Bonjour à tous,
La 57ème mission en Terre Adélie en est à son 4e mois d'hivernage. L'équipe se porte bien et chacun prend ses marques.
Depuis le 10 avril, jour officiel de l'ouverture de la banquise, le périmètre autorisé pour les sorties banquise n'a fait que s'agrandir à mesure que les températures chutaient et que la banquise se consolidait. Après les premières sorties dans le Pré, zone entre l'île des Pétrels (la base) et le continent, nous avons pu faire de belles randonnées parmi les icebergs (ou « bergs ») situés au large du glacier de l'Astrolabe.
C'est une sensation très particulière que de marcher dans cette immensité blanche, figée et silencieuse. Suivant le temps et la position du soleil, le paysage est sans cesse renouvelé. La neige, les icebergs et glace troquent leur blancheur contre de belles couleurs : rouge, rose, doré ou bleu. À 35 minutes de marche seulement, nous avons eu la chance de découvrir un magnifique berg bleu, si fin par endroits que le soleil perce au travers !
On ne se lasse pas de ce spectacle magique !!!
En plus des promenades sur la banquise, la base vit au rythme de la manchotière d'empereurs située au pied de l'île. Là aussi, le spectacle est permanent. Au début de la période de reproduction, les ornithologues ont dénombré plus de 6600 individus ! Après les parades et les accouplements, début mai, nous avons pu voir les premières pontes et les délicates passations d'ufs : les femelles confient aux mâles le soin de couver l'uf pendant qu'elles partent les premières en mer pour se nourrir.
Durant le mois de mai, on a ainsi pu assister aux nombreux départs des femelles vers le large, laissant les mâles seuls jusqu'au milieu du mois de juin.
Lucie.
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Au premier plan : un mâle montrant son oeuf. Au second :un manchot soulevé par la pression exercée par les autres animaux dans la tortue
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ACTUSCIENCE
Des tortues en Antarctique.
Depuis plusieurs mois, nous avons la chance de côtoyer les manchots empereurs. Actuellement seuls les mâles couvent leur uf sur la banquise. Pendant plus de deux mois ils vont jeûner pendant que leur femelle est partie se nourrir en mer. Cette période est tout particulièrement difficile puisqu'ils doivent faire face à des conditions climatiques très rudes. Pour cela ils se regroupent dans des formations que l'on appelle « tortues ». Les manchots sont si serrés les uns aux autres que l'on peut en dénombrer jusqu'à 9 au mètre carré. La pression y est si forte que certains se retrouvent au dessus des autres.
Cette vie en colonie intéresse les chercheurs et tout particulièrement les facteurs qui seraient à l'origine de ces comportements. Les manchots se mettent-ils en tortue en fonction de la force du vent, de la température ? Pourquoi et à quel moment se dispersent-ils ? Autant de questions auxquelles plusieurs études vont apporter des éléments de réponses. Au mois de mai, deux mâles ont été équipés de capteurs qui vont mesurer la pression, la température et la luminosité au sein de la tortue.
D'autre part pendant toute la durée de l'incubation, la manchotière est photographiée tous les deux jours afin de dénombrer les tortues et de compter les individus qui les composent. Les scientifiques vont tenter d'y observer une certaine dynamique et peut être percer le secret de la formation des tortues.
David
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Polynie formée après le passage de la dépression
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ENVIRONNEMENT POLAIRE
Redoux, débâcle et polynie.
Alors que la banquise était bien praticable pour les balades à pieds dans un « grand » périmètre, une perturbation nous est arrivée dans la nuit du 22 au 23 Mai, nous apportant de fortes chutes de neige, des vents violents venant de l'Est (150 km/h en rafale) et une impressionnante remontée des températures. En à peine quatre jours nous avons subi un contraste de presque 25°C en frôlant parfois la barre des 0°C.
La perturbation s'étant dissipée le 26 Mai, les températures sont redescendues avec le retour des masses d'air froid provenant du continent.
À cause de la houle et des vents violents en mer, cette perturbation a provoqué un phénomène de « débâcle » de la banquise. Là où cette dernière était plus fine et sensible qu'ailleurs, la glace se brisa, ses morceaux furent emportés au large, laissant apparaître au Nord de la base ce qu'on appelle une « polynie ».
Ce lac d'eau libre se transforme alors en glace « noire » (océan en transparence), qui contraste avec l'ancienne banquise recouverte de neige. La polynie que nous avons pu voir est dite « récurrente » car elle semble réapparaître tous les ans dans la même zone, même si son étendue peut varier de quelques kilomètres d'une année à l'autre.
En ce début de mois de Juin, nous vivons une période de froid : les températures sont descendues au voisinage des -20°C, soit 4°C en moyenne en dessous des normales saisonnières. La banquise reprend vite de l'épaisseur et nous pouvons de nouveau profiter de cet espace pour partir en randonnée. Cette perturbation fut toutefois très intéressante pour nous car elle permit de faire évoluer la magnificence des paysages.
Romain.
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BULLETIN MÉTÉO
Vent : Sud, à 80 km/h de moyenne, 110 en rafales.
T°C Air : entre -6.6°C et -12°C.
T°C Ressentie : environ -37°C.
Pression : chute de 996 HPa à 980 HPa en raison de vents catabatiques.
Humidité : 55%.
Visibilité : bonne.
ÉPHÉMÉRIDES
Dimanche 10 Juin 2007
Lever du soleil : 11h29
Couché du soleil : 13h49
Durée de jour : 2h19
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Manchot prisonnier dans sa congère
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INSOLITE
Prisonniers de leur congère
Au cur de la tempête, 3 manchots mâles trop occupés à couver leur uf se laissent surprendre par d'importantes chutes de neige. La neige, poussée par la violence des vents forme alors des congères autour d'eux et emprisonne les 3 malheureux. Bloqués, sans la possibilité de se déplacer ou d'aller se mettre au chaud avec les autres dans la « tortue », nos papas manchots ont un choix cornélien à faire : sortir du trou et abandonner la progéniture, ou rester vaille que vaille enfoncés jusqu'au cou à perdre leurs calories pour se réchauffer seul
Après plusieurs jours de « réflexion intense », 2 d'entre eux on fait le choix (courageux ?) de la survie en abandonnant leur uf au fond du trou. Le dernier, plus têtu ou téméraire, en est à son 12e jour de captivité
Camille.
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Les hivernants de la TA57

Colonie de manchots empereurs au pied du glacier de l'Astrolabe
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Lundi 16 avril 2007, Base de Dumont DUrville, Terre Adélie
Cela fait maintenant 6 semaines que le navire « LAstrolabe » a quitté la Terre Adélie, marquant ainsi le début de la 57ème mission dhivernage à Dumont d'Urville. Léquipe de la « TA57» est composée de 26 hivernants, dont vous pourrez voir les visages sur la photo de groupe.
Depuis une semaine, les températures ont chutées et la banquise sest consolidée entre lIle des Pétrels (ou se trouve la base) et le Glacier de lAstrolabe, permettant ainsi laccès à la colonie de Manchots Empereurs. Le Chef de District, Franck, accompagné du Responsable Technique, François, ont commencé les forages dans la glace de mer pour délimiter progressivement le périmètre praticable autour de la base. Cet espace est un nouveau territoire à découvrir pour la majorité dentre nous.
Les Ornithologues ont donc pu commencer leurs programmes détudes sur les Empereurs et les Pétrels Géants. Les parades nuptiales et les accouplements ont commencé, les premiers ufs seront pondus à partir de début mai. En attendant, les comptages ont permis de recenser plus de 5000 individus !
Pour ce qui est des autres espèces de la faune polaire, la majorité des doiseaux marins ont terminé leur période de reproduction et de mue puis ont repris le large vers le Nord et ses températures plus douces. Côté mammifères, il y a actuellement une quinzaine de Phoques de Weddell qui logent sur la banquise non loin de la « Manchotière ».
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