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Carnet de voyage de Milena TILL et Louise BOSSUT,
École d'Ingénieurs de Purpan,
à Kerguelen,
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Compte rendu du 27 Janvier au 7 Février
Après quelques jours de répit sur Port aux Français (PAF), nous voici reparties avec l'Aventure II direction l'île Verte. Je suis allée sur cette île au début de ma campagne. Cette fois nous y retournons pour effectuer les expériences sur les poussins de pétrels bleus. La majorité des poussins ont éclos fin Décembre. A cette période de l'année, ils sont prêts à l'envol nous devons donc réaliser les échantillons d'odeur avant qu'ils quittent le terrier. En regardant les nids, on a constaté que les poussins étaient complètement asynchrones. Dans la première semaine, nous avons pu réaliser les expériences sur seulement deux juvéniles. Ces expériences sont identiques à celles effectuées sur les adultes. Nous avons dans un premier temps récupéré le poussin que nous avons ensuite mis dans une cocotte pour récupérer son odeur. La seconde expérience est de frotter le poussin avec une lingette (qui doit contenir une substance capable de fixer les molécules odorantes) durant 5 minutes. L'individu est ensuite bagué afin qu'on puisse le suivre les années à venir. Et, j'ai réalisé une prise de sang afin de connaître le sexe de l'oiseau.

A côté de ces manipulations, un suivi des terriers de prions de la Désolation est réalisé chaque année. Nous avons donc vérifié les 84 nids de prions identifiés. Nous avons fouillé les nids afin de voir s'il y avait un oiseau en période de couvaison ou pas. Les prions se reproduisent plus tard que les bleus. Dans certains terriers, nous avons pu assister à l'éclosion du poussin et voir des poussins de quelques jours. Ce sont des boules de duvet !
Les prions non bagués sur uf ont été bagués, nous avons aussi mesuré le tarse et l'aile. Au cours de notre séjour, nous avons eu la visite de deux ornithologues Alexis et Kévin. Ils sont venus sur Verte dans le but de prélever des plumes de poussins de pétrels plongeurs. Ces prélèvements vont permettre d'identifier les isotopes de carbone et d'azote. Ceux-ci permettront de connaître l'écologie alimentaire de ces oiseaux. Ils sont repartis avec l'Aventure II remplacés par les ECOBIO : Marion, Marine et Jean-Louis. ECOBIO est un programme de recherche travaillant sur l'impact des espèces introduites sur la végétation. Ils sont venus durant 5 jours. Nous avons pu voir en quoi consister concrètement leurs expériences. Ils ont réalisé des manipulations sur les azorelles, plante endémique de Kerguelen. Une espèce endémique est une espèce trouvée sur un seul endroit.
Ils ont également identifié les espèces présentes sur différents transects de végétation. Ces suivis annuels permettent de décrire une tendance de l'évolution de la végétation sur l'île. Il faut savoir que sur cette île, il y a eu la présence du lapin qui a causé de nombreux dégâts autant pour la végétation que pour les oiseaux. Depuis son éradication en 1992, la population de pétrels bleus a augmenté d'un facteur 2,3. En ce qui concerne la végétation, l'île a été envahie par le pissenlit. Deux espèces sont présentes, l'une présentant un port moyen avec des feuilles frisées et l'autre exposant un port très haut. Cette seconde est train de proliférer sur l'île de façon rapide depuis 4/5ans. Les ECOBIOS sont rentrés sur PAF le 1er Février.
Détrompez-vous ! Il ne fait pas toujours froid et venteux sur cet archipel. Nous avons eu plusieurs fois l'occasion de manger sur la terrasse installée devant la cabane.
Nous sommes le 7 Février, c'est l'heure du retour sur PAF pour moi. Malvina est encore sur l'île pour une semaine.
Cette fois-ci c'est la fin de la vie en cabane et du terrain. Je pars, nostalgique, avec le chaland me ramenant sur base et, aperçois pour la dernière fois la danse des dauphins de Commerson autour du bateau
Louise
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Répartition de Mysus Ascalonicus sur l'ile
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du 17 Janvier 2011 au 23 janvier 2011
Cette semaine nous avons poursuivi la mise en place de l'expérience en installant les pucerons à 12 et 15 degrés. On peut s'attendre à ce que la vitesse de développement du puceron à cette température soit plus rapide et donc exercer un suivit journalier.
En effet quatre jours après l'installation les larves placées à 15 degrés avaient déjà atteint le deuxième stade larvaire. Le suivit consiste à regarder les pucerons sur chaque plante et à en déterminer le stade larvaire. Cela dure environ 1 heure pour chaque température quand nous sommes deux.

Maurice est parti jeudi à bord de la Curieuse, petit bateau océanographique, pour une semaine. Louée par les TAAF le temps de la campagne d'été, ce bateau permet d'atteindre des points de l'ile peu accessible par voie terrestre. Ainsi, il va pourvoir étudier l'aire de répartition de Mysus Ascalonicus sur l'ile. Initialement introduit probablement dans les années 1960 sur la base de Port-aux-Français, Mysus ascalonicus est actuellement l'un des invertébrés les plus invasifs des îles Kerguelen.

Durant toute cette période j'ai mené seule le suivit et le bon déroulement des élevages. Cette activité a occupé la quasi-totalité de ma semaine
Lors de mon temps libre, et par une météo particulièrement clémente, nous avons décidé avec 2 amis de tenter l'expérience d'une baignade dans l'océan antarctique. Bilan : plus de 20 min passées dans une eau à 7 degres (sous la surveillance du médecin bien sur) avec la compagnie des manchots et des éléphants de mer. Un moment magique.

J'ai oublié de mentionné le passage du Nivose à Kerguelen le 4 janvier. Le Nivose est une frégate de surveillance de la marine française. Son rôle consiste à surveillé les pèches clandestines dans les eaux territoriales française aux alentours des iles subantarctiques ; ainsi que le contrôle de la piraterie dans les eaux somaliennes. Une quarantaine de personne de la base ont été autorisé à monter à bord afin de visiter la frégate.

Milena
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du 03 Janvier 2011 au 09 janvier 2011-01-22
Cette semaine nous avons tout mis en place car l'expérience démarre lundi prochain. L'expérience consiste à déterminer la vitesse de développement des pucerons « Myzus ascalonicus » à différentes températures. Pour cela il a fallu tout d'abord vérifier le bon fonctionnement des chambres froides et des incubateurs dans lesquels nous allons installer les pucerons.
Puis nous avons préparé les plantes qui serviront de support aux pucerons. Maurice à sélectionné deux types de plantes : L'Acaena et le Senecio.
L'Acaena est une plante native de Kerguelen. Ses premiers contacts avec les pucerons étant relativement récent, on peut penser qu'elle n'a pas encore mis en place un processus de défense face à ce phytophage. Le Senecio est une plante introduite, bien adaptée au climat de Kerguelen. Le choix de ces deux types de plantes va nous permettre de voir si les pucerons se développent plus facilement sur les plantes introduites ou sur les plantes natives.
La préparation des plantes consiste à sélectionner sur le terrain des plants de petites tailles mais suffisamment vigoureux pour supporter d'être déplantés puis replantés dans un petit pot. Une fois replantée on attend quelques jours pour voir si la plante a survécu, puis on taille la pousse afin d'avoir une structure la plus simple possible pour faciliter l'observation des pucerons.
On va ensuite égaliser la surface de la terre et rajouter un petit film plastique sur le dessus pour faciliter l'observation des mues des pucerons.
Pour une trentaine de plante utilisables il faut en préparer environ 45.
Nous avons profité d'une journée ensoleillée pour nous rendre à la pointe des Chionis afin de faire des prélévements des différentes espèces de pucerons présentes. Trois ans auparavant Maurice avait observé une grande population de Rhopalosiphum padi à cet endroit, mais cette population a disparu depuis. Cette espèce est principalement présente sur les graminées de l'île. Nous avons donc effectué nos recherches mais sans trouver un seul puceron de cette espèce, en revanche Myzus ascalonicus est bien présent dans ce lieu mais uniquement sur les Aceana.
Le 9 janvier nous avons effectués des recherches similaires mais en direction de l'anse des pachas située à l'est de Port Aux Français. Seul Myzus était présent dans cette région de l'ile.
Milena
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Compte-rendu de la manip à Ratmanoff
Le 30 Décembre nous voici parties pour Ratmanoff, la troisième plus grande colonie de manchots royaux. C'est un lieu où de nombreuses expériences sont faites essentiellement sur les éléphants de mer en hiver et sur les manchots lors de la campagne d'été. Nous nous rendons sur ce site pour aider Ismaël en train de faire sa thèse sur le choix de partenaire chez le manchot royal. Ismael cherche à savoir si les différents ornements présents au niveau des oreilles (nommées tâches auriculaires), de la poitrine et du bec ont une influence sur le choix du partenaire. Pour cela, des mesures morphométriques et spectrophotométriques des tâches auriculaires et du bec sont réalisées. Il est donc nécessaire de capturer les manchots afin de pouvoir les manipuler. Chose pas si simple
! Le but est avant tout de repérer un couple en train de parader. Lorsqu'ils paradent les manchots élèvent la tête et le cou afin de montrer les ornements au partenaire d'en face. Lorsqu'un couple est repéré, nous devons procéder à la capture en les poussant délicatement sur le sable de façon rapide. Une fois le manchot maintenu, nous leur mettons une « cagoule » sur la tête pour réduire le stress de l'animal. Il faut faire être vigilant aux coups d'ailerons et de bec. Par expérience, ça fait assez mal ! Une fois calmé, nous portons le manchot jusque la cabane labo en veillant à tenir bien les ailerons. Des observations sont réalisées deux fois par jour pour voir si les couples sont toujours ensemble ou ont « divorcés ». Dans le cas d'un divorce et d'un réappariement, le nouveau partenaire est capturé pour réaliser les mesures morphométriques. Les observations sont faites le matin et le soir jusqu'à la ponte de l'uf. Parfois dans la colonie nous observons des trios souvent en train de se battre. Nous en avons capturé vingt. Sur dix couples, nous avons fait des prises de sang. De nombreux chercheurs supposent que ces couples sont constitués de deux mâles et d'une femelle. Ismael souhaite vérifier cette hypothèse. Les prises de sang permettront de mettre en évidence le sexe des individus. Sur les dix autres couples nous avons également fait des prises de sang ainsi que des mesures spectrophotométriques.
En parallèle, nous avons réalisé avec Malvina des expériences pour une post-doctorante du laboratoire CEFE de Montpellier. Le but est de savoir si les manchots ont une zone de rendez-vous qui leur permettent de se retrouver au sein de la colonie comptant plus de 200000 individus. L'expérience consistait à séparer le couple en train de parader une première fois. Si le couple se retrouve par chant, nous procédons alors au marquage des deux individus. Ils sont ensuite séparés à une distance de plus de 150 mètres. Ensuite, chacune de nous observions un manchot jusqu'à que les manchots se retrouvent à moins de 25m de la zone où ils ont été séparés. Le temps d'observation dure au maximum 3 heures. De façon générale, le couple se retrouve avant. Lorsque cette durée est expirée on considère que le couple n'a pas de zone de rendez-vous ou s'est séparé.
Ratmanoff est un lieu très prisé, nous avons eu pas mal de visite. Nous ne sommes pas restés souvent à trois. Des balises sur les éléphants de mer ont été relevées à proximité de Ratmanoff. J'ai eu l'occasion de voir comment ils procédaient. C'est assez impressionnant de voir la capture d'un éléphant de mer. Ca n'a pas tout à fait le même gabarit qu'un manchot
Durant ces 4 semaines, je n'ai pas vu le temps passé. Nous sommes repartis lundi 24 Janvier avec le tracteur (qui est venu pour récupérer des balises sur des éléphants de mer). Le retour à la « civilisation »
Louise


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Compte Rendu de la manip sur l'île Verte
Nous sommes parties du 17 au 28 Décembre réaliser des expériences sur l'île Verte. Le Chaland, petit chalutier déposant les scientifiques dans les îles du golfe du Morbihan, nous a déposé vers 9h30 sur cette lentille terre. En 2 heures, nous avons fait le tour de l'île ! Cette île cache bien son jeu
Elle présente une richesse faunistique exceptionnelle notamment en espèces d'oiseaux. On peut y apercevoir durant la journée : manchots papous, sternes, goélands, skuas, canards d'Eaton et cormorans de Kerguelen. Et, entre autres les fameux chionis ressemblant à une poule et un pigeon d'où le surnom de pougeon. Nous avons eu la chance d'apercevoir au large un pétrel géant et un cétacé endémique de Kerguelen : le dauphin de Commerson. Nous sommes actuellement en pleine période de reproduction, dans la cormorantière on peut y voir de jeunes poussins mais également des jeunes skuas ou encore goélands. Durant la nuit, d'autres espèces surgissent telles les prions, les pétrels bleus et plongeurs ou encore des océanites de Wilson. Notre modèle biologique sur lequel nous réalisons nos manips est le pétrel bleu. Cet oiseau choisirait son partenaire en vue de se reproduire grâce à son sens olfactif particulièrement développé. Notre travail consiste en partie à capter les odeurs d'oiseux de 30 nids différents. Pour ce faire, nous devons capturer l'oiseau qui se trouve dans son terrier. L'oiseau est ensuite mis dans une cocotte « aménagée » durant 30 minutes. Au dessus de la cocotte est installé un tube en acier contenant un polymère fixant les molécules volatiles qui caractérisent l'odeur individuelle de l'oiseau. Chaque tube est ensuite stocké dans le congélateur à une température de - 20°C. Nous effectuons des prises de sang sur certains oiseaux dans le but de les sexer.

Durant ces deux semaines, nous avons vécu dans une cabane où il n'y a pas d'électricité, ni d'eau courante, ni de toilettes. Cependant, on s'habitue vite à ces nouvelles conditions.
Nous sommes restées 10 jours sur cette île paisible et nous y remettrons les pieds début février afin de réaliser des manips sur les jeunes poussins.
Le Chaland est revenu nous prendre le 27 Décembre, nous avons fait escale sur l'île Longue. C'est une île de 17km de long où l'on dénombre une population de moutons conséquente. Cette introduction a été réalisée au XVIIIème S. Pour réussir l'élevage de moutons aux Kerguelen des graminées ont été semées par hélicoptère. En arrivant sur cette île on aperçoit donc une flore complètement différente des autres îles. Le but dans les années à venir est d'éradiquer cette population qui fait des dégâts sur l'île en particulier des problèmes d'érosion. Chaque semaine une soixantaine de moutons est rassemblée puis déposée sur le Chaland. Ils seront ensuite tués sur la base. Nous sommes restées environ deux heures sur Longue puis sommes reparties en direction de Port aux Français. Nous avons traversé une bonne partie du golfe ce qui nous a permis de voir plein d'îles : Mayes, Australia, Bryer,
avec la compagnie de nos chers dauphins de Commerson !
La prochaine étape est Ratmanoff, l'une des plus grandes manchotières de manchots royaux. Nous partons le 29 Décembre pour arriver le 31 sur Ratmanoff.
Louise

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du 26 Décembre 2010 au 02 Janvier 2011
Lors de ce début de semaine mon maitre de stage, Maurice Hullé, m'a appris à manipuler les pucerons en vue de notre prochain travail. C'est une tâche extrêmement minutieuse. Il faut tout d'abord récolter les pucerons sur les plantes extérieures. Pour cela on tapote les plantes hôtes Acaena, Senecio
au dessus de petites barquettes blanches qui nous permettent de voir si les pucerons sont présents ou non.

Une fois le prélèvement fait, on isole les plus gros dans des boites de pétri et on tente d'isoler les adultes avec l'aide d'une loupe binoculaire.
Chez le puceron on observe 4 stades larvaires et un stade adulte. Les larves ressemblent sensiblement aux adultes. Il est possible de déterminer le stade larvaire grâce aux nombres d'articles antennaux.
L'adulte possède ce que l'on nomme une cauda, sorte de petite pointe située à l'arrière de l'animal ce qui permet de l'identifier aisément.
Une fois les adultes identifiés on va les prélever à l'aide d'un pinceau fin et les déposer avec beaucoup de précautions sur leurs plantes d'élevage.
Je vais avoir à réaliser ce type de manipulation un grand nombre de fois lors de l'expérience en laboratoire, il est donc important que je sache l'effectuer correctement.
Disposant encore de temps libre, j'ai accompagné une nouvelle fois Jean-Louis Chapuis et sa thésarde dans leurs sorties. Nous sommes partis le 28 au matin en direction du lac de Val Studer afin d'effectuer le travail de spectrométrie ainsi que des relevés de végétation.
Les relevés de végétation consistent à établir un profil type de la végétation présente sur une surface. A l'aide d'un GPS on note les coordonnées de l'endroit puis l'on détermine les espèces présentes dans cet espace. Cela permet de vérifier si les données transmises par le satellite sur la végétation sont cohérentes.

La cabane de val Studer est spacieuse et nous apercevons même au loin quelques albatros fuligineux. Le lendemain nous nous rendons à la cabane de la Rivière du Nord située à proximité d'un estuaire. Lors de ce transit nous apercevons, au loin, deux rennes. C'est relativement courant d'en croiser dans cette zone, et nous sommes un peu déçus de n'avoir pas pu en voir de plus près.
Une fois arrivés à la cabane, nous décidons de profiter de la proximité de la rivière pour pêcher. La truite étant un animal introduit, il est possible de la consommer, contrairement aux espèces natives qui, elles, sont protégées. Le plus dur n'est pas d'attraper une truite (la rivière en est pleine) mais de ne pas se la faire voler par un skua. Nous parvenons quand même à nous faire un repas de nos prises. La cabane est un peu plus rustique que la veille, elle se compose de deux blocs d'1,50x2m, et ne possède pas de matelas.
Apres une nuit plutôt courte, nous partons sous un torrent de pluie en direction de Cataractes. A cause du vent, la pluie ne tombe pas à la vertical mais à l'horizontal. Ces conditions climatiques rendent toute manipulation impossible. A environ 2 kilomètres de l'arrivée, le ciel se dégage et c'est sous un grand ciel bleu que nous arrivons devant la cabane de Cataractes. Entre nous et la cabane coule une rivière, qui en temps normal se franchit aisément. Or il n'a pas cessé de pleuvoir depuis 3 jours et la rivière s'est transformée en torrent. Nous décidons donc de la remonter afin de pouvoir la traverser.
C'est psychologiquement dur de devoir s'éloigner de la cabane alors que nous étions à 20 mètres d'elle. Nous avons du longer la rivière pendant 5 kilomètres avant de pouvoir enfin la traverser, puis de nouveau 5 kilomètres dans l'autre sens et nous y voila enfin.
Le lendemain nous avons marché 25 kilomètres d'une traite afin de pouvoir arriver à temps pour le réveillon de Noël. La soirée s'est déroulée dans une très bonne ambiance, assez représentative de la vie sur base.
L'expérience principale va bientôt être mise en place. Maurice Hullé et moi allons donc tout préparer pendant la semaine qui arrive.
Milena
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du 18 au 25 Décembre 2010
Pour le moment le programme de recherche sur lequel je travail n'a pas encore démarré sa manip en laboratoire. Mon maitre de stage m'a donc proposé de partir à la découverte de l'ile en participant à d'autres programmes de recherche.
Je suis donc partie le samedi 18 décembre pour 3 jours à pointe Suzanne, située à environ 20 km de la base. Pour s'y rendre une voiture nous dépose à la fin des 4 kilomètres de route existant sur la base, puis la marche commence. Il faut savoir que nous marchons avec environ 15 kilos d'équipement (nos affaires, de la nourriture ainsi que le matériel nécessaire aux diverses programmes).
Ce jour là la météo est plutôt clémente, des nuages mais pas de pluie et un vent d'environ 20 nuds.
Le terrain sur lequel nous marchons est parfois gorgé d'eau et il arrive qu'on s'y enfonce jusqu'à mi-botte. Cela rend la progression assez lente et nous sommes exténués en arrivant à la cabane.
Cette cabane se compose de 4 blocs de 4m2 (2 chambres, 1 cuisine, 1 atelier), mais elle est située dans un endroit idyllique où se mêlent otaries, éléphants de mer, manchots papous, pétrels géants et cormorans.

Cette manip se déroule en présence de 4 personnes. Nory Elkasby et Jennifer Morinnay sont chargés pendant toute la durée de la campagne d'été de poser des balises Argos sur le dos des otaries femelles afin d'en savoir plus sur leurs modes de plongée. Certaines sont également dotées d'accéléromètre ce qui permet de mesurer leurs vitesses.
Ils leur faut capturer une otarie, l'immobiliser, lui coller une balise au niveau de la tête et tout cela sans se faire mordre, car les otaries sont des animaux très agressifs.
Pour ma part je vais aider Mathieu Laparie dans ses recherches sur le mérysodus. Le mérysodus est un coléoptère introduit qui se nourrit d'insectes ainsi que de larves. Le principe de cette manip est de déterminer le régime alimentaire du mérysodus. Pour cela Mathieu utilise la méthode des isotopes.
Cette méthode consiste à faire un prélèvement de mérysodus dans un lieu précis puis de prélever toutes les proies possibles de cet insecte dans ce même espace.
Nous effectuons nos prélèvements sur le fameux chou de Kerguelen, plante endémique et représentative de l'ile.
Les proies sont ensuite rangées par espèce dans des tubes d'alcool et on va ensuite comparer les isotopes présents dans les proies de ceux présents chez le mérysodus afin de pouvoir faire une hypothèse sur son régime alimentaire.

De retour sur la base je n'ai qu'une journée pour me reposer car je repars le lendemain en direction de pointe morne. Pour cette sortie je vais aider Jean-Louis Chapuis et sa thésarde Marion Depraetel pour le programme sur la spectrophotométrie.
A l'aide d'un spectrophotomètre nous allons mesurer la réfléctance propre de chaque espèce de plante. Puis en recoupant ces données avec une image satellite de l'ile, il va être possible d'établir une cartographie des espèces présentes sur Kerguelen et de leurs répartitions.
C'est un travail méticuleux, dès lors qu'une espèce est présente, de façon significative, sur une surface de 1m2 il faut en mesurer la réfléctance.
La météo est un facteur très limitant, en effet les photos satellites ne sont extoitables qu'en absence de nuages. Nous devons donc effectuer nos mesures dans les mêmes conditions. Or le climat de Kerguelen est rarement au beau fixe, nous devons donc nous adapter constamment.

Nous avons remonté la cote est de l'ile jusqu'à pointe morne. La diversité des paysages qu'il existe sur l'ile est impressionnante. Cela peut passer d'une prairie d'Acenea (plante native tres feuillue) à un véritable désert en l'espace de 20 mètres.
Le 23 Décembre nous sommes allés à Ratmanoff qui est la deuxième plus grande manchotière du monde. Nos transits sont très fatigants car il faut sans cesse s'arrêter pour collecter des données.
Nous avons passés noël à six dans une cabane au milieu des manchots, mais c'est une atmosphère si différente et chaleureuse que cela ne m'a pas dérangé, bien au contraire.
Le retour sur la base le 25 au matin a été extrêmement difficile. Nous sommes partis à 7 heures sous une pluie battante et avec un vent de 40 nuds de face. A cause de la pluie nous nous enfoncions à chaque pas car le sol de Kerguelen a un gros problème de ressuyage.
Apres 25 kilomètre et à bout de force il reste un dernier obstacle : la traversée de la rivière Château. Au plus profond l'eau nous arrive en haut des cuisses, mais il faut la passer pour pouvoir rentrer. Nous y parvenons tant bien que mal et retrouvons avec plaisir le confort de la base après 8 heures de marche.
Pour le moment cela reste l'expérience la plus épuisante de mon séjour, mais dans ces moments la les autres membres du groupe sont toujours là pour vous soutenir.
Milena
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