Portraits des hivernants
 

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Dimanche 7 décembre 2008

Points d’intérêt de la semaine :

Un « Z » qui veut dire Zalpha
Opération chirurgicale à Concordia (simulation)
Un secret de Giorgio
Oasis Concordia
Les adieux de DC4

 
Un « Z » qui veut dire Zalpha
 

Le quatrième hivernage à Concordia est sur le point de s’achever. La campagne d’été est commencée et l’équipe de DC4 va bientôt quitter l’Antarctique. La mission touche à sa fin et avec elle la présentation de l’équipe Concordia 2008. Pour faire nos adieux, je me devais de finir cette série de portrait en vous présentant Zalpha, notre benjamine.
Lorsque j’ai rencontré Zalpha pour la première fois à Paris, en octobre 2007 lors du séminaire, jamais je n’aurais pensé qu’elle fût aussi courageuse et assidue. Tout au long de l’hivernage, elle a travaillé dans des conditions extrêmes sans jamais se plaindre. Telle une ombre elle a suivi Doudoux, son fidèle compère, bravant la nuit polaire pour faire ses observations ou dépanner les télescopes.
Volontaire pour toutes les corvées, même les plus pénibles, nous la voyions tantôt aidant l’équipe technique, tantôt secondant Giorgio en cuisine. D’une extrême gentillesse et très patiente, elle a aussi été la petite soeur de nos deux joyeux drilles, Gros Quick (Sébastien) et
Doudoux. Ce qui ne fut pas une tâche facile, croyez-moi. Ces deux lascars s’apparentent plus à Laurel et Hardy qu’aux Aristochats. Autre trait particulier de notre mascotte, elle raffole des bonbons. Lorsque j’avais moimême une envie de sucreries, il me suffisait d’aller à son laboratoire. J’étais certain d’en trouver.

Mais qui est Zalpha?
Être attendrissant, maîtresse de maison, bourreau ou bien encore victime ?
En fait elle incarna tous ces personnages. Bien qu’affectionnant particulièrement ses compagnons de peluche, elle n’hésitait pas à rejoindre Giorgio en cuisine pour des corvées de pluches. Un tantinet tortionnaire, Doudoux, sa victime favorite, s’est maintes fois retrouvé ligoté sur sa chaise et bâillonné.
Inutile de préciser que cette opération se passait sous la houlette et avec la participation de Gros Quick. En général les représailles ne se faisaient pas attendre. C’est ainsi que dernièrement les charentaises de Zalpha ont passé la nuit dehors, chacune dans un seau d’eau. Là aussi Gros Quick n’était pas tout à fait innocent. Pour la petite histoire, après être allée quelques jours pieds nus, Zalpha a pu réutiliser ses charentaises qui étaient comme neuves.
Le portrait de notre jeune amie ne serait pas complet si je ne vous parlais pas de la Zalpha Astronome. En fait Z, Zaboune, Zazoo ou encore Zaza, comme nous l’appelons ici, est étudiante à l’Université Paul Sabatier de Toulouse.
Son envie de découvrir le continent blanc l’a amenée à contacter Eric Fossat, du LUAN, pour pouvoir participer à un hivernage. Zalpha a intégré l’équipe DC4, elle n’avait que 22 ans. Cette année a vraiment été très enrichissante pour Zalpha. Tant sur le plan professionnel que relationnel. Elle a ainsi pu découvrir que l’Astronomie en Antarctique n’est pas de tout repos. Les problèmes inhérents à l’environnement sont le lot quotidien, il faut savoir s’adapter professionnellement.
Les réparations et les modifications d’équipements ont fait partie de son apprentissage. Toujours résignée, elle a vraiment fait un travail extraordinaire.
Avec Doudoux, ils ont formé une excellente équipe d’astronomes.
De retour en France Zalpha reprendra ses études.
Son but, continuer à faire de l’Astronomie de terrain.
L’un de ses rêves, rejoindre une équipe d’astronomes au Chili, le plus élevé des observatoires terrestres.
Elle avoue cependant avoir maintenant un plus grand penchant pour l’Antarctique. Avant de pouvoir concrétiser Zalpha a encore deux années de Master et trois années de Thèse devant elle.
Mais le futur proche est plus réjouissant.
Après avoir quitté l’Antarctique, elle passera quelques jours en Australie en compagnie de Giorgio et Doudoux. Ensuite il sera temps de reprendre les cours. Sur les bancs de l’Université Zalpha aura très certainement la nostalgie de Concordia. Nous serons sûrement tous dans ses pensées. Qu’elle se rassure, elle sera dans les nôtres.
Notre Zaza a réellement été une très bonne compagne d’hivernage. Nous l’avons tous très appréciée.
Non seulement pour sa gentillesse et son dévouement mais aussi pour sa patience et sa résignation.
Lorsque je pose à Zalpha la question incontournable sur son éventuelle participation à un autre hivernage, elle répond sans hésiter que ce serait avec un immense plaisir. Pourquoi pas comme responsable de projet cette fois-ci.
Pour ma part, j’ai été ravi de pouvoir compter Zalpha parmi les membres de l’hivernage. Ce serait bien entendu une joie
indescriptible de pouvoir hiverner de nouveau avec elle.
Nous allons devoir bientôt nous séparer. Chacun de nous rejoindra ses foyers en France, en Italie ou encore en Australie pour ma part.
Quoiqu’il en soit cette expérience restera inoubliable.

Merci à toi Zalpha et bonne chance!
 
Opération chirurgicale à Concordia (simulation)
 
Dans le cadre de la formation du personnel de l’équipe médicale, Roberto n’a pas lésiné sur les moyens. Quelle meilleure façon d’entraîner que de mettre dans une situation réelle. Enfin presque!
Le cas d’école choisi par notre chirurgien fut une main sectionnée dans sa partie transversale avec doigts morcelés. Cas que Roberto eut à traiter réellement il y a quelques années. Fabrizio voulut bien se prêter à cette mise en scène et fut donc notre patient.
L’équipe médicale fut composée de Giorgio, dans le rôle de l’anesthésiste et de Zalpha dans celui d’infirmière de bloc opératoire.
Ces fonctions étant les leurs en cas d’intervention chirurgicale. Nos compères avaient suivi des cours théoriques, il y a quelques temps déjà, avant de pouvoir assister le Maître.
Lors de la simulation, Zalpha et Giorgio répétèrent avec maestria tous les gestes appris auparavant. L’évènement fut filmé par Sébastien (GQ) et Doudoux pour servir de film d’instruction aux futurs hivernants. La partie charnue sur laquelle Roberto exerça fut un morceau de viande porcine. Le tout fit tant illusion que notre Zazoo a dû se retirer quelques instants pour s’allonger. Elle resta ainsi sous l’oeil attentif de Laurent, notre second chirurgien. Elle a ensuite rejoint son poste et l’opération s’est terminée dans de bonnes conditions.
Depuis, une autre séance a été organisée. Le cas fut une ablation de l’appendice.
Je tiens à rassurer nos lecteurs. Dans ces productions hollywoodiennes, aucun animal n’a été tué et aucun hivernant n’a été volontairement blessé.
Bravo Roberto!
 
Un secret de Giorgio.
 

 

 

 

 Chef de cuisine Giorgio Deidda

 

giorgio.deidda@concordiabase.eu
Giorgio3650@yahoo.it

Chaud-froid de pommes au four glacé à la cannelle accompagné de fruits rouges et de crème anglaise.

Ingrédients pour les pommes au four :

  • 4 pommes
  • 40 g de sucre semoule

Préparation :

Éplucher les pommes et les évider
Les saupoudrer avec le sucre, préchauffer le four a 140°C
Faire cuir pour 1 heure, éteindre le four et laisser encore 1 heure dedans.
Dès que les pommes sont refroidies, les remplir avec de la glace a la Cannelle.
Garder dans un congélateur.

Ingrédients pour la glace a la cannelle :

  • 400 ml de lait
  • 100 ml de crème fraîche
  • 2 gousses de cannelle
  • 90 g de sucre semoule.
  • 3 jaunes d’ oeuf.

Mettre le lait et la cannelle dans une casserole, faire bouillir à feu doux.
Mélanger les jaunes avec le sucre (blanchir).
Enlever la cannelle et fouetter le lait avec les jaunes blanchis.
Faire bouillir le tout.
Laisser refroidir.
Terminer la préparation à l’aide d’une machine à glaces.
Faire cuir pour quelques minutes, dans une autre casserole, les 500g de fruits rouges congelés avec 100g de sucre. (Opération à effectuer avant de servir).

Ingrédients pour la crème anglaise :

  • 500 ml de lait
  • 4 jaunes d’oeuf
  • 100 g de sucre semoule
  • 1 gousse de vanille

Préparation :

Dans une casserole, faire bouillir le lait avec la gousse de vanille préalablement ouverte sur sa longueur
à l’ aide d’un pointe de couteau (fendue).
Blanchir les jaunes d’oeuf avec le sucre à l’aide d’une fouet.
Passer le lait au chinois (passoire) et fouetter avec les jaunes blanchis.
Faire bouillir le tout encore pour quelques minutes.
Laisser refroidir.
Sortir les pommes du congélateur environ 15 minutes avant de servir, selon la température ambiante.
Il faut que la pomme soit froide mais pas congelée et que la glace a l’intérieur soit ferme.
Déposez 1 à 2 cuillères de crème anglaise dans chaque assiette, la pomme au centre et tout suite
après les fruits rouges chauds.
Vous pouvez décorer l’assiette avec une feuille de mente fraîche et un saupoudrage de sucre semoule.
Servir immédiatement.
Et bonne appétit.

 
 
Clin d'oeil de la semaine du 17 novembre
 
Nouvel avion à Concordia !

Alors que le troisième DC3 venait d'atterrir à Dôme C et stationnait non loin des deux bâtiments de la Base pour être ravitailler en fuel par notre équipe technique, le Soleil nous a offert une jolie parhélie.

Texte : Zalpha Challita - Astronome DC4
Photo : Erick Bondoux - Astronome DC4
 
Clin d'oeil de la semaine du 10 novembre
 
Après plus de 9 mois d'isolement …

… le 08 novembre 2008 vers 14h15 (Concordia Time), le premier avion d'estivants s'est posé sur le sol blanc de Dôme C : un DC3, emmenant 14 personnes et des vivres frais, marquant les premières traces venant d'autres continents.

Texte : Zalpha Challita - Astronome DC4
Photo : Erick Bondoux - Astronome DC4

 
Clin d'oeil de la semaine du 3 novembre
 
La fin de l'histoire …

Très bientôt, l'équipe DC4 va devoir refermer le livre de son hivernage et laisser place à une aventure nouvelle, probablement tout aussi riche d'expériences et d'émotions.
Depuis le toit du bâtiment bruyant de la Station, un au revoir de l'équipe du 4e hivernage à Concordia au grand complet … probablement pas un adieu !

Texte : Zalpha Challita - Astronome DC4
Photo : L. Bonnardot - DC4
 
Clin d'oeil de la semaine du 27 octobre
 
Ménage de printemps à Concordia !


Entre déneigement, ménage et rangement, l'équipe du 4e hivernage s'apprête bientôt à accueillir la relève. Aucun recoin de Concordia ne sera épargné ! Sous un Soleil splendide, la petite troupe de DC4 part préparer le marquage des deux pistes d'avion présentes à Dôme C. D'une longueur de 800 m pour l'une à plus de 2 km pour l'autre, Twin Otter et DC3 pourront atterrir à Concordia.

Texte : Zalpha Challita - Astronome DC4
Photo : Erick Bondoux - Astronome DC4
 
Clin d'oeil de la semaine du 20 octobre
 
Un dernier clin d'œil à l'astronomie ...


Alors que la date du premier twin approche, alors que DC4 s'active à préparer Concordia pour les prochains hivernants, alors que le Soleil a pris possession des lieux … un dernier regard vers les points d'astronomie de Dôme C : sur cette photo prise depuis le toit alors que la pleine Lune perse un ciel voilé rendant de jolies couleurs pastelles, de gauche à droite, AstroConcordia, Cochise et Small Irait nous ont permis tout au long de cette année d'être un peu plus près des étoiles.

Texte et photo : Zalpha Challita - Astronome DC4
 
Clin d'oeil de la semaine du 13 octobre
 
L'été approche dans l'hémisphère Sud !

A moins d'un mois du premier avion qui marquera la fin de l'isolement de la quatrième équipe d'hivernants de Concordia, les équipes technique et scientifique s'activent jour après jour afin de préparer au mieux le début de la campagne d'été. Comme chaque année, le camp d'été situé à 500 m des bâtiments de la Station se remplira peu à peu d'estivants. Durant la construction de Concordia, ce camp était alors le seul lieu d'accueil. Comme dans la Base, il présente un hôpital entièrement aménagé en cas d'urgence.

Texte : Zalpha Challita - Astronome DC4
Photo : DC4 team
 
Clin d'oeil de la semaine du 6 octobre
 
Pizza party à Concordia !

Entre menus gastronomiques et menus à thèmes, certains samedis c'est pizza party'!
Rondes, carrées, fines, épaisses et garnitures au choix, Giorgio notre Chef s'active aux fourneaux de Concordia pour notre plus grand bonheur. Les parfums embaument déjà les couloirs de la Station rappelant aux gourmands que nous sommes que l'heure du dîner est proche !
Merci Giorgio de nous avoir fait découvrir tant de saveurs cette année d'hivernage.

Texte&Photo : Zalpha Challita - Astronome DC4
 
Clin d'oeil de la semaine du 29 septembre
 
Le jour se lève sur Dôme C …

… Et persiste ! Alors que l'équipe DC4 entre déjà dans son dernier mois d'hivernage, le Soleil descend de moins en moins bas laissant paraître une ligne plus claire et colorée sur l'horizon, durant la nuit. Alors que la nuit était maîtresse des lieux les semaines passées, c'est maintenant au tour de l'astre du jour de nous accompagner un peu plus chaque journée.
Bientôt, ce sera 24h/24 que le Soleil illuminera Concordia.

Texte : Zalpha Challita - Astronome DC4
Photo : Erick Bondoux - Astronome DC4
 
Clin d'oeil de la semaine du 22 septembre
 
Séance de Kass à Concordia !


Parmi les différents engins que compte Concordia, le Kassbohrer est tout aussi impressionnant. Contrairement à la chargeuse, il ne peut pas fonctionner en hiver à cause des températures beaucoup trop froides. Sébastien a profité du redoux des jours passés pour le réviser. Le vent, certes peu fréquent sur Dôme C mais parfois très intense, pouvant atteindre jusqu'à 17 m/s, déplace la neige et forme de grandes congères de neige qui ont tendance à obstruer l'accès des différents shelters scientifiques. C'est le rôle du Kassbohrer de les déneiger.

Texte & photo : Zalpha Challita - Astronome DC4.
 
Clin d'oeil de la semaine du 15 septembre
 
Clair de Lune …

Alors que le Soleil s'impose un peu plus jour après jour sur Dôme C, la Lune reste maîtresse d'une partie de la nuit. Quelques heures durant lesquelles son éclat illumine le sol blanc glacé d'un jaune pâle. Rappelons que la Lune, satellite naturel de notre planète Terre ne produit pas sa propre lumière mais ne fait que nous refléter celle du Soleil. Cette image est le résultat de plusieurs clichés pris depuis la plateforme AstroConcordia par un télescope de type Newton 300 et soumis ensuite à un traitement. On remarque que cette nuit la Lune n'était pas pleine, la partie non éclairée représente la lumière cendrée, constituée en quelque sorte du reflet de notre Terre. Son étude par spectroscopie permet par exemple de déterminer la présence et la quantité de chlorophylle sur Terre mais aussi, à plus long terme, sur des planètes hors de notre système solaire.

Texte : Zalpha Challita - Astronome DC4
Photo : Erick Bondoux & Zalpha Challita - Astronomes DC4

 
Clin d'oeil de la semaine du 8 septembre
 
Sur le billard de Concordia !

Très loin de l'idée du jeu que ce titre pourrait évoqué, c'est bien de la salle d'opération dont il est question ici ! Les conditions d'isolement que connaissent les hivernants de Concordia qui se résument en neuf mois consécutifs sans aucune possibilité d'évacuation impliquent la présence d'un bloc opératoire entièrement équipé et fonctionnel, en cas d'urgence. Durant, l'hiver les membres de l'équipe sont initiés, par le médecin, aux premiers secours et aux gestes opératoires afin de former une équipe médicale autonome en cas d'accident. Cette année, nous avons la chance de compter dans notre équipe Laurent et Roberto qui sont chirurgien et chirurgien anesthésiste.

Photo : Erick Bondoux - Astronome DC4
Texte : Zalpha Challita - Astronome DC4
 
Clin d'oeil de la semaine du 1er septembre
 
Carottage à Dôme C …

Nous retrouvons, cette semaine, notre ami Daniele, glaciologue de DC4. C'est à la fraîcheur du matin et profitant depuis quelques semaines de la lumière du Soleil déjà au-dessus de l'horizon qu'il part en direction de la « zone propre » mitoyenne de son shelter afin d'y effectuer plusieurs petits carottages de glace. Ces échantillons seront ensuite analysés au laboratoire situé dans le shelter mais aussi à la Base afin d'y déterminer leurs propriétés physiques et chimiques.

Texte : Zalpha Challita - Astronome DC4
Photo : Erick Bondoux - Astronome DC4
 
Clin d'oeil de la semaine du 25 août
 
Les couleurs du soir …

17h00 sonne à Concordia, il est temps pour les astronomes de la mission de sortir préparer les observations de la nuit. Le Soleil est maintenant suffisamment bas sous l'horizon pour laisser place aux milliers d'étoiles qui viendront étinceler le ciel de Dôme C mais quelques couleurs chaudes délimitent encore l'horizon. Derrière le télescope submillimétrique Cochise, les lampes du Mât Américain s'allument le temps d'un cliché sur l'expérience Givre ; sur la plateforme AstroConcordia, encore quelques réglages optiques et les observations pourront débuter.

Texte et photo : Zalpha Challita - Astronome DC4
 
Clin d'oeil de la semaine du 18 août
 
Soleil : le retour !!


A défaut de réchauffer nos corps, il réchauffa nos cœurs …
Alors que les treize hivernants de l'équipe du quatrième hivernage à Concordia sortaient peu à peu de la nuit, voici que l'astre du jour fit son apparition la semaine dernière. Pour la première fois depuis le 4 mai 2008, déjà, le Soleil repassa au-dessus de l'horizon glacé de Dôme C. Un spectacle riche en couleurs pour la plus grande joie de l'équipe mais avec un petit pincement au cœur des astronomes !

Texte : Zalpha Challita - Astronome DC4
Photo : Erick Bondoux - Astronome DC4
 
Clin d'oeil de la semaine du 11 août
 
Un continent de glace …


L'Antarctique ! … Aussi, il serait difficilement concevable de ne pas en profiter pour étudier cette glace. C'est pour cela qu'à Concordia la glaciologie fait partie des différents domaines scientifiques privilégiés. Au travers de ses études de chimie, notre jeune glacio s'appelle Daniele. Et c'est chaque jour qu'il part à 2 km de la base pour y prélever de la neige qui sera ensuite analysée, en particulier pour y déterminer la présence de divers éléments chimiques et leur quantité. Cette neige se trouve en « clean area » ou « zone propre », surface glacée où il est interdit de se déplacer justement dans le but de ne pas polluer les analyses.

Photo et texte : Zalpha Challita - Astronome DC4

  
Clin d'oeil de la semaine du 4 août
 
Nouvelle magie à Dôme C !


Minuit sonne sur Concordia, dans la nuit du 31 juillet au 1er août, une grande partie de l'équipe dort déjà. Qu'à cela ne tienne, à peine l'alerte donnée, c'est toute l'équipe DC4 qui se retrouve dehors par - 65°C. Les yeux et les appareils photos tournés vers la Voie Lactée, non loin une superbe aurore australe traverse la voûte céleste et pare la Station de son vert si particulier. Un moment de magie toujours aussi convoité quand on sait combien les aurores à Concordia sont peu fréquentes et peu intenses.

Photo : Erick Bondoux - Astronome DC4
Texte : Zalpha Challita - Astronome DC4
 
75°S - 123°E - Semaine du 20 au 27 juillet

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Dimanche 27 juillet 2008

Points d’intérêt de la semaine :

Daniele, un jeune toscan qui aime le froid

Les voeux de la Mid-Winter

Un échantillon des cartes reçues des
autre bases de l'Antarctique

 
Daniele, un jeune toscan qui aime le froid
 
La station de Concordia, reposant sur une masse de glace de plus de 3000 mètres d'épaisseur, attire une race de scientifiques bien particulière, les Glaciologues. Longtemps avant l'ouverture de la base, en 2005, des équipes se succédèrent durant les campagnes d'été sur ce site que nous appelions alors Dôme Charlie. C'est ainsi qu'en 2004 nos pionniers atteignirent la masse rocheuse, le projet EPICA (European Program for Ice Coring in Antarctica) arrivait à sa fin. Les carottes de glace furent envoyées dans différents laboratoires pour analyse et donnèrent un flot d'informations inestimables sur la climatologie de notre planète. Les particules d'air, et autres, prisonnières de cette glace permirent de retracer l'histoire de la Terre sur une période de
800 000 ans. Aujourd'hui c'est Daniele qui est en charge de la Glaciologie à Concordia. Bien sûr il ne fait pas de si importants carottages mais il travaille pour ces mêmes prestigieux laboratoires qui participèrent à l'épopée EPICA.
Notre jeune ami est né à Pistoia, en plein cœur de la Toscane, et y habite toujours. D'ailleurs il affiche en permanence une grande fierté d'appartenir à cette belle province italienne. Daniele est étudiant en Chimie, et s'il a choisi d'hiverner à Concordia c'est pour des raisons professionnelles mais aussi personnelles. Cette année parmi nous lui permettra d'accroître considérablement ses connaissances et de préparer sa thèse. Sur le plan personnel, il espère bien acquérir une certaine maturité.
Vivre des mois en milieu isolé et dans un univers hostile n'est pas une simple expérience, Daniele la vit très bien. Il aime l'environnement, le travail qu'il fait et l'équipe qui l'entoure. Pourtant son programme n'est pas de tout repos. Chaque jour, été comme hiver, il doit travailler à l'extérieur. Suivant un planning bien précis, il effectue des prélèvements d'air, d'aérosols ou bien des carottages de glace. Une partie de ces échantillons est analysée en temps réel, l'autre est conservée puis sera expédiée vers les laboratoires français et italiens à la première occasion.
S'il est très sérieux sur le plan professionnel, Daniele n'est pas pour autant dénué d'humour. Il n'est pas le dernier à plaisanter ou à faire des farces. C'est ainsi que lorsque nous lui avons proposé de l'offrir en cadeau d'anniversaire à Lucia, il n'a pas hésité une seconde. Il a même aidé à la réalisation de la boîte.
Nous apprécions beaucoup Daniele, il est un très bon compagnon d'hivernage. Il a la fougue de la jeunesse et nous aimons le taquiner avec la politique ou d'autres sujets brûlants. Après avoir exprimé ses opinions, avec tous les moyens de communication dont peut disposer un toscan, à savoir les mains et la bouche, en général Daniele finit de façon très théâtrale. A la commedia dell' arte.
Comme Patrick, Sébastien ou Erick, Daniele fait partie des équipes d'intervention. C'est donc équipé en pompier qu'il participe aux exercices ou qu'il intervient. Je n'ai jamais vu quelqu'un réagir aussi vite à une alarme. Dès le premier son de sirène il se précipite, tel Speedy Gonzales, vers les équipements situés dans la tour opposée à son laboratoire. Un conseil, ne soyez pas en travers de son chemin à ce moment là.
Daniele est aussi un sportif. Chaque jour il se rend à la salle de gym pour y pratiquer une bonne heure de stretching et autres exercices. Il aime courir mais son sport favori reste le football en salle, qu'il pratique. Bien évidemment, comme beaucoup d'italiens, il est aussi un grand amateur de football. Ne croyez pas pour autant qu'il y eut tension lors des derniers championnats. Bien qu'il parcourut la base drapé des couleurs italiennes, après que l'Italie eut battu la France, nous l'applaudîmes. Il faut avouer qu'il est le seul ici à s'intéresser à ce jeu. Et puis nous commençons à être habitués aux défaites face à nos amis transalpins.
Notre jeune compère est aussi un grand voyageur. Il a déjà parcouru une bonne partie de l'Europe avec ses meilleurs copains. Il aimerait, après avoir présenté sa thèse, continuer à travailler pour la recherche. Il n'écarte pas non plus l'éventualité d'un retour à Concordia. Pour une ou plusieurs campagnes d'été cette fois-ci. S'il a parfois la nostalgie de sa Toscane natale, il semble que son absence donne beaucoup de vague à l'âme à ses parents. Il n'en reste pas moins qu'ils sont très fiers de lui, et ils le peuvent. Daniele a vraiment sa place parmi nous, il est toujours volontaire et souriant. Autre aspect particulier de notre vedette du jour, il a un appétit d'ogre. D'ailleurs il fait un peu concurrence à Sébastien. Ce qui n'est pas pour déplaire à notre cuisinier Giorgio.
A l'issue de son séjour à Concordia, Daniele ne rentrera pas directement en Italie. Il a des projets de voyages. Il commencera vraisemblablement par visiter l'Australie et la Nouvelle-Zélande.
Au fait j'ai oublié de vous dire, Daniele est célibataire. N'hésitez pas à le contacter!
En attendant je suis très content de l'avoir dans mon équipe. Il ne me reste plus qu'à lui souhaiter bonne chance pour la suite.
Merci à toi Daniele.
 

Comment contacter Daniele: daniele.frosini@concordiabase.eu

 

Les voeux de la Mid-Winter
 
                                                    
Sacrifiant à la tradition, nous avons envoyé nos vœux à toutes les bases antarctiques et subantarctiques ouvertes à l'hivernage. Les réponses ne se firent pas attendre et c'est ainsi que nous reçûmes une avalanche de cartes de la part de nos collègues des autres bases. Comme d'habitude les australiens, les argentins et les néo-zélandais ont été les premiers à répondre. La station indienne, les bases russes et ukrainiennes sont restées muettes. Quand à la Chine le message de retour fut le suivant:
Sorry, you are not authorized to send email! (No comment!)
Nous avons décidé de vous faire partager cette correspondance, du moins une petite partie. Les Directions de l'IPEV et du PNRA ne nous ont pas oubliés, ni même le service médical des T.A.A.F. Nous tenons également à remercier certains particuliers pour leur soutien. Je pense notamment à Dimitri Torterat. La carte de l'Antarctique vous aidera à situer les stations. Elles n'apparaissent malheureusement pas toutes.
Bonne lecture et à bientôt
                                                    
 
 
Clin d'oeil de la semaine du 28 juillet
Les sciences de l'atmosphère à Concordia …

Nous voici près du Shelter Caro. Situé à environ 700 m de la Base Concordia, le Shelter Caro abrite entre-autre une expérience sur l'analyse des radiations solaires, le but étant d'étudier leurs effets sur la glace du continent Antarctique à haute altitude (3233 m pour Concordia). C'est Riccardo, notre « météo » qui est en charge de cette expérience. Il a, par ailleurs, doté ce Shelter d'une petite lampe rouge clignotante, un repère très utile dans la nuit noir sur Dôme C !

Photo et texte
: Zalpha Challita - Astronome DC4
Clin d'oeil de la semaine du 21 juillet
Le jour se lève …

Le jour se lève sur Concordia. Bien que le Soleil soit encore situé bien bas sous l'horizon, les hivernants profitent depuis quelques jours de plusieurs heures de clarté aux alentours de midi qui facilitent un peu leur travail en extérieur. Des couleurs chaudes d'un ton pastel font un peu oublier le froid intense et dur de Dôme C. Elles se reflètent sur les deux bâtiments de Concordia et rappellent que, perdue au milieu de l'Antarctique, de la vie s'adonne à la science et à la technique.

Photo : DC4 team
Texte : Zalpha Challita - Astronome DC4
 
Clin d'oeil de la semaine du 15 juillet
 
 

A Concordia, une astronomie givrée !

Malgré un taux de précipitations très faible à Dôme C, les conditions de températures variables et très en dessous de O°C font que la neige et plus particulièrement le givre recouvrent assez régulièrement les instruments situés à l'extérieur. En astronomie, c'est d'ailleurs un réel souci car empêchent parfois la prise convenable de clichés. Pour l'instant, ce sont les hivernants qui sont chargés manuellement de ôter cette couverture blanche qui se forme directement sur les diverses surfaces. Mais, actuellement, différents programmes scientifiques sont voués à l'étude de la formation de ce givre et les moyens de chauffage autonomes et automatiques permettant de prévenir tout dépôt. Certaines méthodes sont également en test directement sur des instruments d'astronomie.

Photo : Erick Bondoux - Astronome DC4
Texte : Zalpha Challita - Astronome DC4

 

 
Clin d'oeil de la semaine du 7 juillet
 
 

Les fameux McDonald's de Concordia !

Très loin de l'idée de la restauration rapide que ferait évoquer le titre … bienvenu sur la plateforme AstroConcordia où différents instruments du programme français d'astronomie observationnelle à Concordia sont actuellement en fonctionnement. Cette plateforme fut rendue célèbre par ses deux structures de bois surnommées, ici, les McDonald's à cause de leur forme en M. Chacune accueille un instrument à 5 m d'altitude. L'un, ne fonctionnant qu'en été, est dédié à l'étude de la pureté du bleu du ciel dans l'objectif de l'installation future d'un coronographe. L'autre poursuit l'évaluation de la qualité du site Dôme C pour l'observation en astronomie et a particulièrement permis de montrer une turbulence atmosphérique bien plus faible à 5 m d'altitude qu'au sol.
Au centre, le shelter « astro » contenant informatique et électronique propre à chaque autre manipe ainsi que de quoi de se réchauffer, se reposer et … se rassasier !

Photo : Erick Bondoux - Astronome DC4
Texte : Zalpha Challita - Astronome DC4

 

 
Clin d'oeil de la semaine du 30 juin
 
La piscine privée de Concordia !

Intermédiaire entre la chargeuse et le système de traitement des eaux de la Station : voici le fameux fondoir. Comme son nom l'indique, il va permettre la fonte de 3 à 4 m3 de neige propre en chauffant celle-ci jusqu'à 40°C. C'est une opération qui est loin d'être des plus simples que mènent Patrick, Sébastien et Fabrizio chaque semaine. En effet, avant d'y introduire une neige propre, il faut nettoyer le fondoir et, en particulier, récupérer le filtre qui aura piégé une petite quantité de micrométéorites, intérêt du Muséum d'Histoire Naturelle de Paris. Le sport et la bonne humeur étant des ingrédients propices à un bon hivernage, parfois le fondoir se transforme en piscine pour accueillir concordiens et concordiennes … le corps à +40°C et la tête à -70°C … une expérience à faire !

Photo : Erick Bondoux - Astronome DC4
Texte : Zalpha Challita - Astronome DC4
 
Clin d'oeil de la semaine du 23 juin
 
Un envol à Dôme C …


Rendez-vous quotidien de notre météorologue italien cette année, Riccardo lâchera son ballon-sonde à 19h30 précise, quelque soit le jour ou les conditions météorologiques. Ce ballon d'Hélium est très fragile et peut facilement éclater. Une fois gonflé, il doit être manié avec délicatesse. Il permettra de porter dans le ciel de Dôme C une sonde météo sur plusieurs dizaines de kilomètres et jusqu'à 25 km d'altitude. La sonde émettra des données récoltées le long de son parcours dans le but d'établir un profil et différents paramètres de la turbulence atmosphérique du ciel de Dôme C.

Photo : Laurent Bonnardot - DC4
Texte : Zalpha Challita - Astronome DC4
 
Clin d'oeil de la semaine du 16 juin
 

De gauche à droite : Laurent Fromont, Zalpha Challita & Erick Bondoux en visite lors d’une opération de maintenance
 

Aux frontières du réel…

Ces magnifiques couleurs qui nous immergent dans un autre monde, sont en fait celles qui illuminent le couloir de glace menant à la cave de sismologie. Ce domaine scientifique fait aussi l’objet d’une étude à Dôme C et permet ainsi d’étendre le réseau de détection dans le but de déterminer l’épicentre d’un éventuel séisme mais aussi d’apporter de nouvelles données dans la compréhension de la formation des continents. C’est Jean-François qui, cette année, en a la charge. Située à un peu plus d’1 km de la station Concordia, une petite promenade s’impose pour atteindre la cave. Elle débute par ce couloir incroyablement bleuté où les gravures sur ses parois de glace relatent son passé puis se poursuit par une descente de presque 12 m sous la surface. C’est là que les différents capteurs sont posés, loin de la surface et des diverses activités de la station dont les vibrations pourraient altérer les résultats.

Photo : Erick Bondoux – Astronome DC4
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Texte : Zalpha Challita – Astronome DC4

 

 

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Dimanche 8 juin 2008

Points d’intérêt de la semaine :

Sébastien, garagiste de l'extrême

Audioconférence avec un lycée d'Ussel

Clichés

 
Sébastien, garagiste de l’extrême
 
 

Pour clore la présentation du personnel technique de la base, je me devais de finir par le benjamin de l’équipe, en l’occurrence Sébastien. Ne faites pas fausse route et n’en dressez pas hâtivement un portrait de petit garçon réservé ou d’apprenti pubère. Laissez-moi apporter, au risque de vous décevoir ou de vous émerveiller, quelques détails intéressants quant à la personnalité de notre compère.

Bien qu’étant le plus jeune du service, il a déjà un hivernage à Dumont d’Urville à son actif. En fait Sébastien est un grand gaillard, enjoué et prompt lui aussi à l’humour. Originaire de la région parisienne, il se passionne très tôt pour l’aventure, les voyages et la glace. Celle qui se mange, comme celle sur laquelle on glisse. Toutefois n’allez surtout pas l’imaginer sur des patins revêtu d’une tenue près du corps et s’évertuant à danser sur de la musique classique. Non ! pas de danse du cygne, donc, pour Sébastien. Lorsqu’il rentre sur une patinoire, c’est équipé d’une crosse et d’un casque. Il faut dire que l’ambiance dans les tribunes est plus digne de Mad-Max que de Bambi. Vous l’aviez tous deviné, Seb, comme nous l’appelons ici, est hockeyeur. Il y a un autre hobby que le père et le fils partagent, c’est la voile.

Autre trait particulier le concernant, Sébastien mange de tout et en très grande quantité, excepté ce qui vient de la mer. Seb vit toujours chez ses parents et, faisant allusion au film, se qualifie lui-même de Tanguy. Petite précision, nous ne parlons pas ici des Chevaliers du ciel.

Avec un tel appétit je soupçonne Joëlle, sa mère, d’avoir encouragé son fils à hiverner une fois de plus pour faire des économies. Il faut dire que, jusqu’au mois de décembre, la seule personne que j’avais vu manger une telle quantité de pâtes chaque jour, c’était mon neveu Fabien.

 

 
 

Mais que fait Sébastien quand il ne mange pas ?
Sur le plan professionnel, ce ne sont pas les activités qui manquent. Durant la campagne d’été, de novembre à fin janvier, il est responsable du parc de véhicules. Cela englobe les engins de chantier et les véhicules de transport en passant par les skidoos. Au début du mois de février, le parc automobile
est protégé et mis en hivernage à l’exception de ce que nous appelons la chargeuse. A partir de cette époque, Sébastien réintègre l’équipe technique aidant à l’entretien de la base et au support des programmes scientifiques. La chargeuse sert au remplissage du fondoir qui nous assure une production d’eau douce. Lorsque le niveau de ce précieux liquide est trop bas, Seb prend la direction des opérations. Il va extraire la neige dans une zone prévue à cet effet et s’assure que le niveau des cuves est satisfaisant. L’engin sert également à l’entretien de la piste d’atterrissage, malmenée l’hiver. Après les bourrasques, une reconnaissance est faite et, si besoin, un damage est effectué. Cela évite un travail énorme de remise en état de la piste avant l’arrivée du premier avion, en novembre. J’apprécie beaucoup la disponibilité de Sébastien et le travail qu’il fait ici.

Notre TAS local (diable de Tasmanie immortalisé par Tex Avery) n’excelle pas que dans l’art de la fourchette; il est aussi très joueur. C’est ainsi qu’au mois de mai, alors que nous célébrions son anniversaire, nous comprimes que nous venions d’être tous mystifiés. Giorgio avait pour la circonstance préparé un excellent repas et un succulent dessert. Après avoir coupé le gâteau , versé le champagne et reçu les cadeaux, Seb nous présenta sa carte d’identité. En fait il était né une semaine plus tard. Pour la petite histoire, Giorgio prépara un autre délice dont il a le secret le jour de la date officielle. Inutile de dire que tout ceci n’engendre pas la mélancolie et que nous apprécions Sébastien pour son humour, sa bonne humeur et sa jovialité.

 

 
En dehors de son côté farceur, il a quelques dispositions pour la vidéo. Il combine à merveille images, effets et musique. Sa dernière création est d’ailleurs projetée en avant première en Italie lors des visioconférences. C’est une bonne présentation de la mission DC4 à Concordia.

Vous pouvez en avoir un aperçu en visitant son blog. C’est Amandine, sa petite amie que je salue au passage, qui gère les mises à jour. Ce site est très intéressant, je vous le recommande. Vous y retrouverez non seulement des personnages fort sympathiques, des photos, des vidéos mais aussi un forum. Amandine et Sébastien veulent faire partager leur expérience.

Vient maintenant la question fatidique. Lorsque je demande à Seb s’il aimerait revenir en hivernage, il laisse échapper un petit sourire qui en dit long. En fait tout dépend d’Amandine qui a laissé partir Sébastien deux fois de suite

 

L’avenir est plein de projets, à commencer par un tour du monde en couple. L’idée est assez peu banale puisqu’il s’agit d’un tour du monde en 80 villes. Ils ne sont pas encore fixés sur le parcours exact puisqu’une dizaine d’escales reste à déterminer. Sébastien aurait aimé faire ce petit périple par voie maritime, malheureusement Amandine ne partage pas sa passion pour la voile. En attendant ils se rejoindront certainement à Hobart qui sera probablement le point de départ de ce voyage.

Avant de refermer ce chapitre, je tiens à remercier Amandine d’avoir bien voulu laisser Sébastien rejoindre la 4ème mission à Concordia. Je salue également Joëlle et Gérard qui doivent avoir fait pas mal d’économies cette année encore.

Enfin je souhaite bonne chance pour la suite à notre héro de la semaine. Merci à toi Seb !

 

 
 

C’est dans le cadre d’une rencontre francoallemande que Monsieur Michel Labat, professeur de Mathématiques au lycée Bernart de Ventadour à Ussel, me contacta le 23 mai par email.

La municipalité d’Ussel désirait organiser, le vendredi 30 mai, une audioconférence entre la station de Concordia et le lycée.
Outre la présence de deux députés européens, du Maire d’Ussel et de M. Samuel Etienne de l’université de Clermont-Ferrand, 450 à 500 élèves devaient participer à cet évènement. Afin de procéder à des essais de ligne, nous convenions d’un rendez-vous téléphonique.
Michel Labat désirait également projeter un diaporama sur la base et des photos des membres de la mission. Il put trouver tout cela sur le site de l’IPEV. Je lui fis malgré tout parvenir le film de Sébastien qui sert aux visioconférences avec l’Italie.
Le jour de la conférence nous nous réunissions à la salle radio, lieu le mieux approprié de la base pour ce genre d’évènement (les visioconférences se font au salon). Après quelques tentatives infructueuses, en raison du signal satellite, nous pûmes enfin établir le contact. C’est avec un grand intérêt que l’équipe se prêta à la curiosité de ses interlocuteurs.

Un grand merci à la municipalité d’Ussel ainsi qu’au lycée Bernart Ventadour. Tous nos voeux de réussite accompagnent les élèves de première et de terminale qui s’apprêtent à passer les épreuves du Baccalauréat.

 

 
Clichés
 
Première aurore australe au dessus de la station Concordia.
Même si elle ne fut pas d’une forte intensité, elle suscita la curiosité.
Lune rousse
 
Comment contacter Sébastien: sebastien.denamur@concordiabase.eu
http://www.concordia2008.net
http://concordia2008.blog4ever.com
 
Clin d'oeil de la semaine du 9 juin 2008
 

Une mission pour l’espace…

Perdue au milieu de l’Antarctique, la situation de Concordia est souvent comparée à une station spatiale. C’est, par exemple, pour cette raison que l’Agence Spatiale Européenne (ESA) a doté notre base d’un système de traitement des eaux dites grises (provenant de la cuisine et des douches) dont Fabrizio, notre plombier, veille au bon fonctionnement. Ce système, mis en place en 2005, permet de recycler 80% des eaux grises et les améliorations apportées au fur et à mesure des hivernages permettront, dans le futur, d’équiper de nouvelles stations dans l’espace mais également des missions habitées vers Mars.

Photo : Zalpha Challita / Erick Bondoux – Astronomes DC4
Texte : Zalpha Challita – Astronome DC4

 

 
Clin d'oeil de la semaine du 2 juin 2008
 

La magie du ciel …

Première aurore australe observée par l’équipe du 4e hivernage à Concordia.

Un spectacle magnifique, que nous a offert il y a quelques jours le ciel de Dôme C, issu de la rencontre et le choc des particules du vent solaire avec la haute atmosphère terrestre. A proximité de notre majestueuse Voie Lactée, sa couleur verte provenant de la présence d’atomes d’oxygène traversait de part en part le ciel, passant au-dessus de la station. Soulignons que Concordia, loin du pôle Sud magnétique, n’est pas située dans une zone à aurores fréquentes telle Dumont d’Urville.

Photos : Erick Bondoux/Zalpha Challita – Astronomes DC4
Texte : Zalpha Challita – Astronome DC4

 

 
Clin d'oeil de la semaine du 29 mai 2008
 

Dans la famille IRAIT, je demande le petit frère…

Small IRAIT est un télescope de 250 mm destiné à la photométrie d’étoiles variables, c’est-à-dire l’étude de la luminosité (variable justement) reçue de ces étoiles dans le but de découvrir certaines de leurs caractéristiques physiques. Situé à 500 m de la base, un abri appelé Shelter Brain, du nom d’un projet antécédent de cosmologie, accueille toute l’informatique et l’électronique nécessaires au fonctionnement du télescope. C’est aussi un abri chaud pour les astronomes qui y travaillent. Par la suite, Small IRAIT sera rejoint par son grand frère IRAIT, un 800 mm spécialisé dans l’observation InfraRouge.
IRAIT signifie Infra-Red Antarctic Italian Telescope, c’est un programme d’astronomie italien.

Photo : Erick Bondoux – Astronome DC4
Texte : Zalpha Challita – Astronome DC4

 

 

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Dimanche 18 mai 2008

Points d’intérêt de la semaine :

Lucia, du Forum au Dôme

Le Chef nous dévoile ses secrets

Cliché

 
Lucia, du Forum au Dôme
 
Lucia est née à Rome et habite Dragona, petite ville située à une dizaine de kilomètres de la capitale italienne. A l’exception de quelques mois passés en Espagne puis en Angleterre, dans le cadre de ses études, notre jeune amie ne s’était guère éloignée des côtes italiennes. C’est, il y a cinq ans, qu’elle fait connaissance pour la première fois avec le continent antarctique. Elle participe, dans le cadre d’un programme scientifique, à une campagne d’été sur la base de Mario Zucchelli. Depuis elle revient chaque année pour ce même projet.

C’est ainsi qu’elle a déjà à son actif deux campagnes sur la base italienne et une à Concordia.
Son second séjour à Dôme C sera par contre plus long. Lucia est en effet l’une des deux représentantes de la gent féminine durant l’hivernage.

Elle est chargée du programme italien d’Astronomie et prépare une thèse dans ce domaine. Thèse qu’elle présentera à son retour à Rome.

Lorsque je l’interroge sur son expérience parmi nous et la façon dont elle vit sa mission, la réponse est sans équivoque. Elle me déclare qu’elle aime son travail et cet endroit, comprenez l’Antarctique. Bien qu’étant habituée à un éloignement et à un isolement total, elle trouve que l’hivernage est une période difficile à vivre. Il est vrai que les trois à quatre mois d’une campagne d’été, période la plus agréable, n’ont rien à voir avec la rudesse d’un hiver. Sa crainte, avant de commencer cette mission, fut d’avoir une petite défaillance au niveau moral. En fait tout va plutôt très bien sur ce plan. Elle m’avoue que le plus difficile c’est le travail qu’il faut effectuer dans des conditions parfois extrêmes. En effet les températures descendent largement en dessous de –75°C et atteignent fréquemment –82°C en hiver.
Il faut malgré tout assurer sa mission et surtout réparer le matériel lorsqu’il est en panne ou qu’il casse. Cela arrive très souvent, surtout durant la nuit polaire. Le froid ne permet jamais de rester plus de cinq minutes sans gant, il faut se réchauffer rapidement.

Ce qui est réparable en quelques minutes peut prendre des heures à Concordia. Nous avons tous notre lot d’ennuis et nous entraidons continuellement. Le Service Technique est d’ailleurs toujours en première ligne. Lucia est responsable de la bonne marche de quelques expériences dans le domaine de l’Astronomie.

Pour mener à bien ces études très particulières, elle dispose de deux télescopes qui sont eux-mêmes des prototypes. Avec toutes ces expérimentations technologiques, le taux de pannes n’est pas négligeable. Ce qui fonctionnait à peu près correctement durant l’été a parfois du mal à supporter les conditions hivernales. Malgré toutes ces difficultés Lucia affirme que c’est une excellente expérience et renchérie en disant qu’elle ne regrette absolument rien, au contraire.
Je pousse un peu plus loin mon investigation et lui demande si elle serait prête à revenir. Là aussi il n’y a pas d’ambigüité, la réponse est « bien sûr ». Le seul problème c’est Mario, le fiancé. Effectivement Lucia doit se marier prochainement. Alors elle reviendra sûrement mais en campagne d’été cette fois-ci.

Quand elle n’est pas en Antarctique, Lucia est à l’Université à Rome. Elle y poursuit ses études et assiste son Maître de conférences. Elle encadre également les étudiants et apprécie beaucoup ce contact. Après avoir passé sa thèse, elle aimerait continuer à travailler pour la recherche. Apparemment les positions ne sont pas légion et peu aisées à obtenir. Alors elle s’orientera probablement vers l’industrie ou l’enseignement.

Lucia est une très bonne collègue d’hivernage, nous l’apprécions beaucoup. Tout comme nous, elle adore l’humour et le pratique fréquemment. Elle apprend le français et commence à manier la langue de Voltaire avec une certaine dextérité. Le tout avec un petit accent italien qui donne beaucoup de charme à ses phrases.
A l’issue de l’hivernage Lucia a des projets de voyage, avec Mario évidemment. Elle compte bien visiter la Nouvelle-Zélande et l’Australie. Après cette visite aux pays des kangourous et des kiwis, elle ne rentrera pas directement en Italie. Elle passera probablement quelques jours sur une île.
Le choix n’est pas encore arrêté, il s’agira de la Nouvelle Calédonie ou de Vanuatu. Ensuite il faudra penser à la thèse.

Merci à toi Lucia et bonne chance
 
Le Chef nous dévoile ses secrets
 
Souvenez-vous il y a quelques semaines je vous présentais notre Chef. Giorgio nous gâte tellement que j’ai décidé, en accord avec lui, de vous livrer de temps à autres quelques uns de ses secrets. La recette ayant retenu mon attention cette semaine est l’agneau à la croûte de pistache.
 

Ingrédients:

1 Kg de côtes d’agneau

250g de pistaches d’Iran

Herbes de Provence

3 gousses d’ail

3 oeufs

500 ml de lait

Farine type 00

100g de chapelure

Sel et poivre
 

 

Préparation:

Mélanger le lait et les oeufs

Mettre la farine dans un plat

Mixer les pistaches , les herbes, le sel, le poivre et la chapelure

Paner les morceaux d’agneau à l’anglaise:

1– Passer l’agneau dans la farine

2– Plonger les morceaux d’agneau dans le mélange lait/oeufs

3– Paner avec la mixture de pistaches

Passer au four à 200°C durant 14 minutes.

Servir avec des pommes rissolées et un coulis de tomates.

 

La recette est simple mais le résultat n’en n’est pas moins succulent. Amis épicuriens à vos fourchettes.
Si vous désirez quelques conseils, n’hésitez pas à contacter Giorgio.
 
Cliché
 
Nihil sine Sole disaient les Romains. Pourtant l’absence du soleil au dessus de Concordia n’enlève rien à la beauté des lieux. La Lune nous dévoile ses charmes et nous laisse pantois devant le spectacle qu’elle nous offre.
Merci à Laurent d’avoir immortalisé cette scène.
 
Comment contacter Lucia: Lucia.sabbatini@concordiabase.eu
 
Clin d'oeil de la semaine
 
Un beau jouet !

Voici la chargeuse. Seul véhicule capable de fonctionner durant l'hivernage, cette année c'est Sébastien, notre mécanicien au pilotage sur la photo, qui est aux petits soins de ce beau bébé de 14 tonnes. Des petits soins il en faut car de cet engin dépend la survie de la base. En effet, il permet chaque semaine de charger 3 à 4 m3 de neige dans le fondoir et ainsi d'apporter les 20% manquant d'eau potable nouvelle au cycle de traitement des eaux de la station Concordia. Mais le froid intense de Dôme C ne l'épargne pas non plus ! Et c'est presque quotidiennement que de la maintenance est nécessaire.

Photo : Erick Bondoux - Astronome DC4
Texte : Zalpha Challita - Astronome DC4
 
Clin d'oeil de la semaine
 
Une vue imprenable …

A Concordia aussi, nous avons nos petits monuments à nous. Bienvenue au Mât Américain.
A 1 km de la Base, tout en métal couleur argent, du haut de ses 45 m une autre vision de DômeC s'offre aux hivernants : une immensité plate, blanche et incroyablement silencieuse.
Ce mât dédié à la science accueille aujourd'hui différents programmes scientifiques dédiés par exemple à la mesure précise du vent à certaines altitudes ou encore à l'étude de la formation de givre sur certains matériaux dont l'intérêt, en astronomie, est de palier au givre formé sur les télescopes. Près de cette tour, un abri regroupe les installations électriques et informatiques nécessaires au bon fonctionnement des installations scientifiques et permet surtout aux hivernants une pause chauffée entre leurs divers opérations en plein vent.

Photo : Eric Fossat. On constate sur cette photo quelques uns des morceaux de structure du mât, ces derniers ont été installés durant la campagne d'été 2007-2008 et terminent ses 45 m de hauteur.

Texte : Zalpha Challita - Astronome DC4
 

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Dimanche 4 mai 2008

Points d’intérêt de la semaine :

Patrick, un marin hors du commun

Cours de secourisme en Antarctique

Quelques clichés

 
Patrick, un Marin hors du commun
 
Un Marin avez-vous dit ? Je vous imagine déjà cherchant désespérément le port de Concordia sur une carte. Inutile de perdre votre temps. Nous sommes à 1200 Km de la côte la plus proche et à 3233m d’altitude à l’intérieur du continent Antarctique. Non, Patrick n’a pas fait d’erreur de navigation et son GPS fonctionne très bien. Pourtant notre responsable du Service Technique est bien Officier de la Marine Marchande. Laissez-moi maintenant satisfaire votre curiosité en vous révélant ce qui a attiré ce baroudeur des mers dans un endroit aussi reculé et isolé que Dôme C (nom du site). Après avoir passé cinq années à suivre les études, la construction et les essais du navire de recherche océanographique le « Pourquoi Pas ?», Patrick eut envie de faire autre chose. Connaissant l’Arctique pour avoir navigué sur le PolarStern, son intérêt s’est naturellement porté sur l’Antarctique.

C’est aussi parce que le continent blanc est quasiment inaccessible aux navires ; du moins ce n’est pas une route maritime. Autre motivation, l’Antarctique restait un des seuls endroits au monde où Patrick n’était jamais allé. Il aurait aimé avoir un poste à Dumont d’Urville, le sort en a décidé autrement. La raison qu’il invoque est la présence de nos amis les manchots et le paysage. N’étant pas dupe, je sais qu’en réalité il s’agit de la peur de la nostalgie du grand large. Ne dit-on pas qu’éloigner un Marin de l’océan, c’est l’éloigner de sa maîtresse.

Rassurez-vous, il est très heureux d’être parmi nous et ne regrette rien.

Patrick est marié et père de deux filles. L’aînée, Kinnie, prénom d’origine irlandaise, a 9 ans. La cadette, Swann, est quant à elle âgée de 5 ans. Je l’interroge donc naturellement sur la façon dont sa famille et lui-même vivent cet éloignement. Vous savez certainement que l’absence du père, dans une famille de Marin, fait partie de la vie quotidienne. La seule différence est la durée qui de quatre mois maximum passera à une année. A priori Stéphanie, l’épouse de Patrick, et les enfants le vivent très bien.
Patrick est un amoureux de la Norvège. Il y a vécu durant plusieurs années avec sa famille. Il ne s’est rapproché de la France que récemment pour la construction du « Pourquoi Pas ?».
La vie de Patrick à Concordia n’est pas de tout repos. Les quatre moteurs, dont il a la charge, demandent beaucoup d’entretien et d’attention. Mais son domaine d’activités ne se borne pas à la distribution d’énergie. Il est aussi, avec notre plombier Fabrizio, chargé du bon fonctionnement du système de retraitement des eaux. Pour cela il a suivi une formation en France avant de nous rejoindre. Patrick doit, avec son équipe, répondre aux besoins des programmes scientifiques et faire rapidement face aux problèmes techniques.

Une panne de moteur, un arrêt du chauffage ou bien un dysfonctionnement dans la distribution de l’énergie ne souffrent aucun délai d’intervention. Ils peuvent avoir, vous vous en doutez, des conséquences très graves. Ce que j’apprécie énormément chez Patrick, hormis son professionnalisme, c’est sa rigueur, son calme et sa disponibilité.

Lors des exercices, ou en cas d’incendie, notre ami devient responsable des équipes d’intervention. C’est un rôle avec lequel il est familier puisqu’en plus d’être Marin, il a été pompier bénévole.
En dehors du travail, Patrick est un excellent compagnon d’hivernage.

Comme pour moi-même, l’humour tient une place importante chez lui. Il n’est pas rare de le voir soudainement pris d’un fou rire rien qu’en pensant à quelque chose de comique. Fou rire qu’il nous communique d’ailleurs rapidement.

Durant ses loisirs Patrick entretient une correspondance avec l’école Jean Jaurès de Nantes. Il s’agit de répondre, par email, à la curiosité des élèves. Á en juger par le
temps qu’il y consacre, les questions ne doivent pas manquer.

Vient maintenant le moment de la question finale, à savoir Patrick es-tu intéressé par un autre hivernage?

Avec spontanéité il me répond « Sans aucun problème à condition que l’ensemble du projet Melissa soit monté ».
Sans m’étendre sur le sujet, je dois vous expliquer que ce projet de l’ESA concerne le système de retraitement des eaux. Ce système devrait être, dans sa phase finale, identique à celui qui sera embarqué sur les futurs vaisseaux spatiaux. Ces mêmes vaisseaux qui mèneront un jour l’homme sur Mars. Melissa c’est aussi la production d’algues à haut pouvoir nutritionnel qui doivent permettre au genre humain de survivre dans l’espace.
Côté avenir, les projets sont abondants. Patrick, dans un premier temps, aimerait faire de l’ingénierie à l’ESA. Ensuite il aimerait participer à la construction de la future base Sud Coréenne qui, comme Concordia, sera située en plein coeur du continent antarctique. Enfin, et il s’y prépare assidûment, il veut être l’un des prochains astronautes français. Pour cela,
il prend des cours de Russe et a commencé un entrainement physique quotidien draconien.

Avant de clore notre interview, je tiens à remercier Stéphanie, Kinnie et Swann d’avoir permis à Patrick de faire partie de la quatrième mission à Concordia. Quant à moi je suis très heureux d’avoir Patrick comme responsable du Service Technique. Un grand merci à toi et bonne chance!
 
Cours de secourisme en Antarctique
 
Le soleil ayant pratiquement totalement disparu, nos médecins ont décidé d’entamer le cycle de formation au secourisme. C’est ainsi que le premier cours fut dispensé, ce jeudi, dans une ambiance bon enfant.

La première heure fut, comme il se doit, consacrée à la partie théorique. L’équipe médicale préféra le salon, plus convivial, à la salle vidéo pour cette première séance. Nos deux compères n’ont pas lésiné sur les moyens, écran géant et présentation PowerPoint. Nous nous crûmes transportés, pour quelques instants, à la faculté de médecine. Après une partie théorique très bien documentée, vint l’heure de la pratique. Tous les hivernants répétèrent bien volontiers tous les gestes qui venaient de leur être enseignés. Ils se prêtèrent à tour de rôle à ce jeu, tantôt comme victime, tantôt comme secouriste.

Prochain rendez-vous la semaine prochaine. Le but étant de former le personnel à la pratique en bloc opératoire, les prochaines séances devraient être intensives.
 
Á peine s’est-il levé que notre Seigneur l’astre Solaire doit céder sa place à Madame la Lune pour bientôt s’effacer totalement durant quelques mois.
 
Comment contacter Patrick : patrick.leroy@concordiabase.eu
 
Clin d'oeil de la semaine
 
Le soleil a disparu pour environ 3 mois ce 4 mai. Par effet de réfraction, son image est encore parfois visible quelques jours. Place maintenant à la nuit polaire et aux observations de la lune, de Jupiter et des objets du ciel profond.
Une nuit permanente et unique permettant plusieurs journées durant de suivre le même astre. Un paradis pour les astronomes, un bonheur pour nos compagnons d’hivernage de découvrir parfois pour la première fois, ce spectacle fabuleux juste pour le plaisir...

Texte et photo : Erick Bondoux
 

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Dimanche 27 avril 2008

Points d’intérêt de la semaine :

Laurent, de la Bretagne à l’Antarctique

Anniversaires à Concordia

Quelques clichés

 
Laurent, de la Bretagne à l’Antarctique
 
Une base scientifique, au fin fond du continent antarctique, ne peut fonctionner, vous vous en doutez, uniquement avec des scientifiques. Les artisans de la réussite des programmes de recherche et de la bonne marche de la station appartiennent au Service Technique. Ils sont électricien, mécanicien ou plombier et mettent tout en oeuvre pour assurer la continuité dans nos programmes. Pourtant personne ne parle d’eux dans les revues scientifiques ; ils sont en quelque sorte les travailleurs de l’ombre. J’ai décidé cette semaine de vous présenter Laurent, il est l’un d’eux. Laurent a une vie agréable, une petite famille qui l’aime et un travail intéressant. Pourtant il s’est lancé dans une aventure qui le mènera loin des siens pour plus d’une année.
Il est marié et père de trois charmants enfants. L’aînée Maëlle, 10 ans, et son frère Mathis, 9 ans, sont scolarisés à Sainte Marie de Geveze, dans la banlieue rennaise. Le dernier Ewen, 2 ans, les y rejoindra dès que possible. Laurent travaille depuis trois ans comme électricien au laboratoire U.M.R.S.T.L.O. (Unité Mixte de Recherche de la Science et Technologie du Lait et de l’ OEuf) de l’INRA. Je lui demande donc naturellement pourquoi il nous a rejoint et comment sa famille vit cet éloignement.
Cet appel du large n’est pas récent, l’envie de faire autre chose a toujours hanté son esprit. Laurent n’était pas spécialement attiré par l’Antarctique mais il ressentait le besoin de partir ailleurs, n’importe où à condition qu’il n’y fasse pas trop chaud. Il ne pouvait pas rêver mieux que Concordia. Cette aventure il ne pouvait la vivre qu’avec le consentement de Fabienne, son épouse, et celui de ses enfants. Tous ont accepté ce sacrifice, comprenant probablement combien il était important pour Laurent de vivre sa passion. Je lui demande alors comment, lui, il vit cette expérience. Cela commence par quelque chose d’incroyable puisque Laurent n’avait jamais quitté la France avant ce défit. Jamais il n’avait pris un long-courrier, jamais il n’avait pris le bateau et jamais il n’avait voyagé en hélicoptère. Là aussi il fut comblé car après 24 heures d’avion qui le menaient à Hobart, il enchaina par 6 jours de mer et un débarquement en hélicoptère vers Dumont d’Urville.
Laurent se sent bien dans cet environnement, il aime le froid et le travail en extérieur. Il aime les challenges et est venu pour faire des choses nouvelles. Il apprécie d’être en compagnie de gens rigoureux dans leur travail et qui ne laissent rien au hasard. Quand je lui demande s’il retrouve ici ce qu’il espérait, il me répond oui et me dit qu’il retrouve dans le domaine scientifique des passionnés.
Il est vrai que depuis son arrivée à Concordia, Laurent n’a pas été épargné par les problèmes techniques. Je pousse alors l’investigation un peu plus loin et l’interroge sur son sentiment par rapport à la situation.
Il répond avec un grand sourire « J’aime les patates chaudes ». La patate chaude étant celle que personne ne veut et qui reste dans le plat, comprenez j’accepte ce que les autres ne veulent pas faire.
Je vous ai présenté jusqu’à maintenant le côté professionnel de notre Ami ; ses compétences ne s’arrêtent pas là. Laurent aime cuisiner, d’ailleurs c’est lui qui généralement prépare les repas dominicaux à la maison. Comme Giorgio, notre chef présenté récemment, prend son repos hebdomadaire le dimanche, nous assurons tour à tour le service de cuisine. Étant totalement incompétent dans le domaine culinaire, je dois avouer que l’aide de Laurent m’a été d’un grand secours lorsque je fus le suppléant. Nous eûmes un repas pantagruélique alors que nous aurions dû tous mourir de faim ce jour là. Qu’importe si le remplaçant de Giorgio sait cuisiner ou non, Laurent est toujours présent en cuisine, paré à aider.
L’humour aussi a une place importante chez lui, ce qui n’est pas fait pour nous déplaire. Il est important d’avoir des moments de détente et de bien rire. Laurent a souvent une idée en tête et est toujours prêt à faire une farce. Rassurez-vous elles sont de bon goût et bien amusantes.
Même s’il est loin de la Bretagne et de sa famille, il reste en contact régulier avec ses proches. Dans le cadre de l’Année Polaire Internationale, beaucoup d’établissements ont souhaité correspondre avec des bases de l’Antarctique. Avant son départ Laurent prit contact avec l’école Sainte Marie de Geveze pour maintenir une correspondance régulière avec différentes classes. C’est ainsi que les élèves lui adressent périodiquement des questions et qu’il y répond avec assiduité.
Maëlle et Mathis doivent être fiers de leur père.
Lorsqu’il fut temps de lui poser la question finale, as-tu envie de revenir? Laurent me répondit « Avant de partir, ce que j’ai dit c’est que j’ai peur d’aimer ça ! ». Pour l’instant il aime mais il n’est pas seul à prendre les décisions. Quoiqu’il en soit, avant de reprendre son travail à l’INRA, il a un projet de voyage en tête. Il veut faire venir Fabienne en Australie afin de visiter ce continent qui l’attire.
Étant moi-même citoyen australien, je ne peux que l’encourager à profiter de son passage à Hobart pour combler ce dernier rêve.
Avant de refermer ce chapitre, je veux remercier Fabienne, Maëlle, Mathis et Ewen d’avoir bien voulu laisser Laurent faire partie de la quatrième mission à Concordia. Je ne peux conclure sans remercier également Sylvie Lortal, Directrice du laboratoire de l’U.M.R.S.T.L.O. , d’avoir aidé Laurent à mettre en place son congé sabbatique. Quant à moi je suis très heureux qu’il soit parmi nous et j’apprécie l’excellent travail qu’il fait ici.
 
Anniversaires à Concordia
 
Ce dernier samedi trois de nos compagnons ont fêté leurs anniversaires. Il s’agit de Zalpha, notre jeune astronome, Daniele, notre glaciologue, et Roberto notre médecin. Comme d’habitude Giorgio prépara un excellent dîner. Nous eûmes droit aux escargots et à un civet de chevreuil. Puisque la base est franco/italienne, il eut été indécent d’omettre les pâtes. Aussi notre chef bien aimé prépara un plat spécial qui combla nos amis transalpins (nous aussi, il faut l’avouer). Nous terminâmes par un succulent dessert et puis vint l’heure du champagne et des cadeaux.
Bon nombre d’entre nous sont restés jusqu’à une heure très avancée de la nuit. En ce qui me concerne j’ai regagné ma chambre aux environs de 01h30, tandis qu’un petit noyau d’irréductibles finissait une dernière coupe. Ce fut une très belle soirée, pleine de joie et d’humour.

 

 
Quelques clichés
 
 
Merci à Laurent et Erick pour ces deux magnifiques photos.
Comment contacter Laurent : Laurent.fromont@concordiabase.eu
 
Clin d'oeil de la semaine
 
À Concordia la star du moment c’est le Soleil. En effet, nous vivons les derniers jours d’observation de notre astre avant qu’il disparaisse pour 3 mois. Durant ces longues semaines, seule la lune viendra troubler noirceur de la nuit polaire.
Avec la disparition du soleil, les températures vont chuter et la bataille que nous livrons contre le givre qui recouvre nos instruments connaitra son apogée.
Pendant ce temps nos amis du Grand Nord entreront dans l’été, et la nuit ne sera pour quelques mois qu’un souvenir….

Texte et photo : Erick Bondoux
 
  
 

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Dimanche 20 avril 2008

Points d’intérêt de la semaine :

Avant-propos

La médecine à Concordia

L’équipe médicale

Le rôle du médecin en milieu isolé

La recherche scientifique

Visite de l’hôpital

 
Avant-propos
 
Accepter de s’isoler durant plusieurs mois, dans un milieu hostile, et de mettre ses compétences au service de la Science peut paraître une chose étrange aux yeux de certains. Ce genre d’aventure n’est possible, aujourd’hui, qu’avec la présence de médecins capables de faire face à des situations extrêmes. Même si nous sommes soumis à des tests médicaux et psychologiques draconiens avant notre départ, il n’en demeure pas moins que les risques d’accidents en tous genres sont réels. Qui mieux que moi peut vous parler de tout cela sinon nos deux médecins. J’ai donc décidé de leur laisser la plume cette semaine.
 
La médecine à Concordia
 
Peu d’endroits sur Terre sont aussi isolés, géographiquement et aussi longtemps, que la station polaire de Concordia. Située à plus de 1100 km des côtes, et à plus de 3200 m d’altitude au coeur du continent le plus froid, le plus sec, le plus haut, ... le plus extrême de tous. Concordia est l’une des trois seules bases continentales permanentes de l’Antarctique. Elle partage ce privilège avec la base russe de Vostok et la base américaine de Pôle Sud.
La principale contrainte de ces bases, situées à l’intérieur du continent, est leur inaccessibilité absolue pendant la période d’hivernage allant de février à novembre. En effet, avec des températures moyennes oscillant entre -70°C et -80°C, aucun engin motorisé ne peut circuler dans ce vaste désert blanc.
L’impossibilité de transférer un patient vers un centre spécialisé oblige alors l’équipe médicale à devoir faire face, sur place, à toutes les urgences médicochirurgicales possibles. Ne disposant que de moyens limités en matière de communications (téléphone, email) ou d’examens complémentaires (radiologie, biologie), la médecine à Concordia revient aux sources d’une « médecine générale » aussi passionnante qu’exigeante. Impliqué dans la vie quotidienne de ses potentiels patients, le médecin retrouve ainsi sa place d’antan avec une forte implication sociale et une mission qui dépasse de loin les portes de l’hôpital.
 
L’équipe médicale
 
Elle est formée cette année de deux médecins, le docteur Roberto Rainis, responsable de la mission, et le docteur Laurent Bonnardot, responsable des programmes scientifiques. Bien qu’ayant des missions différentes, leur collaboration est fondamentale pour assurer la meilleure qualité des soins et le suivi optimal des hivernants.
Dr Roberto Rainis qui travaille à l’hôpital de Grosseto, a un profil assez rare puisqu’il est à la fois spécialiste en anesthésie et en chirurgie générale. Il a participé à plusieurs missions à l’étranger dont la dernière en Irak pour la Croix Rouge italienne.

Dr Laurent Bonnardot, spécialiste en otorhino-laryngologie (Nantes) a également réalisé plusieurs missions en milieu isolé notamment dans les Terres Australes Françaises (îles Kerguelen, île Saint Paul). Son intérêt pour la médecine en milieu isolé est né d’un long séjour sur l’île de Tristan da Cunha, considérée comme la plus isolée du monde.
 

Les conditions d’exercice en situation d’isolement exigent une formation la plus complète possible qui nécessairement dépasse le clivage classique entre la médecine et la chirurgie. Ainsi, outre la médecine générale et la médecine d’urgence, le médecin doit pouvoir assumer la place du dentiste, de l’anesthésiste, du chirurgien… Neuf mois d’hivernage sans évacuation sanitaire possible imposent de pouvoir gérer toutes les pathologies y compris celles qui ne relèvent pas de l’urgence. A ces compétences médicochirurgicales, s’ajoutent celles paramédicales et techniques, le médecin réalisant ainsi lui-même les examens biologiques et radiologiques.

 
Le rôle du médecin en milieu isolé
 
Il dépasse largement le cadre habituel de sa fonction médicale. Même si sa mission première est d’assurer la bonne santé des hivernants, il doit veiller à garantir la cohésion du groupe et le bon déroulement de l’hivernage.
Responsable de la sécurité, l’équipe doit mener une action de prévention continue d’autant que les conditions climatiques polaires extrêmes associées à l’hypoxie chronique liée à l’altitude (équivalent à 4000 m) représentent un danger vital permanent. Ainsi des exercices pratiques et théoriques de secourisme sont régulièrement organisés.
Cette vigilance quotidienne s’étend naturellement sur le lieu du travail où se passe une grande partie des accidents.
Afin de pouvoir faire face à une éventuelle intervention chirurgicale ou même suppléer un des deux médecins, une formation continue des hivernants, est proposée dans différents domaines :
l’anesthésie, la chirurgie, l’asepsie… pour leur permettre d’aider efficacement en cas de nécessité.
Tout ce qui concerne l’hygiène, l’alimentation et la production d’eau est également contrôlé par l’équipe médicale. L’eau est ainsi prélevée et analysée régulièrement pour s’assurer de sa qualité.
Avec un effectif allant de 70 personnes l’été à 13 personnes l’hiver, l’activité clinique en hivernage est relativement réduite et reste dominée par la pathologie dentaire, la traumatologie, les lésions liées à l’exposition au froid.
 
La recherche scientifique
 
Elle occupe une part importante de l’activité de l’équipe. Compte tenu des conditions de vie très particulières à Concordia et de leurs similitudes avec le milieu spatial et les vols habités, l’Agence Spatiale Européenne (ESA) s’est investi dans plusieurs programmes de recherche en psychologie, en biologie humaine, en médecine mais aussi dans les technologies de recyclage de l’eau.
En effet, la base est implantée sur un plateau désertique où aucune vie n’existe, ni animale ni végétale. Bien que face à l’horizon la liberté soit sans limite, les conditions climatiques quasi lunaires entraînent un certain confinement. De même, l’isolement géographique oblige le groupe à une autonomie logistique complète avec des ressources limitées.
La vie du groupe fait ainsi l’objet de plusieurs programmes de recherche combinant plusieurs approches (psychologique, éthologique et anthropologique) et visant à analyser les différents types de comportement et les mécanismes d’adaptation face à l’isolement en milieu extrême.
D’autres programmes existent notamment en biologie humaine comme l’étude des effets à long terme de l’hypoxie hypobarique sur la coagulation sanguine.
Le suivi médical fait aussi l’objet d’un programme de recherche développé par l’ESA.
Enfin, afin d’optimiser la prise en charge médicale en situation d’isolement, plusieurs protocoles de télémédecine sont à l’étude.
 
Visite de l’hôpital
 
L’hôpital de Concordia est situé au rez-de-chaussée du bâtiment « calme » et possède une annexe sur le site du camp d’été. Le bureau scientifique est situé au troisième étage avec les autres laboratoires de recherche (glaciologie, astronomie…).
L’hôpital possède, à son échelle, toute l’infrastructure d’un petit hôpital de campagne performant.
Il est composé de 5 pièces : un cabinet de consultation avec la pharmacie générale, une chambre d’hospitalisation jouxtant celle du médecin avec lit orthopédique, un cabinet dentaire avec un laboratoire pour les examens sanguins et la stérilisation du matériel (autoclaves), enfin un bloc opératoire disposant d’un respirateur récent et de tout le matériel indispensable à une intervention chirurgicale. Une chambre noire permet le développement des radiographies.
Cette structure possède tous les équipements médicaux nécessaires à une bonne pratique médicale : électrocardiographe, radiologie, poste d’échographie portable...
 
 
Comment contacter Laurent : biomed@concordiabase.eu

Comment contacter Roberto: medical@concordiabase.eu

 
 
 

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Dimanche 13 avril 2008

Points d’intérêt de la semaine :

Erick, un Astronome sur le Continent blanc

Quelques clichés d'astronomie

Astroconcordia un matin d'avril

 
Erick, un Astronome sur le Continent blanc.
 
L’Astronomie à Concordia représente une activité scientifique très importante puisqu’il n’y a pas moins d’une quinzaine de programmes, douze français et trois italiens. Ceci est dû au site exceptionnel qu’est Dôme C (nom du site où est implantée la station de Concordia), l’un des meilleurs au monde à en croire les professionnels. Comment Erick a-t'il rejoint Concordia ? C’est une question à laquelle je répondrai après l'avoir présenté.

Doudoux, comme nous l’appelons à Concordia, est né en Seine et Marne et est très connu dans la région de Melun, où il réside toujours. Cette notoriété débute il y a une quinzaine d’années quand il se lance, le weekend, sur les routes d’Île de France avec son cousin Sébastien pour animer des soirées musicales. Erick est un passionné et il développe très vite une passion pour les spectacles son et lumière. C’est ainsi que depuis cinq ans il est sollicité pour s’occuper de la technique lors des concerts organisés dans sa région. C’est un domaine dans lequel il excelle, à tel point qu’il devient régisseur auxiliaire à la Mairie d’Avon, près de Fontainebleau.

Lorsque j’aborde le chapitre « Feux d’artifices » les pupilles de Doudoux se dilatent et j’ai grand mal à le ramener sur Terre. Il faut dire que là aussi il a une grande expérience. En effet, depuis plus d’une décennie il anime les feux d’artifices du 14 juillet de la Commune de Voisenon. Je demanderais bien à Gérard Jugie, le Directeur de l’IPEV, de nous faire parachuter la matière première pour célébrer dignement notre Fête Nationale à Concordia. La réponse est connue d’avance. Non pas qu’il craigne de voir nos deux tours mises sur orbite par Erick, mais plus simplement parce que le Traité de l’Antarctique nous l’interdit.
De toutes les passions de Doudoux, la plus grande reste l’Astronomie. Il fait ses premiers pas dans ce domaine il y a dix ans et s’y adonne plus sérieusement d’année en année. C’est ainsi qu’il assiste à une présentation sur l’Astronomie à Concordia faite par Frank Valbousquet.
Frank est un opticien bien connu dans le milieu de l’Astronomie et qui vient régulièrement à Dôme C. Il y installe les télescopes du Laboratoire de Nice depuis des années déjà. Erick est emballé par cette présentation mais n’étant pas professionnel et n’appartenant pas au CNRS, cela ne sera qu’un rêve durant les deux années à venir. Quand il n‘est pas Astronome, Erick travaille chez AOL, à Paris, où il est employé en tant que responsable informatique.
C’est en septembre 2007 qu’il reçoit un message de Frank sur la messagerie instantanée d’AOL. Erick contacte son correspondant dans les minutes qui suivent et apprend qu’un poste à l’hivernage 2007/2008 se profilait et qu'il pouvait poser sa candidature. Ce n’est que fin octobre , un mois et demi avant le départ, qu’il obtient une réponse. N’ayant pas eu de nouvelles plus tôt, Erick ne croyait plus à ce poste et dû se décider en 48 heures. C’est ainsi qu’il rallia Concordia fin décembre après un périple de 24 heures d’avion, six jours de mer et 5 heures en Twin Otter au dessus du Continent de glace.
Ne croyez pas que la vie d’un Astronome en Antarctique est de tout repos. Les températures oscillent entre –30°C et –50°C en été, puis entre – 50°C et – 85°C l’hiver. Le matériel est donc soumis à rude épreuve. Les pannes sont fréquentes et les interventions également.
L’Astronome travaille la nuit, là ou il fait le plus froid et souvent dehors. C’est dans ce contexte que je décide de demander à Erick comment il vit cette expérience et s’il a un quelconque regret.
Tout sourire aux lèvres il me répond: « J’aime les plans pourris et les situations difficiles ». Je dois avouer que dans ce domaine il est plutôt bien servi. Ma curiosité n’étant pas satisfaite je lui demande si c’est chez AOL qu’il a déjà fait face à ce genre de situation.
Il me répond interévidemment que non (le contraire m’eut étonné) et enchaîne sur son expérience d’Astronome amateur. Sa passion l’a effectivement entraîné dans des endroits impossibles, durant des jours, à observer le ciel dans des conditions précaires. A n’en pas douter Erick aime les situations extrêmes et imprévues.
S’il y a un côté que j’apprécie chez Erick, hormis son professionnalisme, c’est la joie et la bonne humeur qu’il sait communiquer à son entourage. Il est très apprécié à Concordia. En dehors des activités professionnelles nous avons tous un rôle à jouer en matière de sécurité.
Doudoux a donc été intégré dans les équipes d’intervention, et c’est habillé en « pompier lourd » qu’il participe aux exercices. Je ne devrais pas l’avouer, mais je ne l’ai pas ménagé jusqu’à présent. C’est ainsi qu’après le dernier exercice incendie, alors que je donnais l’ordre d’évacuation, il fut obligé de se changer rapidement et de se précipiter au travers d’une manche d’évacuation. Juste après cela il dut transporter un camarade sur un brancard par –60°C.
Bravo Erick!
Erick a quitté AOL pour pouvoir nous rejoindre à Concordia. Son avenir est encore indécis mais il aimerait pouvoir continuer dans le domaine de l’Astronomie. Je lui demande donc naturellement s’il serait intéressé par un autre séjour à Dôme C.
La réponse est immédiate et positive, et il ajoute:

« Ce genre d’expérience soit on adore soit on déteste, y’a pas de demi-mesure. Soit on a envie de revenir ou soit on ne veut plus en entendre parler. Moi je veux revenir à tout prix. »

Quant à moi je suis bien content qu’il ait rejoint l’équipe et je n’ai aucun doute quant à son avenir.

Merci Erick!

 
Quelques clichés d’Astronomie
 
La lune vue de la station
Ciel étoilé au-dessus de Concordia
Diffraction des rayons lors d'un coucher de soleil
La lune depuis le télescope
 
Astroconcordia un matin d’avril:
 
La Station Concordia bien loin des magnifiques paysages côtiers de l’Antarctique et de leur faune
nous offre chaque jour un spectacle différent. Ciels d’azur, neige virevoltante, couchée de soleil
somptueux, l’étendue désertique recèle des merveilles pour nos sens ébahis.
Merci Erick pour la photo et le commentaire.
Le grand sud est un véritable paradis pour les amateurs de phénomènes atmosphériques, celui-ci est particulièrement rare. Le soleil couchant sur le désert de glace nous offre une fois de plus un spectacle fascinant. À la recherche de l’éphémère rayon vert et de son compagnon le rarissime rayon bleu. Nous avons eu le bonheur d’assister à cette danse des couleurs inédite. Descartes aurait pu expliquer ce phénomène certainement du à la dispersion de la réfraction atmosphérique.
Une fois de plus, de par la pureté exceptionnelle de son ciel l’Antarctique nous surprend…

texte : Erick Bondoux
photo : E Bondoux / Z challita
 
Comment contacter Erick: erick.bondoux@concordiabase.eu
 
 
 

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Dimanche 6 avril 2008

Points d’intérêt de la semaine :

Giorgio, un Chef en Antarctique

ORSEC à Concordia

Premier Sunset à Dôme C

 
Giorgio, un Chef en Antarctique.
S’il est un personnage clé au sein d’une mission en milieu isolé, c’est le Chef. N’étant pas à ma première expérience en Antarctique ou Sub-Antarctique, loin de là, j’ai connu de bons mais aussi de moins bons cuisiniers. Force est d’avouer que cette année nous avons, pour utiliser un langage familier, touché une perle. Vous l’avez tous deviné, Giorgio est Italien et son parcours est peu banal. Il est né à Oristano en Sardaigne et y passe son adolescence. C’est après avoir fait ses études au lycée scientifique de sa ville natale qu’il décide de servir sous les drapeaux. Il remplira son devoir de citoyen durant deux années et sera affecté successivement à Rome, à Barletta et enfin à Sassari. Giorgio habite une très belle région mais c’est en France qu’il ira après avoir quitté l’Armée Italienne. Il rejoindra le lycée d’apprentis de Annemasse, le Salève, en Haute-Savoie. Il travaillera parallèlement au restaurant « Le Carnivore » à Thonon-Les-Bains. Son diplôme de cuisinier en poche, il décide de traverser le Channel et pose ses valises dans un premier temps à Marlborough dans le Wilthshire. Il fait ses premières armes au « Zafferini Restaurant » et se voit proposée une meilleure opportunité après huit mois.
C’est ainsi qu’il travaille durant huit autres mois au « Gianni Restaurant », à Suindon, où il s’adonne à la cuisine française et italienne. Giorgio réalise très vite que c’est dans une grande ville qu’il pourra s’épanouir sur le plan professionnel et décide de rejoindre la Capitale Britannique. Il reçoit l’offre d’un très grand établissement, La Luna Restaurant, à Surrey dans la banlieue de Londres. Ce fut une étape importante de sa carrière, une milestone comme disent nos amis d’outre Manche. Il y acquiert ses lettres de noblesse. C’est donc sans problème qu’il est ensuite employé par un prestigieux restaurant des bords de la Tamise, au choeur de la City, le Thamesa. Sa réputation grandissante, et dépassant les frontières, il est contacté par « Abini Ristorante ». C’est à Villagio Capo Coda Cavallo sur la « Costa Smeralda », en Sardaigne. Il quitte donc les brumes londoniennes pour retrouver la Terre natale et le soleil méditerranéen. L’ascension est fulgurante et une fois de plus il reçoit l’offre d’un restaurateur réputé de la région de l’Umbria, dans le centre de l’Italie. Il fut contacté pour faire la réouverture du « le Volte ». C’est un restaurant dont les murs datent du XVIème et qui est le plus vieil établissement de Citta di Castello. C’est à cette époque que Giorgio reçoit réponse à sa candidature pour l’Antarctique; candidature envoyée quelques mois plus tôt. Le dilemme est grand mais l’appel du Continent Blanc l’emportera. C’est ainsi que Giorgio prend sa place de Chef en décembre 2007.
Vous pensez certainement que les menus sont peu variés et que de toutes les façons, vu l’éloignement et le peu de produits frais que nous avons, il n’y a pas trop de choix. Oubliez très vite tous ces préjugés, Giorgio prend un immense plaisir à innover et croyez moi, c’est une joie de se retrouver à table. Son secret, il puise son imagination dans ses rêves. Chaque matin il consigne dans son agenda ce dont il a rêvé la nuit précédente. Je dois également avouer que Giorgio est aussi bon cuisinier qu’il est bon boulanger-pâtissier. Chaque jour nous avons droit à un dessert différent. Je ne devrais pas en parler mais nous avons quelques gourmandes et gourmands à Concordia.
Le samedi soir, en général, notre Chef organise des soirées à thèmes. C’est ainsi que depuis le début de l’hivernage, nous avons voyagé du Mexique aux Amériques en passant par les Indes.
Il est difficile de parler de Giorgio sans souligner sa gentillesse et son caractère jovial. Ne laissez pas échapper, lors d’une conversation, que vous aimez tel ou tel plat. Vous êtes assuré que dans un avenir très proche Giorgio le préparera pour vous faire plaisir.
Être Chef sur une base de l’Antarctique c’est aussi gérer l’intendence. A ce titre il est responsable des inventaires et des commandes pour la campagne d’été et la mission qui suivront l’hivernage. Giorgio s’y emploie avec une extrême rigueur. Il mesure toute la responsabilité et les conséquences que cela peut avoir si ce travail est mal fait. Notre ami aime son métier et le prouve à maintes occasions.
Ce qu’il apprécie à Concordia, c’est l’absence de stress. La vie loin de la pollution urbaine, loin des embouteillages et de toutes les tracasseries que peut apporter la civilisation. Aussi lorsque je lui demande s’il serait intéressé par une autre aventure, il me répond « Oui !» sans hésitation. Il aimerait que les gens puissent partager cette expérience, que le monde soit plus beau qu’il ne l’est. Qu’enfin nous prenions conscience que l’équilibre et le futur de la Planète est entre nos mains. Que si
nous avons le pouvoir de la détruire, nous avons aussi le devoir de la sauver.
Giorgio a aussi des projets, et dans un premier temps se reposer auprès de sa famille en Sardaigne. Le plus difficile sera de régner en maître sur la cuisine familiale, la concurrence est rude. La « Mamma » n’aime pas trop que son fils soit aux fourneaux. Aussi il doit user de ruses pour éloigner la maîtresse de maison et s’accaparer le domaine. Dans un second temps il y a une chose qui tient Giorgio à choeur, il veut écrire un livre de cuisine. Vous y retrouverez non seulement des recettes personnelles mais aussi des conseils, sur la cuisine en Antarctique biensûr. Il y expliquera comment on peut préparer de bons plats avec les produits présents sur place. Merci Giorgio, et je ne doute pas que ce livre fera lui aussi recette!!!!!
ORSEC à Concordia
Dans le cadre de l’entraînement mensuel, nous avons organisé un exercice à Concordia. Le scénario choisi fut un feu d’origine électrique dans la buanderie et les toilettes situées au premier étage du bâtiment bruyant. Le système détecta de la fumée à 14h00, heure locale. Après vérification du site de détection, je donnai l’alarme sur la diffusion générale puis par VHF. Étant Chef des Opérations mon rôle fut de rejoindre les lieux où déjà les équipes de soutien commençaient à installer le matériel de lutte. Les équipes d’intervention, quant à elles, finissaient de s’équiper.
Afin de compléter l’instruction sécurité nous simulions une évacuation de la station. L’issue de secours, située au second étage du bâtiment calme, fut ouverte et la chaussette déployée. Nous nous jetions à l’intérieur l’un après l’autre et après l’assurance que personne ne restait dans la station, je me précipitais à mon tour. Cette évacuation fut suivie d’un exercise grand brûlé et l’équipe rapatria sans peine le blessé à l’intérieur de l’infirmerie. Bravo à tous!

 

Comment contacter Giorgio: giorgio.deidda@concordiabase.eu
 
Premier Sunset à Dôme C:

Un grand merci à Zalpha pour ce panorama et le commentaire.

 
 
 
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Dimanche 30 mars 2008

Points d’intérêt de la semaine :

Riccardo et les Sciences de l'Atmosphère

Fabrizio et la Blonde

Quelques couchers de Soleil

Les Sciences de l’Atmosphère à Concordia, pas toujours de tout repos.
 
Notre spécialiste des sciences de l’Atmosphère s’appelle Riccardo, il est Italien originaire de Foggia dans le Sud de la Botte. Pour les initiés Foggia se trouve à proximité du Parc de Gargano, côté Mer Adriatique. Riccardo est électronicien, spécialiste en éléments photovoltaïques. Il travaille à l’ENEA depuis une vingtaine d’années. A ce titre il a sillonné l’Italie de long en large pour l’installation et la qualification de panneaux ainsi que pour la formation de techniciens. Riccardo ne fait pas dans les menus travaux puisqu’il installe en général des champs de capteurs d’une puissance de 600KW et grands comme deux terrains de football. L’ENEA est un centre de recherche spécialisé dans les énergies dites propres et fait parti, avec le CNR, d’un consortium appelé PNRA. C’est au titre du PNRA que notre ami a intégré le quatrième hivernage à Concordia. Riccardo est marié et est le père de trois enfants, deux fils et une fille. L’aîné des fils est Physicien et travaille à l’Université de Florence. Sa fille est conceptrice (designer) en communication et vit actuellement en Allemagne. Le cadet quant à lui est encore étudiant. Lorsque je demande à Riccardo s’il est heureux de faire parti de l’équipe DC4, c’est sans hésiter, avec un grand sourire, qu’il me répond « Oui » et d’ajouter « Quelle question? ». En fait il n’est pas le seul à éprouver de la fierté de pouvoir vivre une telle expérience; sa famille également est fière de lui et le soutient.
  
Qu’englobent les Sciences de l’Atmosphère ?
 
 C’est dans un premier temps la surveillance du changement climatique. A ce titre Riccardo est chargé de la station Météo qu’il doit rendre opérationnelle tous les jours. Comme vous pouvez l’imaginer, avec des températures moyennes de –70°C (très souvent en dessous) l’hiver, les séances de dégivrage ne sont pas de tout repos. La surveillance du climat ne se fait uniquement au travers de capteurs météo mais aussi par le biais de radiosondages journaliers. C’est ainsi que tous les jours à 19:30 (heure locale) Riccardo gonfle d’hélium un ballon équipé d’une radiosonde. Les données, recueillies sur un ordinateur local, sont ensuite envoyées vers le réseau global de surveillance lors de la connexion satellite qui suit le radiosondage. Le second programme s’intéresse plus particulièrement aux radiations solaires, directes et réfléchies. Ces mesures sont faites au moyen d’un système de poursuite du soleil qui enregistre la radiation totale, les UV et les radiations Infra rouges.
 
Nous suivons ainsi les effets du soleil sur la glace du Continent Antarctique à haute altitude (3200m). Le troisième domaine d’activités concerne l’effet des aérosols sur le plateau Antarctique. Ces particules vont absorber et réfléchir la lumière. De plus elles sont des poussières d’agglomérat de nuages. L’hiver dans les régions polaires nous assistons, sous l’effet du vortex polaire, à la présence de gaz à effet de serre et à L’absence de rayons UV. L’atmosphère est alors analysée par un radar laser de lumière verte appelé LIDAR. Un autre système de mesures analysant les UV, du nom de SAOZ, est employé sur base. Des radiosondages spécifiques Ozone seront programmés en cours d’année, ils seront ponctuels.
 
Avec toutes ces activités notre ami reste très occupé. Comme tous ici, il est non seulement en charge de l’exploitation et de la maintenance mais aussi de la réparation de ses équipements. Le souhait de Riccardo est de revenir en campagne d’été, de novembre à janvier, dans un avenir proche. Cette fois-ci pour y installer des panneaux photovoltaïques qui alimenteraient Concordia durant la période d’ensoleillement.
 
Fabrizio et la Blonde.
 
Même s’il est lui aussi Italien, l’histoire de Fabrizio est toute différente. Il est né dans la Vallée d’Aoste, il est célibataire et était travailleur indépendant. Il a dirigé sa propre entreprise, passant d’une quinzaine à une quarantaine d’employés. Son domaine d’activités, les installations de climatisation, de gaz médical puis le bâtiment. Bien que son entreprise fut prospère il décida de quitter l’Italie et d’aller travailler à Cuba. Il y resta deux ans dirigeant une entreprise italienne de plomberie et spécialisée dans les pompes hydrauliques. Fabrizio a toujours été attiré par les endroits difficiles et les environnements très rudes. Il est un adepte de la haute Montagne et a, à maintes reprises, participé à des expéditions en Himalaya ou en Amérique du Sud, Argentine et Chili. Son goût pour l’extrême l’a naturellement amené à déposer sa candidature pour un hivernage à Concordia. De même que pour Riccardo il n’y a pas de doute quant à son enthousiasme et ses motivations.
 
Qui est la Blonde?
 
Depuis l’origine de la station, ce surnom a été donné au système de retraitement des eaux de Concordia. Sans doute parce que ce prototype, développé par l’Agence Spatiale Européenne, est aussi capricieux que peut l’être une blonde. Qu’importe l’origine, le nom est resté. Fabrizio est notre plombier et avant de nous rejoindre il a suivi un stage intensif en France. Bien qu’ il passe le plus clair de son temps avec cette machine, il est également responsable des installations thermiques et hydrauliques de la station. Le rendement moyen de la Blonde est de 85% des eaux grises retraitées et purifiées pour réutilisation.
 
Maintenant qu’il maîtrise parfaitement son job, Fabrizio, qui est habitué aux situations difficiles, trouve la Blonde un peu routinière. Comme nous tous il a le sentiment de vivre une expérience exceptionnelle. A ma question concernant son futur, il me répond sans détour qu’il se verrait bien, lui aussi, revenir auprès de sa Blonde en campagne d’été.
Quelques couchers de Soleil.
 
Les jours sont de plus en plus courts et nous permettent désormais d’assister à des couchers de Soleil dont nous ne nous lassons pas. Toutes les occasions sont bonnes d’immortaliser le spectacle que la nature veut bien nous offrir.