TA 59 :
59 ème Mission d'hivernage

Les hivernants lors du séminaire

Céline
Charlène
Emeline
François
Yannick

Voici la polynie qui se rapproche dangereusement de DDU, le 26 Juin 2009.

Régulièrement, les phoques remontent à la surface pour respirer.

Voici un phoque crabier. Il est assez rare d'en voir près de la base.

Voici la course du soleil du 22 Juin 2009. La photo n'a pas pu être faite le 21 Juin, en raison du mauvais temps qui sévissait. Cela dit, c'est quasiment identique le 22...

Mercredi 15 juillet

Au début du mois de juin, nous avons subi une grosse tempête, avec un nouveau record à la clé pour les hivernants de la TA 59. La rafale maximale enregistrée à atteint les 187km/h avec un vent en moyenne a 144 km/h au plus fort de la journée. Cela a eu quelques conséquences sur les paysages environnants. Une polynie s'est formée à quelques kilomètres de la base, c'est-à-dire que des gros morceaux de banquise se sont détachés, laissant ainsi une zone de mer libre. Depuis, elle ne cesse de s'agrandir. La température de l'air n'est pas assez froide pour geler durablement la surface et les vents n'arrangent rien. Nous avons eu la visite de nombreux phoques qui sont venus se reposer sur la banquise. C'était l'occasion pour moi ainsi que mes camarades de les approcher. Le premier groupe que nous avons repéré était tout près d'un iceberg. Ils ont profité d'une fissure pour agrandir un passage et se hisser hors de l'eau. Certains d'entre eux étaient très curieux et restaient à la surface pour nous observer. Le plus marrant, c'est quand on s'arrête sur la banquise et que l'on entend une respiration de phoque sans savoir d'où elle provient. Et puis en cherchant un peu, on repère une fissure dans la glace, et puis un petit museau qui dépasse, parfois il est bien caché sous de la neige fraîche. C'est toujours un plaisir de vivre cette situation. En revanche, quand nous pêchons, c'est un problème ! Ils font fuir les poissons. Ce mois de juin a surtout été marqué par la midwinter qui a débuté le 21 juin. C'est le jour le plus court de l'année. Le soleil se lève à 11h40 et il se couche à 13h40, sans sortir complètement de l'horizon. Comme le veut la tradition, pour fêter le retour des beaux jours, nous avons eu une semaine de congé. Le séjour a été décoré, une petite scène a été montée pour des spectacles (théâtre, concert, etc…), des soirées a thème ont été organisées (Bretonne, casino, peuples du monde). Et bien sur, le tout accompagné de repas très copieux ! De plus nous avons eu beaucoup de chance pour le temps. La météo a été bonne tout au long de la semaine (excepté le 21 juin). Certains ont fait des activités dehors (foot, ultimate et autres jeux) et d'autres ont photographié la course du soleil (voir photo). Maintenant que le mois de juin se termine, nous entamons, pour la plupart, la seconde partie de notre hivernage. Et oui, déjà la moitié diront certains d'entre nous. Et la seconde partie risque de passer bien plus vite ! Nous recevons régulièrement des nouvelles de la France, on nous a dit qu'il a fait 30° a Paris, alors que nous avions -20° ici. 50° de différence, c'est pas mal, mais je pensais qu'il ferait un peu plus froid en hiver. Enfin les plus basses températures sont à venir pour les prochains mois. Nous verrons bien…

Guillaume. Mécanicien de précision.

Croissant de Lune au Nord-Est de DDU.

Fin mai, à 13h30 sur la banquise...

Début juin, le soleil rasant dévoile de jolies formes sur la banquise, derrière la croix Prudhomme.

Nous sommes le 02 juin, il est 14h30 et le soleil déjà couché depuis une demi-heure ! D'ici une grosse heure il fera nuit ; je dois dire que cette atmosphère me plait bien. Il est maintenant loin l'été, quand le soleil brillait H24. Avant de revivre cette phase de l'hivernage en fin d'année, je vis pleinement l'hiver avec ces journées pauvres en soleil et luminosité mais tellement hors du commun.

Je me présente : Yannick, cuisinier-intendant. Inutile de préciser que je suis bien évidemment ravi d'exercer mon métier durant cette belle année, dans ce fabuleux endroit. La cuisine y est spacieuse, avec une vue sur une congère et les icebergs ; en prime, son orientation permet d'admirer les splendides levers du soleil. Je partage ce lieu avec Vincent le boulanger-pâtissier : deux bretons qui font en sorte, que les repas soient variés, équilibrés, et qu'ils plaisent au plus grand nombre. Mon but (pour l'anecdote) : que les kilos superflus éventuellement pris tout au long de l'hivernage soient minimisés… Surtout pour nos neuf sympathiques hivernantes qui tiennent à leur ligne !

Nous arrivons déjà bientôt à la moitié de l'hivernage, et la vie sur base à 26 se passe au mieux ; les journées défilent, et sont fractionnées par les repas servis à heures fixes : 12H, 19H15. Depuis quelques semaines, les sorties banquises sont concentrées à l'heure du déjeuner du fait de la luminosité ; ainsi, il est fréquent de se retrouver en petit comité lors du déjeuner. L'ambiance y est tout aussi paisible.

A cette étape de l'hivernage, je viens d'apprendre le nom de mon successeur ; comme le temps passe! Il faut absolument continuer à profiter de ce cadre de vie : aller faire un petit coucou aux manchots empereurs, faire de longues marches toniques sur la banquise et ainsi observer de plus près les icebergs, faire un footing sur la piste du lion, et puis évidemment s'entretenir quotidiennement en salle de sport. C'est incroyable, le bien-être que toutes ces activités procurent, en plus du travail.

Pour les journées un peu moins physiques, la dvdthèque de la base est bien garnie, les parties de billard, de baby et de cartes animent aussi la vie au séjour…

Vive la Terre Adélie!

Yannick

« Ceci n'est pas un canard », mais l'un des chefs d'oeuvre retenu pour la collection 2009.

Ces dernières semaines furent également dédiées à la conception de notre ligne de prêt-à porter ! Pour cela, nos 2 plus grandes artistes locales, Mousseline et Bout de Bois, ont apporté tout leur talent à la création des dessins de mission. Sérigraphiés ou brodés, ils symboliseront notre hivernage au dos des modèles de notre choix. Livraison prévue par la prochaine rotation... en novembre 2009. Patience !

Adéliennement,

Charlène.

Quand notre doctoresse fête son anniversaire, le séjour prend des allures d'hospice.

Fin mars-début avril s'est déroulé sous le signe des anniversaires. Ils furent nombreux en ce début d'hivernage, pour le plus grand plaisir des amateurs de Champagne, généreusement sabré. Les anniversaires sont également un prétexte à l'expression artistique de chacun: menuisiers et métalos en herbe redoublent d'imagination; tous les ateliers sont mis à profit. Sans oublier la traditionnelle chanson personnalisée, tout un poème... C'est aussi souvent l'occasion de se mettre en scène dans des costumes abracadabrantesques, et de relooker notre fidèle séjour, victime de tous nos excès.

Manchotière noir sur blanc.

Dimanche 12 avril

suite et fin,

9h tapante, Marionnette et moi sommes en route pour la piste du Lion, où une colonne d'Empereurs vient d'être aperçue depuis la base. 128 individus, sur le chemin de la manchotière, ultime étape de leur périple trans-océanique. Richard, el plombero, nous rejoint, et nous poursuivons notre sortie matinale en direction de la dite manchotière. Après une brève halte panoramique depuis le sommet de Lamarck, l'une des îles de l'archipel maintenant accessible par la banquise, nous approchons du chaos de glace où les Empereurs ont élu domicile pour l'hiver. Ricardo tente une approche et sympathise avec un couple de piafs. Après quelques échanges et une bonne série de clichés, el plombero rebrousse chemin. Quelle n'est pas sa surprise quand il découvre que les tourtereaux le pistent ! Richard nous rejoint et nous nous délectons cette fois tous les 3 de leur excès de curiosité. Les "canards" se tiennent à une brasse de nous, 2m tout au plus, élégants, majestueux ! Un dimanche qui commence bien... De retour sur la base, nous apprenons que la barre des -20°C vient d'être franchie, -20,3°C pour être bien précis. Ceci explique la perte de sensation survenue à nos orteils! Mais en l'absence de vent, nous avons pu, sans grande souffrance, profiter du spectacle pendant 2 bonnes heures et demie.

Tous alignés, bien en rang svp, c'est pour la photo de groupe!
Colonne géante sur fond de Berg Géant.
A plat ventre, c'est plus rigolo!

Manip' carrotage par Pop l'enginiste et Céline la poissonneuse!

Jeudi 9 avril,

Dumont d'Urville,

La banquise est ouverte, c'est officiel ! 6 semaines nous séparent de l'appareillage de l'Astrolabe. 6 semaines qui auront suffi à la genèse d'une mer de glace. Les premiers forages ont eu lieu il y a 2 jours. La règle est simple: si l'épaisseur de glace est supérieure à 40cm et de bonne qualité, alors on ouvre. Dans le cas contraire, il faut prendre son mal en patience et souhaiter qu'Eole ne nous mette pas de bâtons dans les roues ! Bien sûr, il s'agit d'une ouverture partielle, un périmètre dont les contours ont été déterminés en fonction des forages et de l'aspect de la glace, et amené à évoluer suite aux investigations entreprises régulièrement. Néanmoins, c'est déjà un beau terrain de jeu que nous offre Dame Nature depuis 2 jours. Imaginez votre espace de liberté décupler sur ces simples mots: "la banquise est ouverte" !

Eh les mecs, pas la peine de s'énerver!!!

Encore un arrivage...

Lâchez des lions en cage et vous serez proches de la vérité! Descendre de notre caillou, quitter ce rocher que l'on explore de fond en comble depuis des semaines, s'éloigner de la base et fouler la neige vierge à perte de vue. Déambuler dans un chaos de glace, de glaçons et de bergs. S'attaquer à de nouveaux cailloux, les petites soeurs de l'Ile des Pétrels, formant à elles toutes l'archipel de Pointe Géologie. Et puis les approcher, enfin... Les observer dans leur plus profonde intimité, celle de la Manchotière. Les Empereurs sont au rendez-vous, comme chaque année, à l'heure de la grande migration. On les compte déjà par centaines, bientôt par milliers. Les plus précoces ont ouvert le bal il y a un mois. Ils arrivaient à l'unité, parfois par petits groupes. Puis la cadence est devenue chaque jour plus soutenue, comme cette après-midi où nous avons pu admirer le défilé de quelques 150 individus, fraîchement émergés de l'océan. Ces drôles d'oiseaux déambulent à plat ventre ou sur leurs pattes, en fonction du terrain, en une immense "queue leu leu" ou, en termes plus ornithologiques, colonne. Aucun doute, un spectacle qui vous colle aux rétines pour l'éternité. Il est possible de sortir par tous les temps, plus ou moins longtemps suivant ce que les éléments permettent. C'est le moyen de suivre au jour le jour l'évolution de notre environnement, ses progressions, ses régressions, ses états d'âme. Ainsi, on observe les allées et venues de la banquise, et des ses locataires : les icebergs. L'arrivée progressive et de plus en plus massive de nos voisins les Empereurs. L'évasion lente des phoques de Weddell. L'exode quasi total de plusieurs espèces volantes (Pétrel des Neige, Damiers du Cap) et glissantes ! (Manchots Adélie). Le glacier de l'Astrolabe et ses innombrables fractures et débris offrent eux aussi un spectacte en perpétuelle évolution. De nombreux icebergs se sont déjà vus attribuer des p'tits noms: le berg chocolat, le dromadaire, le berg bleu, le berg géant. Et feu le berg Vaisseau Fantôme, mon fétiche qui s'est fait la malle à la nuit tombée le 1er avril dernier. Nous avons beaucoup pleuré sa perte, sniff ! La nature ici est tout sauf monotone, statique, ennuyeuse ou blanche. Bien au contraire, pas un jour ne ressemble au précédent, et la glace se décline en une palette de couleurs improbables.

Sans évoquer ses aspects, ses consistances et ses reliefs. Sa cadette la neige n'est pas moins surprenante: congères, placards, corniches et monticules en tous genres. Pas une chute de neige ne façonne le paysage comme la précédente. Puis les jours s'amenuisent pour faire place à la nuit qui nous dévoile ses plus beaux joyaux : des voûtes célestes sans nom; d'occasionnelles aurores australes, aux apparitions très aléatoires; et de somptueux clairs de lune, à faire frémir un loup-garou! La météo, quant à elle, nous réserve également de nombreuses surprises. Dépressions et anticyclones se volent la vedette tour à tour et sans détour, avec un léger avantage pour les régimes anticycloniques. A moins que ce ne soit une vue de mon esprit naturellement optimiste... Le vent, qu'il soit catabatique ou dépressionnaire, domine largement la pétole. Ainsi, nous avons récemment touché des rafales à 176 km/h, pour des moyennes de vent tout aussi respectables. Le record de l'hivernage précédent (194 km/h) est à portée de souffle ! Les températures sont elles aussi à la hauteur de ce début d'hiver. En oscillant dans une fourchette de normales saisonnières, elles cotoient les -12/-15°C. Nous avons sabré le champagne en franchissant le 0°Faraday (=-17,8°C), depuis détrôné par un honorable -18,9°C. A ce stade et dans des conditions de vent soutenu, les températures ressenties fleurtent tranquillement avec les -40/-50°C ! Ouïlle, ça pique un peu...

Charlène

Mise à l’eau du filet à plancton sur le zodiac

Mise à l’eau du ROV utilisé par l’équipe ICOTA pour filmer les fonds sous-marin aux environs de la base : l'équipe.

Mise à l’eau du ROV utilisé par l’équipe ICOTA pour filmer les fonds sous-marin aux environs de la base.

 

16 mars 2009

Petits bouts de vie à DDU par Céline et Emeline…

Cela fait maintenant 2 semaines que l'Astrolabe a effectué sa cinquième et dernière rotation, emmenant avec lui les derniers campagnards d'été de la saison. Nous sommes désormais 26 habitants sur l'île des Pétrels, notre île pendant 9 mois, isolés sur ce petit bout du monde. Maintenant commence notre hivernage, que beaucoup attendaient avec impatience.
Que nous reste-t-il de cette campagne d'été ? Un fourmillement de souvenirs, des rencontres, des découvertes, et aussi un peu de travail…. Pour ma part, j'ai eu l'occasion de passer quelques après-midi à bord du Seatruck en compagnie de l'équipe ICOTA (Integration Costal Ocean Observations in Terre Adélie), dont le but était de filmer l'écosystème sous-marin à l'aide du ROV (robot filoguidé sur lequel je travaillais à l'intégration de nouveaux systèmes). J'ai donc pu avoir de nombreux détails sur le travail de Céline, l'hivernante « pêcheuse » ou « poissonnière » comme elle est affectueusement surnommée sur la base. Je vais tenter de faire le tour de son activité :
Le travail de chacun étant ici plus qu'ailleurs tributaire des conditions météorologiques, l'année de Céline se découpe en plusieurs épisodes. Tout d'abord, l'été, durant lequel tous les membres du programme ICOTA travaillent ensemble à l'étude de l'écosystème pélagique. Pêche à la ligne, mise à l'eau de filet à planctons, observation de la faune sous-marine avec le ROV, triage et traitement des échantillons, etc… L'activité est intense !
Ensuite, en attendant que la banquise soit assez solide pour pouvoir installer sa petite cabane de pêcheur, Céline prépare tout son matériel pour l'hiver et continue l'analyse des échantillons récoltés pendant l'été.
Dès qu'une couche de glace suffisamment épaisse sera formée, elle pourra aller creuser un trou pour pêcher. Cette activité durera tout l'hiver, le but principal étant le suivi de deux espèces de poissons pélagiques, le Pagotenia Borchgrevinki, et le Trematomus Newnesi, ainsi que l'étude du plancton et notamment des copépodes, crustacés de très petite taille. La pose de la cabane au dessus du trou aux environ de juillet apportera un peu de confort à cette « pêche australe » hors du commun.

Le dernier départ de l’astrolabe, le 27 février, est salué par des tirs de fusée. Nous ne reverrons pas l’Astrolabe avant 8 mois, les adieux sont poignants…
Première soirée seuls sur notre île … L’ambiance est très réchauffée pour cette « raclette hawaienne », la photo sous le cocotier en témoigne !
L'Astrolabe parti, il est temps de s'installer enfin, on range les tables et chaises qui ne serviront plus avant le mois d'octobre à l'AGI (lieu de stockage du matériel), un grand nettoyage est organisé pour le bâtiment du séjour et le dortoir 42. Nous prenons maintenant véritablement possession des lieux et nous nous y sentons bien. Les jours raccourcissent inlassablement, nous privant de 8 minutes de soleil par jours ! La nuit nous offre alors de beaux spectacles comme les levers de lune, les premières aurores australes et la possibilité de contempler les étoiles qui ornent le ciel de DDU.
Le faisceau du Lidar dans le ciel étoilé de DDU.
A l’intérieur du shelter Lidar, faisceau du laser à 532 nm qui sert à étudier les aérosols contenus dans l’atmosphère.
Les nuits se rallongent ici dans l'hémisphère sud et alors que les hivernants sombrent pour la plupart dans un profond sommeil, les deux sentinelles de la base commencent leur nuit de travail, il s'agit du quart central et de l'hivernante LIDAR, Emeline.
Mais qu'est-
ce que le LIDAR (Light Detection And Radiation) exactement ? S'il y a bien une chose dont j'ignorais l'existence avant de venir ici c'est l'activité du LIDAR. Et c'est justement tout le charme d'un hivernage sur une base scientifique, s'intéresser et s'enrichir du travail de chacun, technicien autant que scientifique, comprendre que chacun ici est indispensable au fonctionnement de la base.
J'ai donc accompagné Emeline un soir où « elle tire au LIDAR ». C'est ainsi qu'on appelle populairement l'activité d'Emeline sur la base. Elle m'a expliqué avec beaucoup de patience le rôle et le fonctionnement du LIDAR et je vais tenter de vous l'expliquer à mon tour.
Dès la tombée de la nuit, Emeline va mettre en route ses lasers pour les faire chauffer afin qu'ils soient stabilisés en température, avant de procéder aux minutieux réglages des optiques. L'ambiance dans le shelter est alors assez particulière entre le bruit des machines, les lunettes de protection au look futuriste et la lumière stroboscopique couleur vert « menthe à l'eau » …
A quoi sert réellement ce LIDAR ? Le principe est d'émettre un ou plusieurs faisceaux lumineux dans le ciel à des longueurs d'onde bien définies et d'analyser ce que les particules présentes dans l'atmosphère en renvoie. En plein cœur de l'hiver, Emeline observera ainsi la formation et l'évolution de ces nuages bien particuliers que sont les nuages stratosphériques polaires, appelés PSC (polar Stratospheric Clouds). A la fin de l'hiver, l'activité sera plus concentrée sur l'étude de l'évolution de la couche d'ozone dont la faible épaisseur se ressent plus particulièrement ici, en bordure du continent Antarctique.
Le laser vert du LIDAR est bien là tous les soirs de beau temps, fidèle au poste. Il fait partie intégrante du paysage nocturne polaire ici à DDU.

Emeline & Céline

L'Astrolabe le 18 décembre 2008 au soir, nous venons juste d'arriver... Il y a encore de la glace dans le chenal du Lion et on peut y marcher à pied.

L'Astrolabe à quai sur le Lion le 8 janvier 2009, R2 est arrivée avec nos deux dernières hivernantes, nous sommes donc alors au complet !

 

18 Décembre 2008, avant le dîner.

Notre rotation R1 arrive enfin à DDU, après une traversée pas trop agitée. Nous avons réussi à esquiver les dépressions, et ainsi à bien profiter du spectacle pour les dernières heures de traversée, au milieu des glaces. L'arrivée à DDU est vraiment magique, tout d'abord, on ne distingue que le continent, une immense pente blanche visible sur l'horizon, et petit à petit on cherche à deviner les détails de la côte et où se trouve la base. Finalement, on arrive en vue de l'île des Pétrels, dont on aperçoit en premier le "mât iono", le reste étant caché derrière un gros iceberg. Puis, on distingue les bâtiments, on voit des gens sortir et venir regarder la progression du bateau, finalement nous nous immobilisons à quelques centaines de mètres de la base, bloqués par les glaces. Le débarquement se fera, traditionnellement, en hélicoptère. Nous y sommes !

Les premiers jours se déroulent sans encombre, chacun se remet de la fatigue nécessairement accumulée pendant le voyage, mais on se sent rapidement bien sur la base, c'est assez simple de prendre ses petites habitudes. Nous arrivons en pleine période des fêtes, c'est donc dans une ambiance bien festive, avec beaucoup de monde sur la base (plus de 80 personnes) que nous fêtons Noël. Il faut se faire à ces interminables journées d'été, qui durent même pendant le réveillon ! Quelques jours plus tard, c'est le réveillon de la Saint Sylvestre, avec cadeaux de Noël cette fois : une grande hotte a été déposée dans un coin du séjour, afin que chacun y dépose un cadeau. Le Père Noël est bien au rendez-vous le 31 au soir, et chacun peut profiter de cadeaux originaux.

Nous profitons tant que c'est encore possible des promenades sur la banquise, à peu près à Noël, l'accès à Prudhomme devient impossible à pied, puis nous voyons dans les jours qui suivent la banquise qui nous relie au Lion fondre petit à petit... Par chance, nous apercevons plusieurs fois les orques qui viennent nous rendre une petite visite de temps en temps autour de l'île.

Le temps est passé si vite, et nous voilà déjà en 2009 ! Nous attendons nos deux dernières hivernantes de la TA59 pour être au complet. C'est chose faite le 6 Janvier 2009 au matin, nous retrouvons Emeline et Charlène, un peu plus éprouvées que nous par leur voyage. Nous célébrons les premiers anniversaires de la TA59, les premiers d'une longue série...

Pour ma part, je me suis fait assez facilement à mes missions de chef météo de la station, avec l'aide de mon prédécesseur Régis, qui m'a transmis tout ce qu'il savait, et qui avait très bien préparé le terrain. Après quelques semaines de tâtonnements, je me sens à l'aise avec les différentes tâches, qui deviennent maintenant familières. Nous faisons des observations du temps, nous lâchons des ballons avec des sondes attachées pour mesurer les différents paramètres (température, humidité, pression, vent) à travers les basses couches de l'atmosphère. Nous faisons également des prévisions pour l'Astrolabe quand il est en mer, ainsi que pour les gens sur la base. Bonne année à tous !

François, chef Météo